Barça : Griezmann, le coup de la panne

Publié le , modifié le

Auteur·e : Clément Pons
Antoine Griezmann.

Si le Barça s'est imposé ce mardi soir au Camp Nou face à l'Athletic Bilbao (1-0) et reprend provisoirement trois points d'avance sur le Real Madrid en tête de la Liga, ce n'est pas à Antoine Griezmann qu'il le doit. Le Français, aligné avec Messi et Suarez devant, a une nouvelle fois été transparent. Imprécis sur ses quelques situations de but, il a parfois donné le sentiment d'être boudé par ses partenaires. Sa sortie à la 65e minute est venue conclure cette pâle sortie. Le malaise Griezmann semble de plus en plus pesant en Catalogne...

Les joueurs de Quique Setien ont assuré le minimum syndical ce mardi soir. Il fallait une victoire aux Catalans pour reprendre seuls la tête de la Liga et mettre la pression sur le Real Madrid. Et c'est ce qu'ils ont fait face à l'Athletic Bilbao grâce à Ivan Rakitic (71e, 1-0), unique buteur d'une partie bien triste.

Mais ce qui a davantage attiré le regard des observateurs et agité les réseaux sociaux, c'est la nouvelle prestation décevante du Français Antoine Griezmann. Remplaçant contre Séville (0-0) samedi dernier, il était cette fois bien titulaire pour accompagner le duo Lionel Messi et Luis Suarez. De quoi légitimement donner de l'espoir avec ce retour de la triplette magique, alignée pour la première fois depuis la reprise. Sauf que de magie il n'y a pas eu. Bien au contraire pour le champion du monde...

Sept matchs de championnat sans but ni passe décisive, une première pour "Grizou" depuis 2014

Présent sur le côté gauche du 4-3-3 concocté par Setien, Griezmann n'a jamais pesé dans les débats. Pire, il a semblé chercher continuellement sa place, dézonant beaucoup trop et manquant ses rares opportunités face au but (54e). Et peut-être plus grave : ce sentiment qu'au fil des minutes, ses partenaires ont cessé de le servir... Une impression encore une fois largement soulignée sur les réseaux.

Et si le terrain est une chose, les statistiques ne mentent pas. Huit buts et quatre passes décisives en 29 apparitions en Liga cette saison, 14 buts toutes compétitions confondues en 40 matchs... Oui, le Français traverse bien une sale période, sans doute l'une des plus mauvaises de sa carrière.

Preuve en est, Antoine Griezmann n'a pas marqué ni délivré la moindre passe décisive lors de ses sept dernières apparitions en championnat, une première dans l'élite depuis avril-octobre 2014.

Une idylle catalane très contrariée

"Jouer dans le plus grand club au monde", évoluer aux côtés de Lionel Messi... Les aspirations du champion du monde tricolore à son arrivée au Barça à l'été 2019 sont probablement encore tenaces. Mais sa situation en Catalogne se complique avec cette nouvelle sortie fantomatique.

Il est de notoriété publique que la venue de Griezmann n'a pas forcément fait que des heureux. Les interrogations étaient même nombreuses après le documentaire annonçant sa venue dans le club culé. Un documentaire marketé à la LeBron James du temps de son transfert au Heat de Miami en 2010. Cela n'a pas été apprécié en interne. Certains murmurent même qu'il n'est pas celui qui doit hériter du flambeau de l'Argentin - qui fête ses 33 ans ce mercredi - comme le montant (120 millions d'euros) et l'ampleur médiatique de son transfert auraient pu le laisser croire.

Pourtant sur le terrain, et cela s'est une nouvelle fois vu ce mardi, Griezmann y met de la bonne volonté. Il court beaucoup, décroche, tente d'apporter des solutions dans la profondeur... mais rien n'y fait. Et cela n'est pas que de sa faute.

Face à Bilbao, le jeu stéréotypé du Barça s'est empalé sur la défense centrale basque. Aucun jeu dans la largeur ou presque et très peu de débordements des latéraux. Dès lors compliqué d'exploiter au mieux les qualités du numéro 17, qui sont bien mises en sommeil depuis plusieurs mois maintenant. Au point que certains s'inquiètent déjà pour l'Euro et l'exhorte à changer d'air dès cet été. Sauf énorme coup de bambou, cela n'arrivera pas. Il n'en demeure pas moins que cette idylle catalane, qui n'a d'ailleurs jamais vraiment commencée, est désormais bien contrariée.