Ramos-Ronaldo-Casillas C1 2014
Le trio des mécontents du Real Madrid, Ronaldo, Ramos, Casillas soulevant la "Decima" du club en 2014 | AFP - FRANCK FIFE

Ramos, Ronaldo, Casillas, les difficultés du mercato du Real Madrid

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Après une saison blanche, le Real Madrid doit rebondir et Florentino Pérez compte sur le mercato pour donner un nouvel élan à son club. Problème, pour l’instant, la seule nouveauté est l'arrivée de Rafael Benitez sur le banc à la place de Carlo Ancelotti. Et les dossiers chauds (Ramos, Casillas, Ronaldo) risquent de s’accumuler sur le bureau du président.

Sergio Ramos, le dossier brûlant

Madrid est en ébullition depuis quelques jours. Depuis la révélation des grosses tensions entre Sergio Ramos et le club. L’emblématique défenseur du Real Madrid, deuxième capitaine derrière Iker Casillas, est en froid avec ses dirigeants. Le problème ? Une prolongation de contrat qui n’arrive pas assez vite au goût du défenseur central et surtout loin de ses exigences. Ramos veut 10 millions d’euros par an, le Real ne lui en propose que 7,5 millions. Une différence de 2,5 millions qui pourraient peser lourd dans la balance. Fin janvier, Ramos assurait pourtant qu’il ne courrait pas après une prolongation, qu’il n’était pas pressé. "J’ai encore deux ans de contrat. Ils (les dirigeants, ndlr) savent que je veux rester longtemps ici et que je ne me vois pas avec un autre maillot que celui du Real Madrid". Cinq mois plus tard, le discours a radicalement changé. Tout ce qui se dit n’est pas du goût de Ramos et de son entourage qui est de plus en plus tenté par un départ vers l’Angleterre où Manchester United en aurait fait sa priorité.

Florentino Pérez pour l’instant ne veut pas céder. Il n’a cédé qu’une seule fois, pour Ronaldo, mais le Portugais est l’arme numéro 1 du président merengue, le symbole des Galactiques 2.0. Tous les autres (Higuain, Ozil, Di Maria, Xabi Alonso) qui ont entamé un bras de fer avec le président ont perdu et ont été vendu. Ramos le sait. Déjà qu’il a peu goûté le départ de Carlo Ancelotti, il redoute également un départ du Real par la petite porte s’il allait au bout de son contrat. Il aurait 31 ans et a vu le traitement réservé à Fernando Hierro, Raul ou Iker Casillas, autres légendes du Real, plus ou moins mis à la porte. Pérez pourrait prendre le risque de voir partir l’un de ses chouchous, aimé du public, celui qui restera à jamais comme son premier gros transfert en 2005 en tant que président du Real – il avait dépensé 30 millions d’euros pour l’arracher au FC Séville –. Il retirerait une belle somme de transfert et n’aurait pas de mal à trouver un remplaçant. Mais après Ancelotti, le départ de Ramos serait un nouveau coup dur à encaisser pour les socios.

Cristiano Ronaldo, le spleen est de retour

Cristiano qui boude, ce n’est pas nouveau au Real Madrid. Déjà en septembre 2012, CR7 avait affiché publiquement son mal-être en ne célébrant plus ses buts. « Cette tristesse est due à des raisons professionnelles et au club, ils savent pourquoi » avait-il lâché en conférence de presse. Un an plus tard, les dirigeants du Real et le joueur s’affichaient tout sourire pour le renouvellement de contrat avec à la clé un salaire de 17 millions d’euros annuels, réévalué depuis à 21 millions d’euros. Cette fin heureuse avait redonné le sourire à un Ronaldo qui célébrait à nouveau ses très nombreux buts. Puis ce printemps après la déroute lors du derby contre l’Atletico (4-0), il fête quand même son anniversaire. Un événement que la presse madrilène, toujours avide de polémiques, ne rate pas. Il encaisse mais ne se sent pas soutenu par sa direction. C’est l’élément déclencheur d’une nouvelle bouderie. Ca fait désormais quelques mois que le Portugais n’est pas heureux de la tournure que prennent les événements au Real. Comme Ramos, il a soutenu officiellement Ancelotti. Comme Ramos, il s’inquiète du traitement réservé à Casillas.

En revanche, Ramos n’a rien contre Benitez, mais Ronaldo, lui, a déjà quelques griefs à reprocher au nouveau manager de la "Maison Blanche". Il n’a pas apprécié que l’entraîneur se déplace pour parler à Gareth Bale et pas à lui. Il n’a pas digéré non plus d’apprendre dans la presse que Benitez envisageait de le repositionner attaquant de pointe. En vacances actuellement, Ronaldo agite donc la capitale espagnole. Benitez a tenté d’éteindre l’incendie lors de sa première conférence de presse en tant qu’entraîneur en assurant que les discussions avait été bonnes avec "Sergio, Iker, Cristiano, Bale, Pepe, Varane… Tous ont été excellents". "Quant à savoir qui jouera et où, nous déciderons plus tard", a ajouté Benitez infirmant les dires de la presse sur le poste de numéro 9 qui serait nouvellement dévolu à Ronaldo. Il faudra sans doute plus que quelques déclarations pour apaiser la star qui est encore et toujours courtisée. Le PSG et Manchester United sont à l’affût.

Casillas, réussir sa sortie

Iker Casillas et le Real Madrid, l’histoire se termine bientôt. Très bientôt même puisque le Real Madrid a identifié et s’est mis d’accord avec son successeur depuis belle "lurette". Il s’agit du gardien espagnol de Manchester United, David De Gea. L’opération tarde toutefois à se concrétiser alors que Rafael Benitez espère compter sur son nouveau gardien le jour de la reprise de l’entraînement du Real, le 10 juillet. Parallèlement à ce dossier, le Real doit donc gérer la fin de la parenthèse Casillas. Plus qu’une parenthèse, un chapitre entier de l’histoire du Real Madrid débuté au siècle dernier en 1999, année où il débute avec les A du Real. Seize ans plus tard, il a tout gagné avec son club formateur, même si les dernières saisons ont été plus laborieuses.

Mis sur le banc par Mourinho, puis réhabilité par Ancelotti, il a ensuite été pris en grippe par une partie du Bernabeu. Le joueur sent le vent tourner et l’intérêt montré au grand jour pour De Gea lui indique que la fin est proche. Il semblait prêt à aller au bout de son contrat mais le club ne l’entend pas de cette oreille et aimerait bien s’en séparer. Soit par un transfert, soit en le libérant des deux ans de contrat qui lui reste. Le portier ibérique de 34 ans espère rebondir dans un grand championnat européen et son sort pourrait être lié à celui de … De Gea. En effet, si ce dernier signe bien au Real, Manchester United pourrait passer à l’offensive pour Hugo Lloris ce qui libérerait un poste dans les buts de Tottenham, qui pourrait alors se tourner vers "San Iker". Un jeu des chaises musicales qui le conduirait à Londres, une ville qui l’attire. Mais cet épilogue, heureux pour lui, illustrerait une nouvelle fois la difficulté du Real à offrir une belle sortie à ses anciennes légendes.