Zinédine Zidane Real Madrid
Zinédine Zidane doit faire face à sa première tempête à la tête du Real | AFP - CURTO DE LA TORRE

Après la défaite contre l'Atletico, Zidane doit faire face à la crise

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Le Real Madrid de Zidane a connu sa première défaite. Au pire moment et contre le pire club, chez lui face à son rival madrilène, l’Atletico. Ce revers anéanti les rêves merengue de titre en championnat et pourrait causer des remous au sein de l’effectif puisque Ronaldo, très remonté, a fait une sortie qui a fait du bruit.

Un constat implacable

"Avant que vous me posiez la question, la Liga est terminée. C'est toujours difficile et je l'ai dit hier. Si on perd des points, cela va être difficile". En conférence de presse après la défaite contre l'Atletico, Zidane a devancé les questions des journalistes présents. Il a fait ses comptes et le constat est clair. Dimanche soir, le Real, 3e, pourrait compter 12 points de retard sur le leader, le FC Barcelone, si ce dernier s’impose contre le FC Séville au Camp Nou. Douze points à douze journées de la fin de la Liga, mathématiquement, comme on dit, c’est encore largement jouable. Mais face à une telle machine, le Barca, qui n’a plus perdu plus depuis 33 matches toutes compétitions confondues, Zidane n’y croit plus.

A son arrivée à la tête du club en janvier dernier, il annonçait pourtant vouloir "gagner des titres" avec cette équipe. Après la Coupe du Roi, le Real voit un autre objectif s’envoler. Il reste donc la Ligue des champions où le Real est en bonne position pour se hisser en quarts de finale après son succès à Rome (2-0) en 8e de finale aller. Le Real va donc tout miser sur l’Europe sans pour autant se relâcher en Liga. "Nous n'allons pas balancer la fin de saison quoi qu'il arrive, nous avons des objectifs, des matches à jouer, c'est le discours que je dois avoir", a déclaré le Français.

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La polémique Ronaldo

Pendant que Zidane s’expliquait devant les journalistes, Cristiano Ronaldo est aussi revenu sur cette défaite. En zone mixte, le Portugais était agacé. Par ce revers, le troisième d’affilée contre l’Atletico au Bernabeu, contre lui-même sûrement puisqu’il a raté trois occasions nettes, mais surtout contre ses partenaires, pas à son niveau selon lui. "Vous dites que ‘Cris’ est mal alors que je fais une super saison. Vous dites toujours que je ne suis pas bien. Mais en Ligue des champions, je ne vois personne à ma hauteur donc (vos propos) me contrarient. Si tous étaient à mon niveau, nous serions peut-être premiers". On imagine l’ambiance a Valdebebas, le centre d’entraînement du Real lundi matin. Car si Ronaldo est toujours le joueur le plus décisif du Real (34 buts en 33 matches) – on l’a encore vu en Ligue des champions contre Rome –, il n’est pas non plus irréprochable. Contre les gros en Liga, il n’a pas trouvé le chemin des filets et ce samedi, il a gâché des munitions.

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"Il nous manque Karim (Benzema), Pepe, Marcelo, (Gareth) Bale et c'est difficile. Je ne dis pas que tous ceux qui ont joué (samedi) ne sont pas aussi bons qu'eux, mais on a besoin des meilleurs dans chaque équipe". Zidane a toujours défendu sa star, assurant que "tant qu’(il) serait là, (Ronaldo) ne partira pas". Mais cette sortie pourrait ne pas être très bien vue par le reste du groupe. Qui doit se sentir visé ? James, décevant, au poste où joue habituellement Gareth Bale ? Danilo, qui a suppléé son compatriote Marcelo blessé ? Le jeune Borja Mayoral, 18 ans, qui est rentré à la pause après la rechute de Benzema ? Plus tard, Ronaldo a nuancé ses propos en expliquant qu’il parlait du niveau "physique" de ses partenaires. "Je ne suis pas meilleur que mes coéquipiers", a ajouté le Portugais pour éteindre un incendie qu’il a lui-même allumé. "Je connais très bien ‘Cris’, peut-être qu'il ne s'est pas exprimé de la meilleure des manières", a minimisé le capitaine Sergio Ramos. "Je me sens fier de tous mes équipiers et je crois que ‘Cris’ pense comme moi."

Le fond de jeu

Face à l’Atletico, le Real Madrid a pris le match de la même manière que tous ses précedents matches à domicile. En attaquant et en monopolisant le ballon. Face à des "petites" équipes, La Corogne (5-0), Gijon (5-1), L’Espanyol (6-0), cela suffisait pour coller des volées. Mais contre des Colchoneros, façonnés par Diego Simeone pour défendre et contre-attaquer, les Madrilènes n’ont jamais trouvé la faille. "Je ne sais pas si c'est un problème d'attitude. Je dirais plus de football. Je ne suis pas content du tout du match et je suis encore plus énervé par la défaite et le match que nous avons produit", a analysé Zidane. Il a aussi pointé la maladresse de ses joueurs ("je savais que c'était un match difficile et quand on a des occasions il faut les mettre au fond, rien de plus"), mais également leur manque d’envie.

"Le match d'aujourd'hui se joue plus au niveau mental. Ils ont joué mercredi, ils ont eu peu de temps pour récupérer, mais regarde le match qu'ils ont fait. Il nous a manqué un peu de tout. Nous n'avons pas fait le match que nous avions préparé. Nous ne pouvons pas les laisser rentrer comme ça dans le match, mais nous les avons laissé faire et ils ont été à l'aise". S’il a rendu le sourire à une équipe moribonde sous Benitez, Zidane n’en a pas fait des guerriers, comme Simeone a su le faire avec l’Atletico. Or un derby se gagne avec l’envie. Zidane a pris ses responsabilités et sait pertinemment que le débat sur ses capacités à remettre le Real à l’endroit va repartir de plus belle. "Il peut également y avoir un changement d’entraîneur", a-t-il admis. Au Real, plus qu’ailleurs, l’entraîneur est le premier responsable. Ancelotti et Benitez, avant lui, peuvent en témoigner. "Je dois trouver des solutions pour que cela ne se reproduise pas. C'est ma première défaite à domicile et je ne m'y attendais pas".

Les blessures

La rechute de Karim Benzema est une mauvaise nouvelle pour le Real Madrid. Sans son attaquant qui marque (23 buts en 25 matches) et fluidifie le jeu, le Real a manqué de vitesse. "Je l'ai sorti car il sentait encore des gênes. Il avait un problème aux ischio-jambiers et nous n'avons pas pu prendre de risque. Si nous l'avons remplacé, c'est parce qu'il avait un problème". Benzema avait déclaré forfait le week-end précédent contre Malaga. Samedi à Bernabeu, il a joué 45 minutes et n'a pas pesé sur les débats.

Il a également quitté l’enceinte sous les huées des supporters.

Le Français, Marcelo, Pepe, Bale, ce sont quatre titulaires en puissance qui étaient sur le flan samedi. Ce sont eux qui ont tant manqué selon Ronaldo. "C'est compliqué si tu n'as pas les meilleurs", a lancé CR7. Zidane, lui, ne s’est pas cherché d’excuses. "Le problème n'est pas qu'une question de physique. Nous avons travaillé durant trois semaines sur tous les aspects". Le travail, c’était le mot d’ordre avancé lors de sa prise de fonction début janvier. C’est plus que jamais la voie à suivre pour le Real de Zidane. "L'effet Zidane commence à s'épuiser", a analysé dans un éditorial Alfredo Relano, directeur du quotidien sportif As. L’état de grâce est passé pour le Français, le plus dur commence.

Benoit Jourdain @BenJourd1