Nabil Fekir a inscrit son premier but en Liga face à Barcelone
Nabil Fekir a inscrit son premier but en Liga face à Barcelone | Alejandro Garcia/EFE/Newscom/MaxPPP

Liga : Pour Nabil Fekir et le Betis, le réveil est indispensable ce soir contre le Celta Vigo

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Après un bon début de saison d'un point de vue individuel, Nabil Fekir a plongé à l'image du Betis Séville, classé 18e de la Liga et qui affronte le Celta Vigo ce soir (21h). Alors qu'il avait signé l'été dernier dans ce club ambitieux, Fekir, dont les supporters verdiblancos attendent beaucoup plus, doit réagir rapidement s'il ne souhaite pas jouer le maintien toute la saison et rater l'Euro 2020.

"Fekir est un joueur stratosphérique, un leader silencieux qui parle sur le terrain." Ces propos dithyrambiques sont de Rubi, l'entraîneur du Betis Séville, alors que le club andalou vient d'obtenir sa première victoire de la saison contre Leganés (2-1) lors de la 3e journée, le 31 août dernier. Nabil Fekir, arrivé un mois plus tôt en provenance de l'Olympique Lyonnais contre 19,75 millions d'euros, vient d'enchaîner trois grosses premières performances, ponctuées de ses deux premiers buts en Liga contre le FC Barcelone et Leganés. Deux semaines plus tard, après la trêve internationale, le champion du monde se montre une nouvelle fois décisif en provoquant un penalty lors du match nul contre Getafe (1-1). "Son début de saison a vraiment été remarqué. Son utilité à la création, sa capacité à alterner jeu court et jeu long ou encore le jeu rapide et les dribbles en ont fait un garçon indiscutable", explique Benjamin Bruchet, rédacteur pour FuriaLiga, site spécialisé sur le football espagnol.

"Son adaptation a été très rapide. Il était l'un des seuls à créer du danger offensivement", souligne, enthousiaste, Fabrice Torres, qui gère une page de fans français du club andalou sur Twitter. Car si Fekir réalise un bon début de saison d'un point de vue individuel, le Betis Séville plonge jusqu'à atterrir à la 18e place du classement après 10 journées. Le pire début de saison du club depuis l'année 2013/2014, à l'issue de laquelle le Betis Séville avait été relégué... Pris dans le marasme, l'international français (23 sélections, 2 buts) se blesse à la cuisse gauche lors de la cinquième journée contre Osasuna (0-0) et rate deux semaines de compétition, dont le rassemblement de l'Équipe de France pour les matches contre l'Islande et la Turquie.

Il ne convainc pas les supporters

Depuis son retour le 4 octobre dernier contre Eibar (1-1), Fekir a enchaîné deux titularisations contre la Real Sociedad (1-3) et Grenade (0-1).  Sans réussir à faire de différences balle au pied, comme souvent après ses retours de blessure, l'attaquant français a réalisé deux prestations insipides, loin de son meilleur niveau. "Il est décevant, comme tous les joueurs de l'équipe, déplore Carlos Urbano, journaliste espagnol spécialiste du Betis Séville. La blessure qu'il a subie n'a pas aidé mais cela n'enlève rien au fait que son rôle n'est pas celui espéré : celui de leader du milieu de terrain et l'une des principales armes offensives de l'équipe."

En Liga, Fekir est pourtant le joueur qui tente le plus de dribbles par rencontre (3,88/match) et est un titulaire indiscutable au sein du système tactique mis en place par Rubi, au poste de numéro 10 derrière le meilleur buteur du championnat, Loren Moron. Mais au vu du prix déboursé l'été dernier par le club andalou et le statut de champion du monde qui l'accompagne, Fékir provoque énormément d'attente et ne semble pas complètement convaincre les supporters verdiblancos jusque-là : "C'est un investissement important. Le public attend beaucoup plus de lui mais pour le moment, ça ne fonctionne pas", souligne Carlos Urbano avant de poursuivre : "Sa qualité est bien supérieure à celle de ses coéquipiers mais le style de jeu actuel ne le met pas en valeur."

Fekir lors de sa présentation au public, le 6 août dans le stade Benito-Villamarin
Fekir lors de sa présentation au public, le 6 août dans le stade Benito-Villamarin © CRISTINA QUICLER / AFP

Performer pour s'assurer une place à l'Euro 2020

Avant de se retrouver dans cette situation délicate, Nabil Fekir avait rejoint en juillet une équipe ambitieuse, qui a participé à l'Europa League la saison dernière (le Betis Séville avait été éliminé par Rennes en 16es de finale). "Il cherchait un club qui joue au ballon, mais ce n'est plus le cas au Betis", déplore Fabrice Torres. Entre 2017 et 2019, les deux années avec l'entraîneur Quique Setién avaient en effet achevé de stabiliser le club andalou et de faire du Betis Séville l'une des références en Espagne en termes de qualité de jeu. En plus d'un salaire important (600 000 euros mensuels brut contre 350 000 à l'OL), le projet semblait intéressant pour l'attaquant français, mais la transition avec le nouvel entraîneur Rubi n'a, semble-t-il, pas fonctionné.

La possibilité d'avoir à jouer le maintien toute la saison semble réelle selon Benjamin Bruchet : "Cette équipe doit viser mieux mais c'est un club qui a du mal depuis assez longtemps et il n'est pas à exclure que Fékir vive une saison calvaire." Déjà sur la sellette après dix matches à la tête du club, Rubi pourrait être remercié par ses dirigeants, la seule solution selon Carlos Urbano : "Les joueurs ont besoin d'un changement radical. Je suis convaincu que l'entraîneur qui signera après Rubi saura utiliser ce bel effectif avec Fékir comme élément-clé. Peu d'équipes peuvent se prévaloir d'avoir un champion du monde, et le Betis Séville doit en profiter."

Cette solution pourrait convenir à Fékir, qui s'éloigne des plans de Didier Deschamps au fur et à mesure que son club s'enfonce dans les profondeurs du classement espagnol. Non sélectionné en octobre, Fékir n'avait joué que 11 minutes cumulées en septembre contre l'Albanie (4-1) et Andorre (3-0), délivrant une passe décisive lors des deux matches. Mais cela ne devrait pas être suffisant pour l'exigeant sélectionneur français. Pour espérer accrocher le bon wagon et participer à l'Euro 2020, Fékir devra enchaîner les bonnes performances et assumer son statut de champion du monde dans son nouveau club et ce, dès ce soir à l'occasion de la réception du Celta Vigo, 17e du classement devant le Betis (21h).

Denis Menetrier @DMenetrier