Un titre et des larmes

Un titre et des larmes

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La finale de la Coupe du Roi mettra cette année aux prises le FC Barcelone et l'Athletic Bilbao, vendredi (22h00 françaises) dans le stade Vicente-Calderon de Madrid, pour ce qui sera le dernier match de Pep Guardiola comme entraîneur du Barça. L’occasion pour ses joueurs de lui offrir un quatorzième trophée en quatre ans. Pour l’Athletic Bilbao, il s’agira de reconquérir une coupe qui le fuit depuis vingt-huit ans.

C’est un affrontement de spécialistes. Le Barça a remporté la Coupe du Roi vingt-cinq fois, Bilbao, vingt-trois. Hasard du sport, le premier trophée de la longue série remporté par Guardiola avait été une Coupe du Roi, conquise le 13 mai 2009 face à ... l'Athletic Bilbao (4-1). Depuis, bien des choses ont changé. Les Catalans sont montés sur le toit de l’Europe à deux reprises (2009, 2011) alors que les Basques ont retrouvé des couleurs, atteignant la finale de l’Europa League cette saison, sous la houlette de l’Argentin Marcelo Bielsa.

"Un cycle se termine"

Si l’enjeu sportif est évident pour deux clubs souvent placés mais très peu gagnants cette saison, ce match sera surtout le dernier de Pep Guardiola sur le banc blaugrana. Auréolé de treize titres, l’ancien milieu de terrain laisse place nette à son fidèle adjoint le « Marquis » Tito Vilanova. Nul doute que ses joueurs voudront le faire sortir sous les feux de la rampe. «Avec Guardiola, un cycle se termine et un autre commence, et je ne le dis pas dans un sens négatif », a expliqué l'ancien joueur mythique et entraîneur du FC Barcelone Johan Cruyff. Il n’a tout de même pas manqué de créer la polémique, déclarant : «Avant, Pep était entouré de personnes de poids qui ont disparu, a expliqué Cruyff (...) Ceux qui sont arrivés après les élections (qui ont porté Sandro Rosell à la tête de la présidence du Barça, ndlr) avaient critiqué ceux de la direction antérieure et là tu penses forcément: ceux qui se sont montrés critiques vis-à-vis de mes anciens soutiens vont-ils m'aider? (...) A partir de là, tous les problèmes ont été pour Pep ». 

Avant-match polémique

Cette polémique n’est d’ailleurs pas la seule qui pollue cet avant-match. « Les outrages au drapeau ou à l'hymne national sont des délits inscrits au Code pénal. On ne peut pas les tolérer et selon moi le match devrait être reporté et joué à huis clos ailleurs », a déclaré mardi Esperanza Aguirre, présidente de la région de Madrid sur l'antenne de la radio Onda Cero. En cause, les revendications séparatistes basques et catalanes qui font craindre à cette membre de la droite populaire espagnole des quolibets à l’encontre des symboles institutionnels. Quelques heures avant le match, une manifestation d'associations d'extrême droite est également prévue sous le slogan "Contre le séparatisme, un drapeau".

Enfin, à dix-sept jours de son premier match de l’Euro, la sélection espagnole va voir douze de ses internationaux potentiels s’affronter sur la pelouse du Vicente Calderon. Même s’il tente de noyer le poisson, prônant l’adaptation plutôt que la colère, Vicente Del Bosque doit se faire du souci. Il aurait d’ailleurs tenté d’intercéder pour déplacer cette rencontre à la mi-mai afin de disposer de toutes ses forces vives lors de la préparation au championnat d’Europe. Sa requête rejetée, le sélectionneur a fait contre mauvaise fortune bon cœur et emmené une pré-liste bricolée de 21 joueurs en stage en Autriche pour être en capacité de disputer deux matches amicaux face à la Serbie et la Corée du Sud. Lorsque les joueurs de l’Athletic et du Barça les rejoindront, nombre d’entre eux sauteront à coup sûr.

Le Barça affaibli

Pour revenir au terrain, le club blaugrana n'aborde pas ces adieux à Pep de la meilleure des manières : les absences de Puyol, touché à un genou, de Dani Alves, victime récemment d'une fracture de la clavicule à l'entraînement et d'Abidal, qui a pu quitter l'hôpital après sa greffe de foie d'avril dernier, la défense barcelonaise est une nouvelle fois bien décimée. Contrairement à leurs adversaires, les Basques seront eux au complet: l'avant-centre Llorente, Muniain ou encore Susaeta seront bien là pour tenter de mettre un point final victorieux à leur saison. Il faudra pour cela museler un Messi déjà auteur de 72 buts depuis le début de saison et qui mettra certainement un point d’honneur à marquer pour le dernier match sur le banc de son mentor.

Un titre, un adieu et des polémiques, cette finale a tout pour être épique. En espérant pour la Roja qu'aucun joueur ne se blessera dans un match qui s'annonce engagé.

Jerome Carrere