Les joueurs du FC Barcelone
Carles Puyol, Lionel Messi et José Pinto, les joueurs du FC Barcelone | AFP - QUIQUE GARCIA

Sans Vilanova, où va le Barca ?

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Le départ de Tito Vilanova acté, une nouvelle ère s’ouvre au Barca. Celle où l’ombre de Pep Guardiola ne plane plus. Car, outre la douleur qui a accompagné cette officialisation, le FC Barcelone s’apprête à écrire une nouvelle page de son histoire. Et à l’heure de faire le choix de son futur entraîneur, le club catalan navigue à vue.

A voir les regards défaits des joueurs ce vendredi soir en conférence de presse, le moment est suffisamment grave. Et le parallèle est terrible pour le FC Barcelone. A l’heure où le club perd son entraîneur, sa tête pensante, à l’autre bout de l’Europe, Pep Guardiola prend tranquillement ses marques au Bayern Munich. L’équipe qui avait mis en lumière ses manques et ses faiblesses sur le terrain en Ligue des Champions (7-0 sur l’ensemble des demi-finales de la Ligue des Champions) affiche sa stabilité - La transition entre Jupp Heynckes et lui a été orchestré depuis le mois de janvier -. Et Guardiola sa bonne humeur. Tout en réglant ses comptes aussi avec son ancien club.

"Cette année, il y a eu trop de choses qui sont allées trop loin. Utiliser la maladie de Tito Vilanova pour me faire du mal est quelque chose que je n'oublierai jamais", avait lâché Guardiola la semaine dernière. Une phrase qui avait évidemment fait réagir en Catalogne : "Pep n'a pas été correct et je dois admettre que ce qu'il a dit m'a surpris". Cet épisode prouvait que Guardiola était désormais loin de la Catalogne. Vilanova s’en éloigne, par la force des choses. Cette maladie plonge le Barca dans le flou. Et c’est tout un club qui va devoir rebondir et trouver une solution de rechange. Dans l’urgence.

Pris de court

Il y a un an, le départ de Pep Guardiola avait été prévu. Anticipé. Mieux, au moment de l’officialiser le 27 avril 2012, Sandro Rosell avait tout de suite enchaîné en révélant le nom de son successeur : Tito Vilanova, son adjoint. Ce vendredi soir, au moment d’entrer dans l’amphithéâtre de la Ciutat Deportiva, le président du club catalan n’avait peut-être aucune idée de l’identité de celui qui s’assoira sur le banc blaugrana. Ou peut-être qu’il le savait parfaitement et qu’il n’attend que le bon moment pour nommer "Rubi". Quoiqu’il en soit, il n’a rien dit. Juste déclaré que le nom du prochain entraîneur serait connu "probablement la semaine prochaine". Mais parce qu’il ne pensait pas avoir à le faire.

A la fin d’une première saison pas aussi triomphale que la première de Guardiola, mais de très bonne facture (champion d’Espagne en égalant le record de points, demi-finale de Coupe d’Espagne et de Ligue des Champions), les deux parties s’étaient entendues pour poursuivre l’aventure. On connaît désormais la suite auquel personne ne s’attendait. C’est au cours des "examens de routine" que le Barca s’est rendu compte que Vilanova ne pourrait pas poursuivre sa mission. Et c’est au cours d’une conférence de presse éclair animée par la seule déclaration de Sandro Rosell que le club a confirmé le départ de Vilanova alors que l’information avait fuité en fin d’après-midi. Aucune question, aucune annonce sur le successeur. Une communication toute simple pour une situation qui ne l’est pas.

Un mercato au point mort

Au début de l’été, le FC Barcelone réussit le premier gros coup du mercato : la signature du prodige Neymar qui éclaboussera quelques semaines après la Coupe des Confédérations de tout son talent. En voyant les prestations du Brésilien, la Catalogne se frotte les mains. L’association avec Messi promet. Plus d’un mois après, Neymar est toujours la seule recrue. Côté départ en revanche, c’est la bousculade : David Villa à l’Atletico Madrid, Eric Abidal en fin de contrat, Thiago Alcantara au Bayern Munich. Et ce n’est peut-être pas fini puisque Cesc Fabregas est convoité par Manchester United. Si devant, l’arrivée de Neymar a comblé les attentes, c’est surtout derrière que le Barca a besoin de renfort.

La fessée reçue en Ligue des Champions a fini de le démontrer. Et sur ce point, le Barca fait pour l’instant chou blanc. Thiago Silva reste à Paris, où Marquinhos, que convoitaient les Catalans, a fini par le rejoindre. David Luiz est maintenant espéré mais Chelsea n’est pas vendeur. Du moins pas à n’importe quel prix. Mais surtout, toute nouvelle recrue ne peut débarquer sans qu’un nouvel entraîneur soit nommé. C’est pour cela que le Barca va devoir aller vite.

Un nouveau pari ?

La question du successeur est donc ouverte. Sandro Rosell et Andoni Zubizaretta, le directeur sportif n’ont pris aucune décision. Mais, la presse catalane pense savoir que la solution interne sera encore privilégiée. Pas de Jordi Roura dont l’intermède de deux mois l’hiver dernier n’aura convaincu personne. Ni les dirigeants, ni les joueurs. La solution s’appellerait « Rubi ». Un nom de bijou, mais qui resterait à polir. Car Joan Francesc Ferrer Sicilia, 43 ans, n’a qu’une expérience limitée d’entraîneur à Gérone (D2). Ce catalan a débarqué à la fin du mois de juin en tant que deuxième adjoint, mais il était ardemment souhaité par Vilanova, d’après la presse espagnole. Un peu léger toutefois pour s’asseoir sur le banc du Barca.

Si Vilanova n’avait jamais entraîné avant l’année dernière, il était dans la maison blaugrana depuis quatre ans et était bien plus qu’un adjoint pour Guardiola. Les autres pistes ? Marcela Bielsa, l’Argentin qui a passé deux ans à la tête de l’Athletic Bilbao, déjà envisagé alors que les rumeurs de départ de Guardiola fleurissaient. "El Loco" a l'avantage de développer une philosophie proche de celle du Barca et était le modèle de Pep. La semaine prochaine, on devrait en savoir plus. Ca tombe bien, se profile à l’horizon, un match amical contre le Bayern Munich (le 24 juillet). L’heure ne sera sûrement plus aux règlements de compte. Mais à celle d’une nouvelle ère, sans Guardiola et son successeur.