Ronaldo - Real Madrid
Cristiano Ronaldo (Real Madrid) | AFP - PEDRO ARMESTRE

Clasico : c'est déjà parti !

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La rencontre n'aura lieu que lundi, à 21h, pourtant toute l'Espagne est déjà en émoi en attendant "le match de l'année" entre Barcelone et le Real Madrid. Le reste de la 13e journée de Liga peut attendre, le monde du football n'aura d'yeux que pour le face à face entre Messi et Ronaldo. Et la tension monte entre les deux formations, qui multiplient les déclarations.

La température grimpe en Espagne. Petit à petit, les déclarations par presses interposées font grimper l'attente des supporteurs passionnés. Sollicités de toutes parts par les médias, joueurs et entraîneurs se livrent un match avant le match, en y allant de leurs petites déclarations assassines. Forts de leur quatre succès consécutifs contre Madrid (1-0 et 2-0 la saison dernière, 2-0 et l'humiliant 6-2 en 2008-2009), les Blaugrana ont laissé le soin à leurs adversaires d'ouvrir le bal des provocations. A ce jeu là, Cristiano Ronaldo est presque aussi fort que balle au pied. La langue aiguisée, le verbe vif : "Que le meilleur gagne ! Et le meilleur sera Madrid", a t-il lancé jeudi. On comprend l'ambition du Portugais, meilleur buteur du championnat avec 14 réalisations, qui n'a jamais goûté à la victoire lors d'un clasico. "Ce Madrid est complètement différent de celui de la saison passée, nous n'avons perdu aucun match en championnat ni en Ligue des champions. Nous sommes dans un très bonne période, je crois que nous gagnerons. L'équipe a mûri, il n'y a pas de meilleur jour pour se déplacer au Camp Nou." Et ne le croyez sujet à la panique suite à la démonstration de Barcelone face à Almuria (8-0). "Lundi prochain, ils vont se rendre compte qu’ils ne marqueront pas huit buts à chaque match".

Il est vrai qu'avec Jose Mourinho à sa barre, la Maison Blanche parait plus que jamais capable de réaliser l'exploit. Pourtant, bien qu'habitué à une certaine vantardise, l'ancien technicien de Porto et Chelsea joue plutôt la carte de la sobriété. "Nous avons la responsabilité de montrer au monde une super partie" souligne t-il dans les colonnes du quotidien espagnol AS. Et d'ajouter : "Si ce n'est pas un grand match de football, ce sera de notre faute, à nous les entraîneurs, aux joueurs et aux arbitres". Mais si "Mou" assume sa part de responsabilité sur la qualité du match, il n'oublie pas au passage d'écorner le technicien barcelonais, Josep Guardiola. Estimant que "Pep" n'a fait que copier le style de jeu très appliqué instauré par Johan Cruijff : "C'est important qu'un entraîneur ait une idée claire de ce qu'il recherche : le style de jeu, la manière de travailler quotidiennement. C'est une chose d'admirer quelqu'un, le copier est une autre. C'est bien de s'inspirer des gens qui sont passés par leur club, mais c'est important de conserver sa personnalité". Guardiola appréciera.

Sergio Ramos : "Nous sommes, de loin, la meilleure équipe du monde"

Même son de cloche du côté du défenseur des Merengue, Sergio Ramos : "Nous n'y allons que pour la victoire. Se déplacer avec un autre état d'esprit serait une erreur. Nous sommes, de loin, la meilleure équipe du monde." Le message a le mérite d'être clair. D'autant plus que leurs adversaires semblent avoir un talon d'Achille, selon Cristiano Ronaldo : leur dépendance à Leo Messi : « Le Barça est vulnérable. Il est dépendant de Lionel Messi ». Pourtant avec 51 buts en 54 matchs depuis son arrivée à l'été 2009, le Portugais semblait être tout aussi indispensable aux siens…

Et Barcelone dans tout ça ? Il est vrai que dans ce match des déclarations, Victor Valdès et consorts laissent la place au fair-play. Dans les faits, il est vrai que les provocations sont inutiles pour une équipe double championne d'Espagne et invaincus face à Madrid depuis 2007. «Il n’y a pas de favori dans un clasico, tout peut arriver, avance Javier Mascherano avec cette modestie d'avant-match habituelle chez les footballeurs. Quant aux provocations : "Les provocations ? Quelles provocations ? s'étonne l’Argentin. Moi, ce qui me motive, c’est de jouer pour le Barça, un club avec une histoire et une philosophie unique." Des propos modérés face à la furie madrilène, le match des déclas tourne largement à l'avantage des coéquipiers de Karim Benzema. Le Barça ne perd pas la tête, même face à l'enjeu colossal de la rencontre. Un enjeu tel que les politiques doivent se pencher sur la question. José Luis Zapatero, l'actuel chef du gouvernement espagnol, y va même de son petit pronostic, imaginant les Catalans s'imposer "4-2". Les paris sont pris ?