Barça-Real
Adriano et Ozil à la lutte |

Le Real trouve la clé

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Le Real Madrid s'est adjugé la Coupe du Roi en battant Barcelone (1-0 après prolongation) en finale mercredi à Valence, au terme d'une rencontre où les buteurs n'ont pas été en réussite. Dans une ambiance heurtée, le Real a mis la pression sur son adversaire durant toute la 1ree période, avant de subir la domination du Barça. La décision s'est faite durant la prolongation sur un but en contre de Cristiano Ronaldo.

Ce fut bien d'un combat tant il fut question, une lutte très âpre pour gagner du terrain pied à pied. Une rencontre heurtée que l'arbitre M.Mallenco tenta de gérer avec rigueur mais lucidité. Ce fut surtout une farouche bataille au milieu, dans laquelle le Real a pris le meilleur. Plus agressifs, plus compacts dans leur organisation, les Madrilènes ont serré leurs lignes et n'ont laissé que peu d'espace à des Catalans peu inspirés. Dans cette première partie de match fermée, tendue, avec beaucoup d'engagement -parfois trop puisque de part et d'autres on n'hésitait pas à laisser traîner quelques semelles- le Real s'est montré beaucoup plus conquérant. S'appliquant à contrôler le porteur du ballon barcelonais, à l'empêcher de combiner, les hommes de Mourinho ont parfaitement quadrillé le terrain et se sont montrés les plus prompts pour bonifier les nombreux ballons perdus ou récupérés.

Le Real met la pression

Dans une première période somme toute très pauvre en gestes offensifs, le Real s'est malgré tout créé plusieurs occasions. Par Cristiano Ronaldo, deux fois magistralement servi par Özil (12e, 31e) qui n'a pas pu se positionner convenablement pour sa frappe, une autre fois par ce même Özil dont le tir tendu de 25m frôlait le montant gauche de Pinto (25e) puis Ronaldo qui butait sur le portier du Barça, et enfin, la plus belle de toute, une ouverture superbe d'Özil reprise par une tête somptueuse de Pepe, mais le ballon s'écrasait sur la transversale (44e). Pinto était battu. Ce but eût été en quelque sorte l'aboutissement logique de la domination du Real, alors que le Barça, complètement étouffé par la pression de son adversaire, ne s'était créé aucune véritable occasion.

A la reprise, les Barcelonais semblaient un peu plus réactifs. Sans doute remis à leur place par Pep Guardiola, on les sentait peu enclins à se laisser dicter encore quarante cinq minutes la conduite du jeu par les Madrilènes. Ils s'enhardissaient, se décidaient à créer des impacts dans le bloc du Real qui s'effilochait un peu. Pedro sonnait la charge en adressant un tir puissnt des 18 m qui passait à côté du cadre. C'était le réveil catalan. Messi et Dani Alves sortaient enfin de leur torpeur et poussaient leur équipe à aller de l'avant.

Le réveil du Barça

La rencontre changeait de teneur, puisque c'étaient alors les joueurs du Barça qui prenaient la direction des opérations. Un Barça emprunté en première période, privé de ballons et empêché de construire, qui retrouvait alors une organisation tactique plus efficace et de la fluidité dans son jeu. La rencontre qui a baissé d'intensité électrique a gagné en intensité techique en devenant plus équilibrée. David Villa montrait enfin le bout de son nez, et Messi très discret lors de la première période, sortait de sa boîte. Il adressait une belle frappe  à mi-hauteur qui passait au-dessus de la cage de Casillas (66e) ûis trois minutes plus tard, il était encore dans un bon mouvement qui aurait pu être décisif. Il trouvait Villa, lequel adressait un bon ballon en profondeur pour Pedro dont la frappe croisée trompait Casillas. Mais l'euphorie clan catalan retombait rapidement puisque M.Mallenco invalidait le but pour hors-jeu. C'était tout de même un sacré avertissement pour le Real qui, à son tour subissait les assauts des Blaugrana. D'abord sur un tir de Messi repoussé par Casillas (75e) puis une frappe enroulée de Pedro sur la gauche, détournée par le portier madrilène. Casillas qui s'interposait du bout des gants devant Dani Alves. Le danger pesait sur les buts du Real.qui avait bien du mal à stopper le rouleur compresseur adverse. Il s'offrait quelques contres peu tranchants, sur lesquels Cristiano Ronaldo ou Di Maria se montraient maladroits même si une frappe de ce dernier, en toute fin de partie, obligeait Pinto à s'employer. Une action à l'image des quatre vingt dix premières minutes, qui s'étaient résumées en une partie d'échec. La prolongation devait permettre de faire la décision. 

Ronaldo délivre Madrid

Ce temps supplémentaire se déroulait quasi à sens unique, avec des Barcelonais maîtres du ballon, qui imposaient leur défi physique face à des Madrilènes qui semblaient usés. Logiquement, le stade Mestalla était sans doute prêt à parier que le Barça allait finir par faire craquer des Merengue à la limite de la rupture. A la limite mais pas totalement out. Ils allaient inverser la tendance d'abord sur un sur un contre rondement mené par Xabi Alonso qui lançait Ronaldo dont la frappe passait à droite (98e). Ce n'était que partie remise. Cinq minutes plus tard, nouveau contre, avec un superbe une-deux Marcelo Di Maria, et un centre de l'Argentin sur la tête de Cristiano Ronaldo au 2e poteau. Le Portugais prenait le meilleur sur la défense du Barça et propulsait le ballon dans les filets de Pinto.(1-0, 103e).

Ce but débridait une fin de rencontre très hachée, où la fatigue commençait à faire son oeuvre. Le Barça poussait mais de façon désordonnée et ne parvenait pas à revenir. Le Real se créait même une autre occasion franche sur une ballon gagné au milieu, une frappe d'Adebayor repoussée par Pinto que Ronaldo ne pouvait pas reprendre.
L'expulsion de Di Maria ne changeait rien. Le Real qui a su déverrouiller ce match très fermé parvenait à maintenir son avantage.

Christian Grégoire