Mamadou Sakho
Mamadou Sakho - défenseur - 24 ans - club : Liverpool | AFP PHOTO / FRANCK FIFE

Sakho, le come-back du héros ?

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Mamadou Sakho, érigé en sauveur de l'équipe de France après son match héroique contre l'Ukraine fin 2013, avait manqué les derniers rassemblements des Bleus. La faute, principalement, à une cuisse douloureuse, qui l'a handicapé pendant de longs mois. Mais Didier Deschamps n'a pas manqué l'occasion de rappeler celui qui envoya la France en Coupe du Monde au Brésil et qui est aujourd'hui tout proche de son meilleur niveau à Liverpool.

Le tintouin médiatique autour de la première sélection de Nabil Fekir a carrément relégué son retour au second plan. Blessé à la cuisse en septembre dernier, Mamadou Sakho avait dû renoncer - provisoirement - à l'équipe de France, le temps de se refaire une santé. Mais à Liverpool, le coach des Reds ne lui a pas fait de cadeau. En fait, depuis son arrivée chez les "Scousers", il ne lui en a jamais fait. Quelques jours avant sa blessure, le plus jeune capitaine de l'histoire du PSG, non convoqué pour le match du week-end, était entré dans une colère noire, et avait claqué la porte du centre d'entraînement. Pris à partie par les supporters, il s'était alors excusé, promettant de tout faire pour revenir dans leurs bonnes grâces. Pas rancunier, Rodgers lui en a donné l'occasion dès son retour de l'infirmerie, en décembre 2014. Pour tout dire, le coach des Reds n'avait pas vraiment le choix. 

A Liverpool, Sakho a su se rendre indispensable

Les chiffres sont éloquents : cette saison, lorsque l'ancien Parisien figure dans le onze de départ (13 fois en 2014/2015 sur 29 journées), Liverpool engrange en moyenne 2.08 points par rencontre. Mieux : le retour en forme de "Mamad'" coïncide totalement avec la bonne passe des Reds, à la traîne fin 2014, et aujourd'hui dans la course pour glaner une place qualificative pour la Ligue des Champions. Brendan Rodgers, pas le dernier lorsqu'il s'agit de pousser des gueulantes, est obligé d'approuver :"Il est constant désormais. Il a encore des progrès à faire, mais vous pouvez voir qu’il est très impliqué. C’est un vrai guerrier, il est fort et il joue très bien".

Pour autant, l'international français doit aussi sa bonne passe à la flexiblité tactique de son coach, qu a réadapté son dispositif après une très médiocre première partie de saison. Les "Merseysiders" évoluent désormais avec une défense à trois, qui permet à Sakho de s'investir toujours autant dans les duels, pendant que ses deux compères guettent d'éventuelles sautes de concentrations, sempiternelles faiblesses de ce joueur au physique angoissant pour les attaquants. 

Après l'annonce de la liste des joueurs convoqués pour les matches face au Brésil et au Danemark, certains s'étaient montrés dubitatifs au sujet de la sélection de celui que Noël Le Graet surnomme "Zorro". Didier Deschamps avait répondu :"Mamadou a été blessé, mais il est revenu et depuis il est de nouveau compétitif. Le plus important, c’est le potentiel du joueur". Les sceptiques devraient être rassurés. Car, qui mieux que l'ancien entraîneur marseillais sait maximaliser le rendement de ses poulains ? 

Jean Charbon