Laurent Koscielny
Laurent Koscielny, patron de la défense tricolore | FRANCK FIFE / AFP

Varane-Koscielny, légitime défense

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Impressionnante dans les duels et rassurante lors des temps faibles de l’Equipe de France, la paire formée par Laurent Koscielny et Raphaël Varane a tenu son rang face aux Pays-Bas lundi à Amsterdam. Longtemps pointée du doigt pour ses insuffisances, la charnière tricolore semble avoir définitivement trouvé sa vitesse de croisière.

Alors que Didier Deschamps semble avoir trouvé la juste formule pour faire tourner rond son attaque autour d’Antoine Griezmann, le chantier de la charnière est probablement devenu une interrogation en moins dans l’esprit du sélectionneur. Pointée du doigt avant l’Euro, amputée de son leader proclamé Raphaël Varane pendant la compétition, la défense tricolore n’en finit plus de prendre de l’épaisseur au fur et à mesure des matches. Cinq buts encaissés en sept matches lors de l’Euro, seulement deux dont un sur penalty depuis la rentrée et l’émergence d’un leader que l’on n’attendait pas forcément.

Koscielny, taille patron

15 novembre 2013, Stade Olympique de Kiev. La France prend le bouillon en terres Ukrainiennes lors du match aller des barrages pour la Coupe du Monde 2014. Déjà coupable de la faute amenant le penalty du 2-0, Laurent Koscielny perd son sang-froid dans le temps additionnel et colle une claque à Oleksandr Kucher. Carton rouge pour le défenseur d’Arsenal qui vivra des tribunes la remontée fantastique des Bleus au Stade de France sous l’impulsion de Mamadou Sakho, remplaçant devenu titulaire sur le côté gauche de la défense Française au Brésil.

Considéré comme un bon défenseur mais trop souvent repris par le refrain "penalty/carton rouge" qui lui a longtemps collé à la peau, Koscielny a depuis deux ans franchi un véritable cap sous le maillot d’Arsenal, certains n’hésitant pas à le parer de la liquette de meilleur défenseur de Premier League. Un statut qu’il confirme en Equipe de France. Varane forfait pour l’Euro, Laurent Koscielny a endossé en juin l’habit de patron de la défense, aux côtés d’Adil Rami puis de Samuel Umtiti, et ne l’a pas quitté malgré le retour du Madrilène dans le onze titulaire.

Défense de fer

Déjà propre face à la Bulgarie vendredi, Laurent Koscielny a été irréprochable face aux Bataves lundi à Amsterdam. Impeccable face à l’imposant Vincent Janssen, il a éteint tout départ de feu que ce soit dans les airs (75% de duels aériens gagnés) ou dans les pieds (100% de tacles réussis). Impeccable dans la lecture de jeu (90% de passes réussies) et dans l'anticipation (c’est lui qui récupère le ballon qui amène l’ouverture du score de Pogba), l’ancien Lorientais a livré une prestation très solide, probablement la meilleure en quarante sélections sous le maillot Bleu. Cette main dans la surface non-sifflée par l’arbitre sur une frappe de Janssen (41e) aurait pu le sortir de son match. Mais Laurent Koscielny a montré qu’il a bien chassé ses anciens démons.

Avec un Raphaël Varane lui aussi très solide et proche de son meilleur niveau, le duo Varane-Koscielny semble plus complémentaire que jamais. De quoi donner plus de certitudes à une Equipe de France dans le dur en deuxième période mais qui ne concédera finalement qu’une seule véritable occasion, sauvée par la main ferme d’Hugo Lloris (89e). Avec Samuel Umtiti, Aymeric Laporte ou Kurt Zouma comme solutions alternatives, Didier Deschamps peut voyager l’esprit serein, au moins jusqu’en Russie.

Mathieu Aellen