Gareth Bale
Gareth Bale | ADRIAN DENNIS / AFP

Que vaut vraiment Gareth Bale ?

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Transféré pour près de 100 millions d’euros au Real Madrid, l’ancien joueur de Tottenham n’est pas a proprement parler une star, à la manière d’un Messi ou d’un Ronaldo qui font rêver tous les gamins de la planète. Le Gallois n’en demeure pas moins un excellent joueur capable de beaucoup marquer et de réaliser un grand nombre de passes décisives.

Gareth Bale ne gagnera jamais la Coupe du monde avec le pays de Galles, mais le génial gaucher vient de s’offrir le droit de se forger un palmarès imposant. Quand un joueur signe au Real, il sait qu’il a pas mal de chances de conquérir des trophées et notamment cette Ligue des champions qui fait fantasmer tant de footballeurs.

Meilleur joueur de Premier League

S’il vient d’être recruté par le plus grand club du monde, c’est forcément qu’il a des qualités, n’en déplaise à certains. A 24 ans seulement, Bale vient d’être sacré meilleur joueur de Premier League pour la seconde fois en trois saisons même s’il n’a encore rien gagné, ni dans son club formateur de Southampton ni à Londres.

Révélé au plus haut niveau lors de la saison 2009-10 lorsqu’il est monté d’un cran sur le flanc gauche de son équipe, Gareth Bale a confirmé l’année suivante en conduisant les Spurs jusqu’en quarts de finale (élimination par le… Real, 0-4, 1-0). Le natif de Cardiff va maintenant se retrouver au sein du club merengue, simple grand joueur parmi d’autres.

Comparaison inévitable avec Ronaldo

La pression sur ses épaules risque de s’avérer énorme car les comparaisons avec Cristiano Ronaldo ne manqueront pas. Bale va devoir justifier semaine après semaine le prix exorbitant de son transfert alors qu’il n’y est pour rien. Les supporters madrilènes espèrent qu’il se comportera davantage comme Luis Figo, Zinedine Zidane ou Ronaldo que comme le Brésilien Kaka, très décevant ces quatre dernières années après ses fulgurances milanaises.

Il devient en tous cas le footballeur le plus cher de l’histoire (bon d’accord, Messi est intransférable) avec ce montant qui dépasse l’entendement selon de nombreux observateurs. Il devance CR7 (94 millions d’euros en provenance de Manchester United en 2009), Zizou (75 millions, de la Juventus en 2001), Kaka (68 millions, de l’AC Milan) et Figo (61,7 millions, du Barça en 2000). Seul Edinson Cavani s’intercale avec un transfert évalué à 64 millions entre Naples et Paris cet été.

Loin du Ballon d’Or

La différence avec ses prédécesseurs madrilènes ? Ils étaient tous Ballon d’Or au moment de leur arrivée à Madrid alors que Bale en est encore loin malgré sa formidable saison dernière (26 buts toutes compétitions confondues et 13 passes décisives). A ce titre, il ne peut donc être considéré comme un vrai Galactique (un peu à l’image de David Beckham au milieu des Zidane, Figo et autres Ronaldo –le Brésilien).

Jeune, collectif, endurant, doté d’un pied gauche exceptionnel et d’une puissance de frappe à faire se lever les foules, Gareth Bale balaye le couloir avec fougue et maestria. Le Gallois possède un tempérament britannique qui sert une technique plutôt latine, non dénuée de finesse. Il n’est pas le meilleur joueur du monde mais il crée des différences énormes lorsqu’il évolue en confiance, un peu à la manière d’un Robben ou d’un Ribéry, en moins dribbleur évidemment.

Le Real vise le marché asiatique

Une fois qu’il sera remis à niveau physiquement (il n’a plus joué depuis un mois), Bale devra s’atteler à la tâche la plus difficile de sa carrière : justifier match après match, but après but, la somme déboursée par la Maison Blanche pour l’accueillir, lui, le petit gars du pays de Galles. Il se sait très attendu et ses prestations seront scrutées à la loupe. Gareth Bale a-t-il les moyens de ses ambitions ? That is the question.

Avec ces presque 100 millions investis, le Real Madrid espère en tous cas rentabiliser très vite ce transfert hors normes. Il convient en effet de souligner que si la valeur sportive de Bale n'équivaut pas à ce prix défrayant la chronique, sa valeur marchande s'avère très intéressante. Le Real vise clairement l'immense marché asiatique: les Chinois, les Indiens ou les Indonésiens sont fans de football et de football anglais en particulier, et ils connaissent parfaitement Gareth Bale, davantage que le grand public européen, Grande-Bretagne exceptée. Les ventes de maillots floqués au nom de la star galloise devraient exploser dans les semaines à venir. Et le Real rentrera forcément dans ses comptes, voire plus...

Vidéo: l'arrivée de Bale à Madrid