Zinédine Zidane, Real Madrid, Liga
L'entraîneur du Real Madrid, Zinédine Zidane | AFP - BURAK AKBULUT

Zinédine Zidane, les raisons du titre de champion d'Espagne du Real Madrid

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Zinédine Zidane a remporté son premier championnat d’Espagne en tant qu’entraîneur. Le Français a trouvé la recette qui a permis au Real Madrid de retrouver le sommet de la Liga, cinq ans après le dernier titre.

Le collectif

L’histoire du Real Madrid est écrite par les stars. Ce club a acquis ses lettres de noblesse grâce à elles et elles ont fait de lui le plus grand club du monde. Bref, au Real, la star c’est le joueur, plus que l’équipe. Mais cette saison, Zinédine Zidane a réussi à créer une machine collective, un groupe, un vrai qui a fait la part belle à tout le monde et pas seulement aux stars – nombreuses – de l’effectif. Terminée l’omnipotence de la BBC, cette saison Bale, Benzema et Ronaldo ont été loin de leur meilleure saison en terme de statistiques. Bale, souvent blessé il est vrai, s’arrête à 7 buts en Liga, Benzema à 11 et Ronaldo à 25. C’est la première fois que le Portugais ne dépasse pas la barre des 26 buts en championna depuis son arrivée en Espagne.

Ronaldo est d’ailleurs le symbole de la parfaite gestion de Zidane. Lors des épisodes précédents, Ronaldo ne ratait aucun match. Il voulait tout jouer, voulait tout tirer, toujours marquer. Cette saison, le Portugais s’est plus reposé et son jeu à évoluer. Moins ailier dribbleur-sprinteur, mais plus buteur finisseur. Avant les grandes échéances européennes ou mondiales, Ronaldo était laissé au repos, permettant à Zidane de témoigner sa confiance à Lucas Vazquez, Isco, Alvaro Morata ou Marcos Asencio. Preuve que tout le monde a été mis à contribution, 21 joueurs du Real terminent à 10 titularisations ou plus.

Des remplaçants à la hauteur

Jouer c’est bien, mais être performant c’est mieux. Si Zidane a pu mobiliser tout son vestiaire, c’est aussi parce que les joueurs lui ont permis de le faire. A chaque fois que l’équipe B a été alignée face à des formations plus faibles, elle a répondu présent. Et surtout elle a séduit. Un débat était même né de l’autre côté des Pyrénées : le Real B joue-t-il mieux que le Real A ? Emmené par de jeunes Espagnols (Isco, Morata, Vazquez, Asencio), il n’a pas perdu un match depuis le mois de février quand les "cadres" perdaient contre le Barca, Valence et partageaient les points face à Las Palmas et l’Atletico. Des adversaires plus coriaces il est vrai, mais l’équipe B n’a pas failli quand Zidane faisait appel à elle. Son banc l’a sauvé quand celui du Barca a coûté de trop nombreux points face aux petites équipes. Isco, qui a gagné ses galons de titulaire après la blessure de Bale, boucle sa première saison à 10 buts en championnat. Il a été imité par Alvaro Morata (15 buts en Liga).

Des buts qui valent cher

On connaissait le "Fergie Time", ce moment dans les dernières minutes où les hommes de Sir Alex Ferguson renversaient une rencontre, le "Zizou Time" est en passe d’être instituer. Grâce à un seul homme ou presque, Sergio Ramos. Le capitane madrilène a égalisé dans les derniers instants lors du Clasico à Barcelone, a offert la victoire au Real à domicile contre La Corogne. En janvier, c’est lui qui d’un doublé permet au Real de battre Malaga.

En mars, son coup de casque offre les trois points contre le Betis Seville. C’est simple, six de ses sept buts ont permis au Real de gagner neuf points au classement. Plus généralement, le Real a empoché 17 points grâce à des buts inscrits après la 80e minute cette saison. La part de Zidane dans ces chiffres n'est pas mesurable mais l’entraîneur français a transmis à son groupe la rage de vaincre et une volonté de ne jamais lâcher.

Un vestiaire apaisé

Le Bayern Munich est parfois surnommé le FC Hollywood. Le Real n’a pas droit à un tel sobriquet, mais son vestiaire n’est pas non plus Disneyland. A Madrid, chaque polémique peut prendre une ampleur incroyable. Chaque tension ou petit moment électrique est monté en épingle dans les médias locaux. Lors de la dernière saison de José Mourinho, la guerre entre les pro et anti José avaient pris des proportions énormes à l’image de la gestion du cas Casillas. Avec Zidane, aucune polémique en vue ou alors une infime, celle de James Rodriguez, moins utilisé par le Français. Mais en dehors de la situation du Colombien, rien.

Les difficultés de Benzema avec les Bleus, aucun nuage du côté de Madrid. La gestion de Ronaldo ? Elle passe comme une lettre à la poste. Les doutes sur Keylor Navas ? Zidane a toujours soutenu son joueur. Les remplaçants ? Ils font corps avec le groupe. Personne ne s’est marginalisé et Karim Benzema a résumé, en une phrase, la saison de son club : "nous sommes une super équipe, un groupe formidable où chacun se sent important. Cela se voit tous les jours à l’entraînement", a assuré l’attaquant. Zidane a amené l’harmonie. Tout simplement.

Benoit Jourdain @BenJourd1