Mauricio Pellegrino, l'entraîneur de Leganés
Mauricio Pellegrino, l'entraîneur de Leganés | Oscar Barroso / SpainDPPI / DPPI

Liga : Leganés, premier club à demander à rejouer un match à cause du VAR

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En pleines "journées de l’arbitrage" en France, les débats autour de l'assistance vidéo font également rage ailleurs en Europe. Samedi, le club de Leganés a déposé un recours auprès de la fédération espagnole de football pour faire rejouer un match de championnat suite à des prétendus dysfonctionnements du VAR, une première en Europe.

Si les défenseurs de la vidéo dans le football espéraient voir les polémiques autour de l’arbitrage cesser avec l’introduction du VAR dans les stades, c’est raté. Les controverses ont même franchi un nouveau cap le week-end dernier en Espagne. La rencontre de Liga, samedi, entre Leganés et Levante, a été marquée par un incident autour d’un penalty accordé avec l’aide de l’arbitrage vidéo à Levante. Les contestations à propos d’une décision de l’homme en noir n’ont rien de nouveau. Mais l’affaire fait désormais l’objet d’un recours officiel auprès de la Fédération espagnole de football, une situation sans précédent en Europe.

A la 44e minute, l’attaquant de Levante, Roger Marti, s’écroule dans la surface de réparation, mais il est bien difficile de déterminer à vitesse réelle si le contact avec le joueur de Leganés, Dimitris Siovas, a lieu à l’intérieur de celle-ci. L’arbitre, Munuera Montero, consulte logiquement le VAR pour confirmer son choix d’accorder un penalty, mais le système de communication ne répond pas. L’arbitre n’a d’autre choix que de s’entretenir avec l’arbitre vidéo par téléphone pour avoir son avis. Après quelques minutes d’une situation ubuesque, le penalty est bien validé, puis transformé. Leganés s’inclinera finalement 2-1, mais refuse d’en rester là.

Nous savons que le VAR n’a marché que par intermittence

"Dans la rencontre entre Leganés et Levante, des problèmes graves ont eu lieu, comme accorder un penalty alors que la faute était en dehors de la surface, a réagi la présidente du club Victoria Pavon. La même chose s’est produite contre nous à Valence il y a quelques semaines. Et en plus de cela, le VAR n’a pas fonctionné correctement. Nous savons, par notre délégué et plusieurs sources que nous ne souhaitons pas révéler, qu’il n’a marché que par intermittence. Nous n’avons pas le sentiment que nous jouons sur un même pied d’égalité avec les autres clubs de Liga, et par conséquent, nous allons demander que le match soit rejoué à partir du moment du penalty."

Les déclarations de la dirigeante de Leganés n’ont pas tardé à faire enfler la polémique de l’autre côté des Pyrénées et la fédération s’est empressée de réagir aux propos de Victoria Pavon. "La Fédération dément un problème technique du VAR sur ce match, a-t-elle assuré dans un communiqué samedi. Plusieurs incidents ont eu lieu et des informations totalement erronées ont été données. La RFEF affirme qu’il n’y a pas eu le moindre problème du VAR sur l’action de la 44e minute. Pour une transparence totale, la possibilité a été laissée aux deux clubs de visionner et d’écouter les images afin qu’ils puissent vérifier." L’instance du football espagnol n’a toutefois pas donné de précisions quant au traitement de la requête du club de la banlieue madrilène.

Une jurisprudence pour les autres championnats ?

Cette situation devrait désormais se jouer en coulisses, et pourrait terminer devant les tribunaux. Malgré de nombreuses situations similaires sur les pelouses européennes tous les week-ends en Europe, jamais un club n’avait encore déposé de recours officiel suite à des dysfonctionnements techniques de l’arbitrage vidéo. Le résultat de cette affaire pourrait conduire d’autres clubs à en faire de même, alors qu’il existe encore une zone d’ombre sur la question. La LFP assure dans son règlement qu’en France, "la défaillance du système permettant l’utilisation de l’assistance vidéo et/ou l’utilisation de l’assistance vidéo sans respect strict du Protocole officiel de l’I.F.A.B. (ndlr : le board qui régit les règles du football), ne peut avoir pour conséquence la remise en cause du bon déroulement ou du résultat d’un match par l’une ou l’autre des équipes concernées." Ce règlement pourrait être contesté en justice devant d’autres juridictions. Voilà qui donnera peut-être un peu plus de grain à moudre en pleine "Journées de l’arbitrage" dans l’Hexagone.