Le sélectionneur de l'équipe d'Espagne, Luis Enrique
Le sélectionneur de l'équipe d'Espagne, Luis Enrique | AFP - Oscar Barroso / SpainDPPI

Luis Enrique et Robert Moreno, un divorce avec fracas au sommet de la Roja

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Une semaine après avoir retrouvé son poste de sélectionneur abandonné quatre mois avant pour rester au chevet de sa fille, malade, Luis Enrique a choisi de sortir les couteaux avec son prédécesseur, qui n'était autre que son ancien adjoint. "Il est déloyal, avec une ambition démesurée, et je ne veux personne de cette sorte dans mon staff. (...) Moi, je n'aurais jamais fait ce qu'il a fait", a déclaré l'ancien entraîneur du FC Barcelone, reprochant à Robert Moreno de lui avoir dit en septembre qu'il voulait conserver son poste jusqu'au prochain Euro.

Il y a une semaine, le président de la Fédération espagnole annonçait que Luis Enrique reprenait son poste de sélectionneur de la Roja, et que du même coup, son ancien adjoint, Robert Moreno, en place depuis le mois de juin, perdait la place. Une décision que l'homme, qui a mené l'Espagne à la qualification dans la dernière ligne droite, n'a que peu apprécié. Mais l'ancien entraîneur du FC Barcelone a également une bonne dose de rancoeur dans cette affaire, malgré son retour aux manettes.

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"Je comprends que le fait d'avoir été sélectionneur lui ait donné beaucoup d'espoir, je comprends que ce soit l'opportunité de sa vie, qu'il a beaucoup travaillé pour cela", a déclaré mercredi Luis Enrique lors de sa présentation à la presse. "Mais je comprends aussi qu'il est déloyal, avec une ambition démesurée, et je ne veux personne de cette sorte dans mon staff. Parfois, la vie t'offre des opportunités de mieux connaître les personnes qui t'entourent, qui est ton ami, qui ne l'est pas. (...) Moi, je n'aurais jamais fait ce qu'il a fait". Les deux hommes étaient pourtant amis de longue date, Moreno accompagnant l'ancien attaquant comme adjoint sur les bancs de l'AS Roma, du Celta Vigo puis du FC Barcelone, depuis 2011. Mais cette amitié, cette relation professionnelle n'ont pas tenu le choc face aux ambitions respectives de chacun.

Car Luis Enrique, qui a subi un drame en perdant sa fille de 9 ans des suites d'un cancer des os, avait fini par démissionner de son poste en juin dernier, après avoir abandonné les rênes de la sélection à son adjoint dès le mois de mars. Cette histoire avait ému l'Espagne toute entière et même plus, face à ce père qui voulait passer plus de temps aux côtés de sa fille, finalement décédée en août. Mais au moment de la nomination de Moreno, le contrat était clair: il devait mener la Roja à la qualification, puis à l'Euro 2020. La qualification en poche, la Fédération n'a pas maintenu le cap, lorsque Luis Enrique a demandé à reprendre sa place. "Il avait toujours été clair que si Luis Enrique voulait revenir, il reviendrait", justifiait pourtant la semaine passée Luis Ribiales, le président de la RFEF. 

Deux anciens amis séparés par leurs ambitions

"L'unique responsable du fait que Robert Moreno ne fasse pas partie de mon staff, c'est moi. Le désaccord avec Moreno remonte au 12 septembre, le seul jour où j'ai été en contact lui. Il est venu, et m'a confié qu'il voulait faire l'Euro, et qu'après cela je pourrais revenir si j'en avais envie", a expliqué Luis Enrique. Des mots qui ne sont pas passés. "Je ne le considère plus comme mon second ni membre de mon staff", a affirmé le nouveau sélectionneur, qui s'est entouré de Jesus Casas comme adjoint (ex-N.3), de Rafael Pol comme préparateur physique, et d'Aitor Unzué comme N.3 et analyste. "Je me sens responsable, et je ne suis pas fier de la manière dont tout cela se termine, je n'aime pas voir les gens souffrir".

Il y a un peu plus d'un an, la Roja avait déjà vécu un mélodrame à sa tête, avec l'éviction de Julen Lopetegui, le sélectionneur, à la veille de l'entrée en lice de l'Espagne dans le Mondial 2018, coupable de s'être engagé avec le Real Madrid pour l'après Coupe du monde. L'Espagne s'était arrêtée en 8e de finale. L'Euro 2020 est encore dans quelques mois...