Mondial journaux prétextes
La presse se régale | AFP

Quotas: la polémique prend un tour plus explicatif

Publié le , modifié le

Les médias français -journaux, sites internet- sont revenus ces dernières heures sur la polémique qui agite la FFF depuis les révélations du site Mediapart jeudi dernier. Les commentaires virulents du début ont enfin cédé la place aux explications plus fournies.

Le site lemonde.fr en profite pour faire un récapitulatif de "l'affaire" jour par jour, des premières révélations de Mediapart à l'ampleur politique prise en passant par la suspension provisoire du DTN François Blaquart. La conclusion de l'article se veut prudente. "D'ici huit jours, les conclusions des deux commissions d'enquête devraient apporter de l'eau au moulin et peut-être entraîner de nouvelles sanctions".

Le site le figaro.fr met en avant les réactions d'officiels (Chantal Jouanno) ou d'acteurs du monde du football (Lilian Thuram) en insistant sur le fait que la Ligue 1 fait corps derrière la Fédération. Le site rappelle aussi que Laurent Blanc a présenté ses excuses sans renier les propos tenus lors de la fameuse réunion du 8 novembre. "faut être de mauvaise foi pour ne pas voir que le débat auquel j’ai participé n’avait évidemment pas pour objectif de «diminuer le nombre de noirs et d’arabes dans le football français» comme voulait le laisser entendre le titre outrancier de l’article, mais uniquement d’envisager le futur du football français et donc d’aborder, par voie de conséquence, le lourd et délicat problème des joueurs à double nationalité ainsi que les modalités de détection/sélection pour un nouveau projet de jeu".

Sur sa page sports, liberation.fr choisit de laisser en Une la stratégie de recrutement de deux clubs phares du football français, l'OM et l'OL, en donnant la parole aux acteurs comme Jean-Claude Dassier, le président du club phocéen: "C'est pathétique de connerie. Un Everest de sottise ! Il ne faut rien connaître au foot pour citer l'OM dans un papier comme celui-là. Il suffit de venir voir nos jeunes pour comprendre qu'on est très loin de ça. Demandez à Henri Stambouli, qui dirige notre centre de formation. Il n'a jamais reçu de consigne et il n'applique pas de quotas". Le site le parisien.fr couvre également très bien l'affaire en donnant notamment la parole à Laurent Blanc, très affecté par les accusations portées contre lui, et met en avant un diaporama original sur "ces Bleus qui auraient pu jouer ailleurs", Zinedine Zidane, Marcel Desailly, Claude Makelele…etc. 

Blanc plutôt soutenu, la DTN visée

Sur eurosport.fr, l'accent est mis sur l'explication de la double nationalité, une vraie question qui mérite davantage qu'un échange "d'amabilités". Les propos d'Alou Diarra, tenus dimanche sur le plateau de l'émission Canal Football Club, sont également mis en exergue: "Je n'ai pas eu la tentation de jouer pour le Mali. J'ai été sollicité par la sélection malienne. Je ne me suis jamais posé beaucoup de questions à ce sujet. Mais l'équipe de France A est une sélection très difficile à obtenir et je peux comprendre que certains joueurs réfléchissent. L'équipe de France, c'est un long chemin. Aujourd'hui, les sélections africaines sont mieux organisées et arrivent à convaincre des joueurs d'origines africaines". Le Bordelais, à qui Laurent Blanc a confié le brassard de capitaine des Bleus, défend son ancien entraîneur chez les Girondins. "En 1998, on a fait beaucoup pour le foot et pour l'intégration. Quand je vois que certains piétinent tout ça et font passer Laurent Blanc pour un raciste, je trouve cela scandaleux."

L'Equipe, cependant, pose la question d'un double langage du sélectionneur national qui est revenu sur ses propos initiaux. "Je n'ai jamais entendu parler d'un projet de quotas", avait confié Laurent Blanc dans un premier temps. Avant de dévier un peu ensuite: "J'y suis tout à fait favorable" a-t-il ainsi répondu "à l'idée d'Erick Mombaerts, le sélectionneur des Espoirs, de limiter le nombre de gamins qui peuvent changer de nationalité". Le quotidien du sport insiste sur le fait qu'il s'agit d'un vrai-faux débat, "les joueurs exceptionnels comme Benzema et Nasri choisissant toujours de jouer pour la France". Enfin, L'Equipe revient sur les soubresauts qui touchent la FFF et principalement la DTN où les postes sont convoités par beaucoup de gens. Le journal éclaire ainsi la personne de Francis Smerecki, "l'homme qui a dit non" dès le début sur le projet éventuel de quotas.