Real Barcelone Cristiano Ronaldo Messi montage 2011
Cristiano Ronaldo et Lionel Messi, les deux stars du Clasico | AFP - Pierre-Philippe Marcou - Josep Lago

Un Clasico d'échauffement

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Le premier des quatre matches en trois semaines entre le Real Madrid et le FC Barcelone ne sera probablement pas le plus acharné. Avec 8 points d'avance à sept journées de la fin de la Liga avant cette 32e journée, les Catalans ont pratiquement le titre en poche. Ce ne sera pas le cas de la finale de la Coupe du Roi mercredi prochain, et de la demi-finale de la Ligue des Champions. Mais le (5-0) infligé par les Barcelonais à l'aller a laissé des traces à Madrid.

5-0. Une humiliation. L'une des plus belles démonstrations selon certains observateurs. Le 29 novembre dernier, Barcelone avait infligé une correction au Real, dans un Camp Nou hilare, renvoyant un rival loin des espoirs du titre. Presque cinq mois après, les deux équipes se retrouvent pour le match retour, à Santiago-Bernabeu, pour un affrontement pas vraiment décisif, mais ô combien important. Avec huit points d'avance, le Barça dispose d'un bon matelas, et si le prestige du Clasico suffit à la motivation, les trois points ne seront pas forcément vitaux sur le chemin du titre. Mais ce match sera le premier d'une série de quatre duels en trois semaines, voyant les deux formations se retrouver en finale de la Coupe du Roi mercredi prochain puis en demi-finale de la Ligue des Champions, les 27 avril et 3 mai. L'aspect psychologique du résultat de samedi ne sera pas à renier pour aborder les trois autres rencontres. Cerise sur le gâteau, si les Catalans s'imposent ce week-end, ils égaleront le record de victoires consécutives (6) dans le Clasico détenu par les Madrilènes depuis 1965. Un beau défi supplémentaire pour les coéquipiers de Lionel Messi.

Le problème, c'est que Pep Guardiola doit rafistoler sa défense, avec la blessure de Puyol et l'opération d'Abidal, sans oublier que Villa et Pedro sont aphones depuis plusieurs matches en attaque. Si Messi continue à marcher sur l'eau avec Iniesta et Xavi pour l'alimenter pour maintenir l'armada offensive au sommet de l'Espagne et de l'Europe, la solidité défensive reste l'une des pièces-maitresses du collectif catalan. Après avoir fait passer le milieu défensif Mascherano en défense centrale, le technicien barcelonais devra se passer de l'Argentin, suspendu, et devra cette fois faire descendre Busquets aux côtés de Piqué, ce qui n'est pas source de crainte pour ce dernier: "Nous pensons pouvoir faire un triplé, mais nous savons que c'est très compliqué car nous n'y sommes parvenus qu'une seule fois dans l'histoire. Chaque Barça-Madrid est différent. On va tout faire pour gagner mais nous savons humblement que cela sera compliqué. Il faut être concentré au maximum, étudier au maximum le Real, ses points forts et ses points faibles, pour essayer d'être un peu au-dessus d'eux et avoir une chance de plus de gagner."

Du côté Merengue, José Mourinho est dos au mur. Après avoir totalement raté tactiquement le match aller, le Portugais se sait attendu dans le jeu d'échec qu'il livrera avec son homologue. Souvent loué pour ses "coups" victorieux, l'entraîneur du Real pâtit d'un déficit contre Guardiola, ne l'ayant battu qu'une fois avec une de ses équipes (l'Inter l'an dernier 3-1) en cinq rencontres. De sa capacité à exploiter les faiblesses supposées de l'adversaire découlera une partie du résultat. Comme toujours. Mais pour "Mou", il s'agit d'une fierté personnelle, et surtout de prouver qu'il en est capable, sans quoi la croyance inébranlable qu'il inspire toujours à ses joueurs pourrait s'étioler au plus mauvais moment. Comme à son habitude, il n'a donc pas hésité à placer le débat autour de l'arbitre: "Pour jouer contre Barcelone, il faudra que je mette au point une tactique à dix joueurs. Pour une raison qui m'échappe, contre eux, j'achève toujours les matches avec un expulsé." Le Clasico reste donc le Clasico, surtout dans l'avant-match. Mais Iker Casillas, le plus emblématique des Madrilènes, ne cache pas que ce premier match ne contient pas tous ses espoirs: "Si je dis que ce match ne nous intéresse pas, je manquerais de respect aux madridiste. Nous jouerons avec l'idée de réduire l'écart parce que la Liga n'est pas encore perdue", souligne le capitaine du Real.

Tout autre résultat qu'un match nul samedi donnera un supplément de confiance, un supplément d'âme au vainqueur et plongera le vaincu dans le doute, à quatre jours d'un titre national (Coupe du Roi) et à une semaine et demie d'une demi-finale qui passionnera l'Europe entière, et même le monde. Comme le résume Cristiano Ronaldo: "C'est le moment de savoir si on peut tout gagner ou rien gagner". Pour les deux équipes, l'enjeu est le même. Avec un avantage aux Catalans, en pole-position en Liga et avec un (5-0) en souvenir.