L'entraîneur du Stade Rennais Sabri Lamouchi
L'entraîneur du Stade Rennais Sabri Lamouchi | AFP

Ligue Europa : Rennes, l'Europe comme coup de fouet

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Le Stade Rennais se déplace à Astana ce jeudi (16h50) pour la deuxième journée de Ligue Europa. Vainqueurs sans briller face à Jablonec pour leur entrée en lice, les Bretons voudront enchaîner et surtout oublier un début de championnat aux antipodes de leurs ambitions.

"C’est dans la difficulté que l’on va voir l’équipe que nous sommes, les hommes que nous sommes." L'heure est déjà à la remobilisation pour Sabri Lamouchi. Embourbés dans le bas de tableau en Ligue 1, le technicien breton et ses joueurs comptent sur la Ligue Europa et la déplacement à Astana ce jeudi (16h50) pour retrouver des couleurs, après un début de saison très compliqué.

Une jeunesse qui flanche

Car le bilan fait mal après deux mois de compétition. Au-delà de la mauvaise spirale actuelle (2 défaites et 1 nul sur les trois derniers matches et une 16e place en championnat), c'est dans l'envie et l'état d'esprit que les Rennais inquiètent. Avec une statistique comme symbole : sur neuf matches disputés cette saison, Rennes a ouvert huit fois le score pour seulement... trois victoires au final. Une propension à s’écrouler qui se répète depuis la reprise. Dernier exemple en date : Toulouse dimanche dernier où, même en supériorité numérique, les Rennais n’ont pas réussi à conserver leur court avantage. "Il y a des années comme ça, des moments comme ça... Une fois de plus on mène au score, une fois de plus on pense avoir fait le plus dur et ce n'est pas le cas", analysait Sabri Lamouchi après le match.

Alors, où regarder pour expliquer ces coups de mou après avoir pris les devants ? L’inexpérience du groupe rennais (24,7 ans de moyenne d’âge) peut être un début de réponse. Dans une équipe où les jeunes comme Jérémy Gélin (21 ans), Ismaila Sarr (20 ans) et dans une moindre mesure Benjamin Bourigeaud (24 ans, mais une seule saison de Ligue 1 au compteur) sont placés au cœur du projet avec les responsabilités qui vont avec, cela peut peser dès qu'il s'agit de savoir garder un résultat. Une pression que la jeune garde rennaise ne semble pas encore réellement bien gérer, comme l'avait pointé Sabri Lamouchi après la défaite face à Nice mi-septembre, où les Rennais avaient mené jusqu’à l’entrée du dernier quart d’heure. "Si on ne parvient pas à gagner ce match, on ne doit pas le perdre."

Lamouchi n'a pas encore trouvé la formule

Mais pointer seulement l’inexpérience pour tenter d’expliquer les maux rennais en ce début de saison serait trop facile, au sein d’une équipe qui se cherche encore après un mercato extra-large (14 départs, 8 arrivées). "Il a manqué forcément quelque chose. D'altruisme, d'humilité, de détermination, d'état d'esprit", confiait l'entraîneur breton ce week-end. Tout ce qui avait fait la force du Stade Rennais l’an passé, avec un Lamouchi qui avait placé dès son arrivée le "collectif comme priorité". Pas forcément ce que l’on a pu voir sur les dernières sorties rennaises, où le manque de cohésion et d'équilibre couplé à l'absence de pressing et d'envie ont fait basculer le club au bord de la zone rouge. Là où Wahbi Khazri était le premier défenseur de l’équipe à la perte du ballon l’an passé et apportait une grinta communicatrice, le quatuor offensif aligné lors des deux derniers matches face à Amiens et Toulouse a lui paru bien peu concerné par un pressing devenu quasi-inexistant, laissant les tâches ingrates à un double pivot pour la plupart du temps au bord de la rupture.

Avec une défense qui n'a pas encore trouvé ses marques depuis le départ de Joris Gnagnon (14 buts encaissés en 9 matches) et un gardien fébrile au statut de N°1 fragilisé (Koubek était sur le banc face à Toulouse dimanche), Sabri Lamouchi n'a pas encore trouvé la bonne formule mais voit en ce long déplacement à Astana (10000 km aller-retour) le bon moyen de relever la tête. "C’est une parenthèse dans une période de championnat où l’on manque de points, de réussite et de confiance. (...) On veut profiter de l’Europa League pour retrouver nos valeurs, nos fondamentaux, et les qualités de notre jeu qui étaient réelles il y a si peu de temps", confiait hier l'entraîneur breton. Une victoire permettrait à Rennes de confirmer son succès initial face à Jablonec et de rester seul en tête de son groupe. De quoi s'offrir une bonne bouffée d'air frais, et mettre fin provisoirement aux premières turbulences de l'ère Lamouchi.