Zinédine Zidane Real Madrid
Zinédine Zidane, le nouvel entraîneur du Real Madrid | AFP - PEDRO ARMESTRE

Travail, victoires, équipe, Zinédine Zidane affiche son plan de bataille

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Pour sa première prise de parole officielle en tant qu’entraîneur du Real Madrid, Zinédine Zidane n’a pas fait de grosse sortie. Il est resté sobre. Jonglant entre la langue de Cervantes et celle de Molière, il a mis l’accent sur le travail et sur la volonté de pratiquer un football offensif. Il a aussi tenu à remobiliser les joueurs pour qu’ensemble ils aillent chercher un trophée en fin de saison.

De sa nomination au premier entraînement

Lundi soir, Zinédine Zidane a été nommé officiellement entraîneur du Real Madrid en lieu et place de Rafa Benitez. Si l’Espagnol était sur la sellette depuis de nombreuses semaines, la nomination a été très rapide. "Ca s’est fait rapidement, ce n’était pas prévu. On m’en a parlé lundi (hier), j’ai accepté tout simplement", a révélé le Français. Ce mardi, il dirigeait son premier entraînement – en public -. La prise de contact avec son effectif a été simple. Comme lui. "Mes premiers mots pour les joueurs ont été importants. Je leur ai dit que j'étais très content d'être à leur côté, qu'une nouvelle aventure commençait, qu'on avait des objectifs à atteindre et qu'on allait tout faire pour les atteindre".

Lui, le grand timide, a dû apprendre à forcer sa nature. La formation qu’il a suivi a dû l’aider, son aura aussi. Mais malgré son expérience, sa carrière, ce nouveau rôle n’est pas forcément évident. Même quand on s’appelle Zidane. "C'est un défi difficile. Aujourd'hui je me présente à vous, et comme je l'ai dit hier, je suis ému. Mais cette émotion va passer et je suis convaincu que je vais faire un bon travail avec mes joueurs. Vous savez que je ne suis pas un grand causeur, mais ce n'est pas grave." Zidane a également annoncé qu’il avait un contrat de deux ans et demi et qu’il serait accompagné par son staff habituel : "il s’agit de trois-quatre personnes", dont celui qui était son adjoint à la Castilla, David Bettoni.

Le choix des hommes

Si les questions des journalistes français ont plutôt insisté sur son émotion et son ressenti, les journalistes espagnols, eux, ont tout de suite confronté le Français à la réalité du métier d’entraîneur. Sur quels hommes allait-il s’appuyer ? Comment "récupérer" des joueurs qui paraissent démobilisés comme Isco, James, Bale ou Modric ? Zidane a su éviter les pièges. Il a tenu à rameuter les troupes et n’a cherché à oublier personne. Interrogé sur Isco et James, plutôt mis de côté ou parfois carrément oublié par Benitez, Zidane a assuré que "toute l’équipe" allait être importante. Isco et James "sont des joueurs fantastiques, ils seront importants".

Il a tenu aussi à rassurer Gareth Bale, le chouchou de Benitez, avec qui il aimait travailler. "Je comprends bien que Gareth puisse être mal à l'aise avec le renvoi de Rafa Benitez mais je vais lui donner la même attention. Il est indispensable à l'équipe, ce qu'il a fait sur le terrain dernièrement était fantastique, c'est tout ce que je peux dire". Le Français a d’ailleurs précisé qu’il s’appuierait sur la BBC (Bale, Benzema, Cristiano) pour composer son attaque. A la question de savoir s’il jouerait avec les trois, Zidane a répondu un "oui" catégorique.

Retrouver un football offensif

Zidane, le joueur, était magnifique à regarder et orchestrait sublimement la symphonie offensive de son équipe. Zidane, l’entraîneur, ne veut pas moins. Il veut que son équipe pratique un football offensif. "Je veux qu'il y ait un football offensif mais équilibré. On va travailler pour être au plus haut sur le terrain, c'est le message". Un discours qui ne surprend pas puisqu’il a toujours défendu cette philosophie. Il tranche évidemment avec son prédécesseur, Rafa Benitez, dont le jeu jugé trop défensif, n’a jamais convaincu. Il a plusieurs fois insisté sur son envie de "mener le jeu vite, de manière offensive, maintenir la possession du ballon". C’est cette touche que Zidane entend donner à son équipe. Une équipe qui selon lui avait perdu la joie de jouer ces dernières semaines.

Le passé ne compte pas

A Madrid, la nomination de Zinédine Zidane était attendue. Même plus, espérée. Les vivas qui ont accueilli son arrivée et ses premiers pas d'entraîneur de l'équipe première à Valdebebas ce mardi ne trompent pas, Zidane est adulé à Madrid. Les socios seront sûrement (un tout petit peu) plus indulgents avec lui qu’avec d’autres. Mais ce traitement de faveur, Zidane n’en veut pas. "Je pense que le rôle d'un entraîneur est d'avoir des résultats, ce sera la même chose pour moi malgré mon passé. L'important c'est qu'une nouvelle étape commence pour moi, et il faut gagner des matchs", a-t-il tenu à préciser. Sa côte d’amour ne survivra pas à des débuts chaotiques. C’est pour cela qu’il n’a promis qu’une seule chose : du travail. "Le message que je vais transmettre à mes joueurs, c'est qu'il faut travailler. Nous jouerons de façon intense, autant durant les matchs que pendant les entraînements. C'est la clé". Du sang, de la sueur et des larmes aurait dit Churchill en son temps.

Les inspirations

Zinédine Zidane a côtoyé les plus grands entraîneurs : Lippi, Ancelotti, Del Bosque, Mourinho. Il s’est inspiré de chacun d’eux et cette expérience va lui servir pour construire sa propre personnalité. "J'ai bien connu Mourinho, Ancelotti, j'ai travaillé avec beaucoup d'entraîneurs quand j'étais joueur. Je me suis toujours inspiré de chacun d'entre eux. Maintenant, ce que je dois faire, c'est être l'entraîneur que je veux devenir. Je ne peux pas copier ni appliquer la même chose qu'un autre entraîneur". Adjoint de Carlo Ancelotti lors de la saison 2013-2014, il a été aux premières loges lors de la Decima remportée contre l’Atletico Madrid à Lisbonne. Pendant un an, il a vu l’Italien travaillé et en a retenu une chose : "le plus important, c’est que les joueurs se sentent bien".

Les objectifs

Pendant cinq saisons, Zinédine Zidane a été joueur du Real Madrid. Il a ensuite occupé plusieurs postes (ambassadeur, conseiller du président, directeur sportif, adjoint, entraîneur de l’équipe réserve) avant sa nomination ce lundi. Au Real, il connaît tout et tout le monde. Il sait plus que n’importe qui qu’à Madrid, seule importe la victoire. Il a été nommé pour redresser la barre d’un navire à la dérive et il a affiché son ambition d’aller chercher un titre en fin de saison. "J'ai envie de faire le maximum pour gagner des titres, c'est ça le plus important. Je suis dans la meilleure équipe du monde et je veux juste essayer de gagner des titres avec cette équipe", a-t-il assuré. Et lui, l’acteur principal de la neuvième Ligue des champions, celle remportée à Glasgow contre le Bayer Leverkusen, a conscience que la "Coupe aux grandes oreilles" reste un objectif majeur chaque saison pour le Real Madrid.