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Puyol (Barcelone) à la lutte avec Benzema (Real Madrid) | JAVIER SORIANO / AFP

La loi du plus fort

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Le FC Barcelone a frappé un grand coup lors du match au sommet de la 16e journée de la Liga en s'imposant 3-1 contre le Real à Madrid. Menés 1-0 d'entrée sur un but de Benzema, les Blaugrana ont réagi de façon magistrale en inscrivant trois buts par Alexis Sanchez (30e), Xavi (53e) et Fabregas (66e). Au classement, le Barça revient à hauteur de sa victime du jour, avec un match en plus. Ca promet pour la suite.

Quel coup de maître ! Une nouvelle fois, le Barça a prouvé qu'il était bien le meilleur en Espagne, n'en déplaise aux supporters de la Maison blanche. Même mené au score d'emblée, même contraint de défendre en première période, même sans briller comme lors de la "manita " de novembre 2010, le FC Barcelone a su maîtriser tous les paramètres ou presque (l'arbitre aurait pu sortir un second carton jaune pour Messi en toute fin de première période) pour s'imposer sans coup férir face à un Real qui n'a tenu qu'une mi-temps.

Et pourtant, tout avait si bien débuté pour les locaux. Le Clasico venait à peine de commencer que Valdès ratait son dégagement. Le ballon retombait sur Di Maria qui transmettait –avec l'aide involontaire d'un défenseur- à Ozil. Le tir de l'Allemand était contré mais Karim Benzema, à l'affût dans la surface, se montrait le plus prompt pour tromper le portier blaugrana d'un revers du pied droit (1-0). Santiago-Bernabeu explosait: on jouait depuis 23 secondes ! L'avant-centre français venait de rentrer dans l'histoire du Clasico en inscrivant le but le plus rapide de l'histoire. 

Messi prend le match à son compte

Sonnés par ce coup du sort, les Catalans tentaient de reprendre leurs esprits. Messi récupérait un ballon aux 25 mètres et échappait à la vigilance de la défense centrale madrilène avant de buter sur Casillas, auteur d'une magnifique parade, la main ferme. Quelques minutes plus tard, Angel Di Maria, touché aux adducteurs, se laissait tomber au sol. La civière arrivait très vite mais l'Argentin continuait malgré tout (15e). A la 19e minute, Cristiano Ronaldo sollicitait Valdès qui renvoyait des deux poings. Réplique immédiate du Barça avec un coup franc de Xavi détourné par Casillas.

Le Real se procurait ensuite une superbe occasion d'aggraver la marque. Benzema se jouait de deux défenseurs et adressait une merveille de passe aveugle à Ronaldo, plein axe. Mais le tir puissant du Portugais passait largement au dessus de la cage barcelonaise (25e). A la demi-heure, Messi se décidait à prendre les choses en mains: il revenait chercher un ballon à l'intérieur de son camp, accélérait, passait en revue trois adversaires avant de glisser un bijou de passe en profondeur pour Alexis Sanchez. Plus rapide et plus technique que l'arrière garde merengue, le Chilien parvenait à se mettre en position idéale avant de croiser son tir pour tromper Casillas de façon imparable (1-1).

Le Barça porte l'estocade

Juste avant la pause, Messi aurait pu (dû ?) écoper d'un second avertissement pour un tacle en retard (appuyé) sur Xabi Alonso, cinq minutes après une contestation qui lui avait déjà valu un carton jaune. Mais l'arbitre, au grand dame des supporters madridistes, décidait de ne pas sanctionner le prodige argentin. Monsieur Fernandez Borbalan sortait sous les sifflets à la pause.

A la 53e minute, Barcelone prenait l'avantage: après un beau mouvement, le ballon était dégagé par la défense madrilène en catastrophe. Xavi, embusqué aux 25 mètres, reprenait de volée et son tir était contré par Marcelo, ce qui avait pour effet de tromper Casillas, pris à contre-pied (1-2). Le coup était rude pour les hommes de Jose Mourinho qui avaient mieux attaqué la seconde période avec notamment un coup franc vicieux de Ronaldo bien capté par Valdès.

Petit à petit, le Barça posait son empreinte sur la rencontre. Sanchez, parfaitement lancé par Messi, alertait Casillas, vigilant (61e). Les joueurs du Real commettaient de plus en plus de fautes à l'image de Pepe, averti logiquement pour un tacle sévère sur le génie argentin. Dans la foulée, Kaka offrait un caviar à Ronaldo mais la tête du Lusitanien passait à côté du but catalan. 

Impuissance madrilène

Et Barcelone enfonçait le clou à la 66e à l'issue d'un splendide enchaînement initié par Messi. L'Argentin décalait Alvès sur l'aile droite, et le centre tendu du défenseur latéral brésilien trouvait la tête de Fabregas, plus rapide que les défenseurs adverses pour catapulter le cuir dans les filets locaux (1-3).
Le Real, groggy, se lançait toutefois à l'abordage des côtes catalanes mais il se faisait prendre en contre et le Barça était à deux doigts de corser l'addition. Côté madrilène, seul Benzema se distinguait: le lyonnais mystifiait Puyol et adressait un tir puissant qui frôlait le poteau droit de la cage de Valdès.

Autre satisfaction côté blanc, Kaka: le Brésilien a effectué une bonne rentrée qui pourrait permettre au Real d'avoir d'autres solutions dans les mois à venir, décisifs. Le Brésilien mettait d'ailleurs Valdès à contribution sur une frappe précise dans les dernières minutes. Mais les joueurs de Pep Guardiola ne lâchaient rien et tenaient leur match référence de la saison. Au meilleur moment. La Liga est totalement relancée...

Réactions

Xavi (milieu de terrain du FC Barcelone): "Je crois que nous avons été très supérieurs en dépit du premier but que nous encaissons dès la première minute en raison d'une erreur de notre part. Il s'agissait de rester fidèles à nos principes, et ça nous l'avons fait. Nous ne savons pas jouer d'une autre manière et cela a payé. Maintenant, le championnat est encore long. Il nous reste notamment un match contre le Real au Camp-Nou, mais c'est sûr que la rencontre d'aujourd'hui peut être un virage. Nous repartons d'ici avec un moral gonflé à bloc".
Sergio Ramos (défenseur du Real Madrid): "Il faut féliciter le Barça, qui est une grande équipe. En première période, il nous a manqué un peu de réussite. La précision dans le dernier geste nous a fait défaut, alors qu'eux ont su bien négocier leurs occasions. Mais le championnat ne termine pas avec ce match, il ne faut pas se mettre dans une spirale négative. Nous devons maintenant penser à notre rencontre contre Séville, qui est lui aussi un adversaire compliqué".