Momo Sissoko Valence OM 2004

Entretien avec Momo Sissoko, tombeur de l'OM à Göteborg en 2004

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La dernière finale européenne de l’OM n’a pas connu le dénouement espéré. Le 19 mai 2004, le FC Valence ferme les portes du paradis. Si les joueurs olympiens en garderont un mauvais souvenir, ce n’est pas le cas d’un joueur bien connu du paysage footballistique français : Momo Sissoko. Alors dans sa première année professionnelle à Valence, le futur joueur du PSG est sacré champion d’Europe à Göteborg. L’actuel milieu de l’Atletico San Luis au Mexique, revient pour France tv sport sur cette fameuse finale.

La saison vient de se terminer pour Momo Sissoko. Son club, l’Atlético San Luis n’a pas réussi à se qualifier pour les play-offs. De retour en France, l’international malien compte profiter des vacances après une saison qu’il juge pleine. La distance qui le sépare de sa famille l’a conduit à ne pas prolonger avec son club. A 33 ans, il se laisse le temps de la réflexion pour choisir son prochain club, même s’il concède que “plusieurs clubs étrangers” se sont déjà manifestés.

L’étranger, justement, c’est là que Mohamed Sissoko s’est révélé et a fait la plus grande partie de sa carrière. Tout a commencé au centre de formation d’Auxerre, mais c’est avec Valence qu’il signe son premier contrat pro en 2003. Sous les ordres d’un Rafa Benitez qui lui donne rapidement sa chance, il réalise un doublé historique. 

Une victoire finale en Liga, mais surtout, ce qui nous intéresse aujourd’hui, une Coupe de l’UEFA remportée face à l’Olympique de Marseille (2-0). Ce diable de Mista et l'expulsion de Fabien Barthez... La dernière finale européenne disputée, et perdue par l’OM. Momo Sissoko avait foulé la pelouse et revient sur ce match marquant pour lui, mais aussi pour le club olympien, qui tentera de conjurer le sort face à l’Atlético Madrid ce mercredi soir.

La déception des supporters marseillais dans les rues de la cité phocéenne.
La déception des supporters marseillais dans les rues de la cité phocéenne. © AFP

14 années se sont écoulées maintenant. Vous souvenez-vous encore bien de ce match ?
Momo Sissoko : "Oui. Oui, bien sûr vu que je l’ai gagnée" (rires).

Et surtout c’était votre première saison chez les pros et vous arrivez en finale de coupe d’Europe…
MS : "Pour ma première saison après avoir quitté le centre de formation d’Auxerre, c’est vrai que remporter le championnat et la Coupe UEFA avec Valence c’était magnifique. Gagner cette finale, et surtout contre un club français, c’était vraiment valorisant."

Qu’est-ce que vous entendez par “valorisant” ?
MS : "Mon départ de l’AJ Auxerre avait fait énormément de bruit (il avait rejoint Valence sans que le club espagnol ne verse d’indemnité à Auxerre alors qu’il était encore sous-contrat). Pour moi c’était une sorte de revanche. Et c’était une fierté pour moi et ma famille, après tout ce qui avait été dit sur moi. J’ai fait taire certaines critiques à mon encontre."

A Valence, comment était l’ambiance avant de partir pour Göteborg ?
MS : "C’était le feu ! Surtout qu’avant ça on avait remporté le championnat. Pour nous, c’était l’occasion de réaliser un doublé historique. L’ambiance était juste magnifique."

Lire aussi : Le parcours de l'OM jusqu'à Göteborg en 2004

C’était comparable à la ferveur marseillaise aujourd’hui ?
MS : "Non, non. Je pense pas. J’ai eu la chance de voir des matches de l’Olympique de Marseille et c’est vrai que l’engouement qu’il y a autour de ce club est tout simplement extraordinaire. A travers le football, on se rend compte qu’on réunit des gens de différents horizons. Le fait de voir ça dans le stade et dans la ville, c’est magnifique."

Pendant la finale vous débutez sur le banc, comment vous vous sentez en voyant vos coéquipiers prendre l’avantage ?
MS : "Un peu stressé, mais j’avais confiance en mon équipe. On avait un groupe extraordinaire. Il n’y avait pas de remplaçants, pas de titulaires. Rafa Benitez faisait énormément de rotation. Vu la saison que j’avais faite et l’enchaînement des matches, me retrouver sur le banc ne m’a pas du tout dérangé. Tout ce que je voulais, c’était qu’on fasse ce doublé. "

La double peine pour Barthez face à Mista.
La double peine pour Barthez face à Mista. © AFP

Vous remplacez Angulo à dix minutes de la fin. Ca fait quoi de fouler la pelouse lors d’une finale très bien engagée ?
MS : "J’étais fier. Toute la joie est sortie. Pour un mec de 19 ans, rentrer lors d’un match d’envergure internationale pour moi c’était fou… Je me rappelais de toutes mes années passées à l’AJ Auxerre, que j’avais quitté il y a à peine un an. Je regardais justement ces finales là à la télé au centre. Et là, j’étais là..."

Une anecdote à ressortir du match ou de la fête après la victoire ?
MS : "Quand on est rentrés à Valence, c’était quelque chose que je n’avais jamais vécu de ma vie. Je souhaite à tous les footballeurs de vivre ces moments là. La parade de l’aéroport jusqu’au centre-ville, l’ambiance la semaine qui suit et les souvenirs qui restent là-bas encore aujourd’hui quand je reviens… Les gens ne l’oublient pas. On a marqué l’histoire et je suis fier d’avoir participé à ça."

Vous avez porté le maillot du Paris Saint-Germain, est-ce que vous souhaitez quand même à l’OM de remporter la finale ce soir ?
MS : "Pourquoi pas ? Pour le football français c’est une très bonne chose. Ce sera compliqué face à l’Atlético qui est une très bonne équipe. Elle a surtout beaucoup d’expérience en Ligue Europa. Si Marseille se donne les moyens de gagner, ce sera forcément très valorisant pour la ville et bien plus."

Andréa La Perna @A_LaPerna