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Varane (Real Madrid) devance Messi (Barça) | DANI POZO / AFP

Le régal Madrid

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Quatre jours après avoir éliminé le Barça en demi-finale de la Coupe du Roi (1-3), le Real Madrid, qui avait laissé au repos certains de ses meilleurs joueurs en vue du choc face à Manchester United en Ligue des Champions, a de nouveau battu son ennemi catalan lors de la 26e journée de la Liga (2-1). Pour Barcelone, qui conserve néanmoins largement la tête du classement, le crise est désormais ouverte.

Clasico ou non, Jose Mourinho a fait ses choix. Le coach du Real Madrid, qui affronte Manchester United en Ligue des Champions mardi, a décidé de ses passer des services de Cristiano Ronaldo pour ce match face à l'ennemi catalan. Les Merengue, qui ont fait une croix depuis longtemps sur le titre en Liga puisque 16 points les séparaient du leader blaugrana au coup d'envoi, abordaient donc ce choc sans leur arme fatale portugaise, ni Özil ou Khedira. Presque une offense faite aux Barcelonais, déjà humiliés sur le pelouse quatre jours plus tôt en demi-finale de Coupe du Roi (1-3). Le Barça, a contrario, foulait Bernabeu quasiment au complet, puisque seul Xavi, touché, manquait à l'appel. Mais les partenaires de Messi confirmaient d'entrée de jeu qu'ils souffraient dorénavant d'un complexe Real. A la sixième minute, le jeune Morata, préféré à Higuain, centrait parfaitement pour Karim Benzema qui signait un retour en grâce inespéré en reprenant victorieusement (1-0, 6e). 

Messi, un seul éclair

Sonnés, les Barcelonais ne changeait pas d'un iota leur manière de jouer (ils bouclaient la première période avec 76% de possession de balle) mais ils butaient immanquablement sur la défense madrilène où Varane, une nouvelle fois, régnait en maître. Finalement la lumière allait venir de Lionel Messi. Qui d'autre pouvait sortir le Barça de ce mauvais pas ? Décrié ces derniers temps, l'Argentin filait à la limite du hors-jeu, fixait et éliminait Sergio Ramos avant de placer une frappe rasante qui trompait Lopez (1-1, 17e). A cette occasion Messi rejoignait une autre légende, et un compatriote, Alfredo Di Stefano, au rang des buteurs les plus prolifiques lors des Clasicos (18 buts). Diego Maradona, présent en tribunes, appréciait certainement. 

Après ce départ en fanfare, les débats allaient pourtant sensiblement perdre en intensité. Entre des Madrilènes trop prudents et regroupés derrière et des Barcelonais manquant cruellement de percussion, les occasions se faisaient attendre. Messi, du pied droit (32e) ou Morata, de la tête (39e), tentaient bien de faire pencher la balance mais ce Clasico refusait de se trouver un héros. Le public du Real pensait bien l'avoir trouvé à la 58e minute quand Cristiano Ronaldo, enfin, faisait son entrée en jeu. Quelques minutes plus tard, le Portugais expédiait un coup-franc dont il a le secret droit sous la barre de Valdes mais ce dernier détournait l'ogive téléguidée du bout des gants (65e). En partance du Barça la saison prochaine, le portier des Blaugrana prouvait qu'il n'avait pas encore la tête ailleurs en sauvant une nouvelle fois les siens en remportant un face à face décisif face à Morata (76e).

Piqué comme un symbole

Si Valdes était parfait, on ne pouvait pas en dire autant de sa défense, une nouvelle fois très fébrile à l'image de Piqué. Inquiétant avant de jouer une grosse partie de sa saison face au Milan AC en Ligue des Champions. Complètement battu de la tête par Sergio Ramos, il voyait son compère en sélection nationale inscrire la deuxième but du Real dans une ambiance indescriptible (2-1, 82e). Un avantage mérité au vu de la seconde période, tant les hommes de Mourinho avaient dominé un rival en panne totale d'inspiration. Le score aurait même être plus lourd pour les visiteurs, avec ce nouveau coup-franc somptueux de Cristiano Ronaldo sur la barre (87e). Manchester United est prévenu, son ex-enfant prodige et son équipe sont en pleine confiance. Tout l'inverse du Barça. 

Déclarations : 

Jordi Roura (entraîneur adjoint du FC  Barcelone): "Je pense qu'en dépit de la défaite, on peut être satisfait  aujourd'hui (samedi) de l'attitude affichée par les joueurs. Dans ce  déplacement difficile au Bernabeu, au coeur de cette semaine marquée par  l'élimination en Coupe du Roi (1-1; 1-3), l'équipe a réagi et elle a eu ses  occasions pour l'emporter. Evidemment, nous étions venus ici pour augmenter  notre avantage sur le Real au classement, ça n'a pas pu être le cas. Mais nous  nous en allons sereins. Je ne pense pas que l'équipe traverse un passage à vide  physique et Messi en particulier n'a pas non plus de problème de forme. Il est  vrai que sur certaines phases de jeu, nous n'avons pas été très heureux, mais  nous nous sommes tout de même montrés dangereux".

Aitor Karanka (entraîneur adjoint du Real  Madrid): "Nous sortons renforcés de ce match et de cette semaine. Nous pouvons  franchement être satisfaits de ces cinq jours. Après, si nous croyons que nous  avons réalisé quelque chose d'extraordinaire, nous pourrions le regretter dès  mardi (pour le 8e de finale retour de Ligue des champions à Manchester). Il  faut surtout retenir le travail et l'engagement fournis par tous les joueurs.  Nous avons commencé le match avec des joueurs moins habituels et ils nous ont  montré que nous pouvions avoir confiance en eux. Nous avons vraiment un  effectif où nous pouvons nous appuyer sur chacun de nos joueurs. Si l'on  regarde dans l'histoire des clasicos, la défaite 5-0 au Camp-Nou (en novembre  2010, ndlr) nous avait fait beaucoup de mal. Mais depuis, l'équipe joue ses  matches avec beaucoup de confiance, en étant très tranquille.

 

Julien Lamotte