Edito. Le voisin de palier

Publié le , modifié le

Auteur·e : Julien Lamotte
porte numéro 10

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Depuis 16 ans, il est notre colocataire. On pensait tout connaître de lui et on croyait même qu'il avait signé un bail à vie. Pourtant, il y a peu, il a voulu changer de résidence mais, pour des sombres histoires de clauses, il est toujours là. A coté de nous.

Si le monde du foot tenait dans un immeuble, cet homme logerait dans la suite royale. Et nous, les passionnés, serions tous entassés dans un petit studio sur le même palier d'où, par la lorgnette de la tv ou du net, on suivrait sa vie sportive comme une sorte de Truman Show. 

On sait tout de lui depuis qu'on l'a vu apparaître discrètement en 2004. Bien vite on a compris que ce n'était pas un locataire comme les autres. L'immeuble avait déjà abrité des génies, mais aucun comme lui. Au delà de ses exploits professionnels, son comportement était de plus irréprochable : jamais un mot plus haut que l'autre, pas d'histoires de voisinage, poli, propre sur lui. 

Fade diraient certains contempteurs qui lui préfèrent l'éclat et le panache du voisin juste en dessous, un certain Cristiano Ronaldo. Contrairement à ce dernier,  le héros très discret ne ramène pas des mannequins tous les soirs, ne se balade pas en slip dans les couloirs et ne punaise pas des mots dans le hall pour dire qu'il est le meilleur. Avec son physique d'expert comptable, il passe partout. C'est le "guy next door" et c'est comme ça qu'on l'a toujours connu. 

Porte close

Mais voilà, après une sévère déconvenue avec des Bavarois, notre voisin en a eu marre de sa suite. Selon lui, les fondations n'étaient plus solides, il y avait des fuites et l'édifice menaçait de s'effondrer à tout instant. Bref le logement était devenu impropre à son statut et il se murmurait qu'il avait déjà trouvé un nouveau pied à terre à Manchester... 

Jusqu'ici on ne lui connaissait qu'un seul costume et on l'avait seulement vu avec d'autres rayures quand il découchait pour rejoindre son pays, de l'autre côté du monde. Alors, devant sa motivation évidente de changer d'air, on s'était fait à l'idée de le voir partir. On le comprenait même. Après tout, ici, il avait fini par faire le tour du propriétaire.

Et puis, contre toute attente, il est revenu au bercail. Comme si rien ne s'était passé. Il pensait pourtant que ses indemnités de départ ne l'empêcheraient pas de trouver porte close. Clause toujours ! Alors il a reposé ses valises et s'est réinstallé, au moins pour une année. Une année pendant laquelle on pourra encore passer tous les jours devant sa boîte aux lettres. L'adresse ne sera finalement pas restée poste restante. C'est toujours la même : N°10. Lionel Messi. FC Barcelone. 

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