Iker Casillas Real Madrid
Le gardien espagnol Iker Casillas | AFP - PIERRE-PHILIPPE MARCOU

Iker Casillas, la légende du Real Madrid, rejoint le FC Porto

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Le Real Madrid a officialisé samedi soir le départ de son capitaine emblématique Iker Casillas. La légende vivante du club merengue, après 25 ans passés au club, rejoint le FC Porto. Son départ ne faisait plus aucun doute après une ultime saison compliquée puisque pris en grippe par une partie du Bernabeu. Le Real Madrid a déjà tourné la page puisqu'il s'est déjà mis d'accord avec son successeur, l'Espagnol David De Gea, le portier de Manchester United. Entre les nouveaux adieux ratés d'un club à une de ses légendes, le désir de prouver qu'il est toujours compétitif, voici les enseignements d'un transfert qui marque la fin d'une époque.

Le Real ne sait pas dire adieu

Après 24 ans au FC Barcelone, Xavi avait eu droit à une cérémonie superbe à l'image de sa carrière en Catalogne. Son grand ami Iker Casillas, lui, n'a pas eu droit au même traitement. Cinq ans jour pour jour après avoir été le premier Espagnol à soulever la Coupe du monde, Casillas s'en va par la petite porte. Une cérémonie lui était bien organisée vendredi par le club, mais le gardien l'a refusé, trop marqué par la période de négociations houleuse entre lui et ses dirigeants. Florentino Pérez est évidemment visé. Le président du Real n'en est pas à son coup d'essai, ce n'est pas la première fois qu'il se brouille avec un de ses glorieux anciens du club. Fernando Hierro, Raul, hier, Casillas aujourd'hui. Vexé de la tournure qu'a pris sa fin de carrière dans un club avec qui il a tout gagné (5 Ligas, 3 Ligues des champions, 2 Coupes du monde des clubs, 2 Coupes du Roi, 4 Supercoupes d'Espagne et 2 Supercoupes de l'UEFA), tout vécu (la gloire, le placard sous Mourinho), Casillas a voulu partir sans dire au revoir à un public qui n'a pas hésité à le siffler en fin de saison dernière. "Le Real Madrid et le FC Porto se sont accordés quant au transfert d'Iker  Casillas  vers le club portugais", expliquait le communiqué qui annonçait le départ du portier. "Pour le Real Madrid, c'est surtout un jour de reconnaissance (...). Il y a dans cet au revoir des millions de sensations et une mémoire chargée d'espoirs,  de sacrifices, d'efforts et de victoires uniques", peut-on y lire encore, mais les mots ne remplacent pas les actes. Après 25 ans d'histoire commune, la relation entre San Iker et le Real Madrid se termine dans la colère et les cris. Un épisode qui donne un peu plus d'eau au moulin de Sergio Ramos, qui est lui aussi sur le départ.

Le tweet de AS

Iker Casillas veut prouver qu'il n'est pas fini

Il aurait pu choisir une destination exotique, où aller gagner beaucoup d'argent en Angleterre et retrouver son ennemi José Mourinho, mais non Iker Casillas a de la fierté. Il a choisi un club qui lui offre la possibilité de rester au plus haut niveau. Le FC Porto va jouer la Ligue des Champions la saison prochaine et ainsi permettre à Casillas de faire gonfler un peu plus ses statistiques et redevenir le joueur avec le plus de match de C1 au compteur. Il s'est arrêté à 150 matches après l'élimination en demi-finale face à la Juventus, son pote Xavi lui est allé jusqu'à 151 avec la finale victorieuse contre la "Vieille Dame". Mais Xavi a décidé de partir au Qatar donc Casillas a le champ libre pour le dépasser. A Porto, il va retrouver une belle colonie espagnole (Iker Lopetegui l'entraîneur, Oliver Torres, Christian Tello), un Français (Giannelli Imbula). Ironie de l'histoire, ce club est réapparu sur la scène européenne en 2004 avec sa victoire en C1. L'entraîneur de l'époque s'appelait José Mourinho, le meilleur ennemi du gardien.

Une page se tourne au Real Madrid

Florentino Pérez, après une saison sans titre, a décidé de tout changer. Exit Carlo Ancelotti, Iker Casillas lui a emboîté le pas. Sergio Ramos pourrait suivre. Angel Di Maria, meilleur joueur de la finale contre l'Atletico Madrid en 2014 était parti un an auparavant. Ces quatre hommes ont été les symboles de la fameuse "Decima" et si Ramos part finalement à Manchester United, les quatre auront quitté le club un an après le sacre sur la scène européenne. Avec l'arrivée de Rafael Benitez, Pérez a décidé de faire prendre un nouveau virage à son club. Un virage dont le visage emblématique est toujours Cristiano Ronaldo. Mais la tournure que prennent les événements ne doit pas trop lui plaire. Il était attaché à Ancelotti, il était proche de Casillas et de Ramos. S'il se retrouvait tout seul, il pourrait lui aussi décider d'aller voir ailleurs et ce départ serait, pour Pérez, beaucoup plus difficile à faire passer auprès des socios. 

Pérez a quand même un coup d'avance

Le dossier Casillas a mis du temps à trouver une issue, mais Florentino Pérez avait déjà prévu le coup. Dire au revoir à une des légendes du club n'était pas évident et l'histoire, notamment pour une histoire de gros sous, s'est mal terminée. Mais maintenant qu'il est débarrassé de cette épine le président du Real Madrid va pouvoir accélérer sur le dossier du successeur. Celui-ci est déjà choisi depuis longtemps et s'appelle David De Gea. Le club madrilène et le gardien des Red Devils sont d'accord depuis longtemps mais le plus dur commence pour Pérez : convaincre Manchester United de lâcher son joueur. Le problème pour le Real est que Manchester United est riche. Très riche. Le club anglais n'a pas besoin d'argent et fait monter les enchères pour l'un des meilleurs gardiens du monde. Dernière rumeur en date : United voudrait Keylor Navas et Sergio Ramos en échange de De Gea. Les négociations ne font que commencer et peuvent durer jusqu'à la fin du mois d'août. En cas d'échec pour De Gea, le Real a un plan B qui s'appelle Kiko Casilla, le portier de l'Espanyol Barcelone.

Casse-tête pour Del Bosque

Vicente Del Bosque a lui aussi été mis à la porte par Pérez. Si quelqu'un est bien placé pour comprendre la rancoeur de Casillas, c'est lui. Pourtant, Del Bosque pourrait se retrouver devant un sacré dilemme. Si Casillas se maintenait au meilleur niveau avec Porto et que De Gea continuait à briller à Manchester United ou au Real Madrid, le sélectionneur espagnol devrait trancher en vue de l'Euro 2016 entre le capitaine historique de la Roja, le pilier de tous les succès de la sélection espagnole et celui qui est appelé à lui succéder. La cohabitation entre les deux hommes pourraient être houleuses puisque leurs relations ne sont pas vraiment amicales.