Atletico-Real, on n'arrête pas le derby

Atletico-Real, on n'arrête pas le derby

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L'Atletico Madrid et le Real Madrid s'affrontent une fois de plus ce soir. Avec déjà six points de retard au classement, l'Atletico a beaucoup à perdre.

A toi, à moi... A nous deux! L'Atletico Madrid reçoit le Real Madrid ce soir (20h45) en Championnat d'Espagne pour une énième revanche entre les deux voisins, dont l'ultime règlement de comptes remonte à la finale de Ligue des champions en mai. Si la revanche est un lieu commun en football, l'"Atleti" et le Real l'ont élevé au rang des beaux-arts avec 12 derbies en l'espace de deux ans et demi, soit un match environ tous les deux mois ! Entre l'équipe Diego Simeone (3e, 21 pts) et celle de Zinédine Zidane (1re, 27 pts), il y a bien sûr trois points cruciaux en jeu samedi. Mais il y a plus que cela: l'idée d'une querelle à régler, ancienne mais devenue extrêmement vivace.

"Souvent il y a une espèce de haine des uns pour les autres, mais c'est magnifique de voir ce derby, parce que c'est chaud !", a dédramatisé Zidane vendredi en conférence de presse. L'entraîneur français sait néanmoins que les "Colchoneros" auront soif de vengeance pour leur dernier derby en Liga dans l'antique stade Vicente-Calderon, avant d'inaugurer une nouvelle enceinte l'an prochain. Pour l'Atletico, les mois ont passé, mais pas l'amertume d'une deuxième finale de C1 perdue en l'espace de trois saisons, et toujours face au même adversaire: le Real. "Pour moi, cela a été comme une mort", a commenté Simeone en juillet.

Duel d'invaincus

Zidane, lui aussi, garde sans doute un mauvais souvenir de son tout premier derby à la tête du Real, perdu 1-0 sur un but d'Antoine Griezmann en février. A ce jour, l'Atletico reste la dernière équipe à avoir fait mordre la poussière en Liga au Real de Zidane, invaincu par ailleurs depuis 28 matches officiels consécutifs. Et l'"Atleti" n'a plus perdu face à son voisin en Championnat depuis 2013. Bref, ce 214e derby de l'histoire oppose deux séries d'invincibilité. A moins d'un match nul, l'une d'elle prendra fin samedi.

C'est peut-être l'Atletico qui a le plus à perdre: il pourrait se trouver relégué à neuf longueurs du leader merengue en cas de défaite, un gouffre presque insurmontable en Liga. "C'est le genre de matches que tout le monde veut jouer et cela va être un grand soir au Calderon", s'est réjoui l'attaquant français de l'Atletico Kevin Gameiro.

Test pour Zidane ?

Entre ces deux équipes qui se connaissent sur le bout des doigts, plusieurs inconnues subsistent. Griezmann, meilleur buteur de l'Atletico cette saison (8 buts), est-il suffisamment remis d'une récente blessure au pied gauche ? Côté Real, Cristiano Ronaldo, qui n'est plus qu'à deux buts du record d'Alfredo Di Stefano dans le derby madrilène (17 buts), a-t-il rejeté derrière lui son début de saison mitigé ? Sans Toni Kroos (pied), sans Alvaro Morata (cuisse) et sans Casemiro (convalescent), c'est Zidane qui a le plus de travail. Et des incertitudes subsistent autour de Sergio Ramos et Karim Benzema, qui reviennent tout juste de blessure, même s'ils ont réintégré le groupe vendredi.

Ce derby ressemble à un gros test pour "Zizou" (44 ans), qui aborde peut-être la période la plus chargée de sa jeune carrière: à suivre, un match couperet mardi contre le Sporting Portugal en C1, puis le clasico face au FC Barcelone le 3 décembre, puis une probable "finale" de poule en C1 contre Dortmund et enfin le Mondial des clubs mi-décembre. "Un test, pour moi, cela ne veut rien dire. C'est un match comme les autres et c'est du 50-50", a estimé Zidane vendredi.

AFP