Qualifications Euro 2022 féminin : Malgré les absentes, les Bleues s'imposent sans trembler en Serbie

Publié le , modifié le

Auteur·e : Clément Pons
Eugénie Le Sommer et Amel Majri.

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Six mois après son dernier match contre les Pays-Bas, l'équipe de France féminine n'a pas manqué son retour à la compétition ce vendredi face à la Serbie (2-0) pour son troisième match de qualifications à l'Euro 2022. Malgré les nombreuses absentes de taille, les joueuses de Corinne Diacre ont fait respecter leur rang au Gradski stadion. Deux buts en première période leur ont permis de vite prendre les devants avant de contrôler les débats par la suite. Prochain rendez-vous dès mardi à Sköpje pour les coéquipières d'Eugénie Le Sommer afin d'affronter la Macédoine du Nord.

11 mars 2020. Après un match de haute volée à Valenciennes contre les Pays-Bas dans un stade du Hainaut déjà à huis-clos (3-3), les joueuses de l'équipe de France féminine remportent le tournoi de France. La dernière sortie officielle des Bleues jusqu'à ce vendredi face à la Serbie, pour le compte des éliminatoires de l'Euro 2022 (2-0).

À Subotica, au nord de Belgrade, les joueuses de Corinne Diacre retrouvaient la sélection après six long mois d'attente et d'incertitude, qui a vu l'Euro être reporté d'un an en raison de la crise sanitaire liée au Covid-19. Sans plusieurs de leurs cadres (Renard, Henry, Geyoro, Tounkara, MbockBouhaddi), elles ont toutefois assumé leur statut avec deux buts en première période, dont un d'Amel Majri. Si l'addition n'est pas aussi lourde que début novembre 2019 (victoire 6-0), les Françaises ont eu le mérite de se rassurer physiquement et font le plein de confiance dans leur groupe F (trois matchs, trois victoires).

Le match : rayonnantes puis ronronnantes, des Bleues aux deux visages face à la Serbie

Avec pas moins de neuf attaquantes sélectionnées dans sa liste pour les matchs contre la Serbie et la Macédoine du Nord, Corinne Diacre avait laissé filtrer le message : pour son retour à la compétition, l’équipe de France sera offensive. Le 4-3-3 aligné au coup d’envoi était donc, sans surprise, tourné vers l’avant : Le Sommer, Cascarino, Majri, Diani, Katoto… De quoi donner des frissons à la défense serbe.

Et il n’a pas fallu longtemps pour faire craquer les joueuses de Predrag Grozdanovic. Dès la 5e minute, le gros travail de Diani sur la gauche est récompensé. La Parisienne trouve Katoto en embuscade dans la surface. Elle dévie légèrement le ballon, la portière serbe Kostic manque son intervention et se fait lober avant de repousser le cuir sur les talons de Frajtovic qui marque contre son camp (1-0, 5e). Trois minutes plus tard, Cascarino réalise un superbe débordement sur le côté droit et dépose un centre parfait au deuxième poteau vers Le Sommer. La Lyonnaise reprend le ballon de volée de l’intérieur du pied mais ne cadre pas (8e). Une énorme occasion qui sera pratiquement la seule pour la joueuse la plus capée (171 sélections) côté tricolore. Et qui, surtout, aurait pu lui permettre de rejoindre Marinette Pichon en tête des meilleures buteuses de l’histoire de l’équipe de France (80 buts contre 81 pour Pichon).

Au quart d'heure de jeu, sur un nouveau numéro de Cascarino côté droit qui parvient à centrer, Majri est trop courte de la tête mais le cuir lui revient dans les pieds avec un peu de chance et elle n’a plus qu’à conclure du gauche (2-0, 15e). Un adversaire qui décidément réussit bien à la Lyonnaise après son triplé en novembre 2019. Les Françaises gèrent ensuite leur avance et auraient même pu se mettre à l'abri avant la pause sans les bons arrêts de la portière adverse.

Au retour des vestiaires, les Serbes reviennent avec d'autres intentions et mettent plus d'impact physique. À l'inverse, le jeu parfois flamboyant vers l'avant des Tricolores se délite et laisse place à un déchet technique plus prononcé. Les incompréhensions, notamment à la relance avec une charnière expérimentale Cascarino - De Almeida, se multiplient. Mais les Bleues tiennent bon. En fin de match, il s'en faut de peu pour que Karchaoui, dont la frappe du droit vient heurter la barre (83e), ou Malard, à deux doigts d'inscrire un but de la tête pour sa première sélection en équipe de France (86e), ne viennent alourdir la marque.

D'abord rayonnantes, ensuite beaucoup plus ronronnantes, les joueuses de Corinne Diacre retiendront surtout la victoire pour leur retour. "On a manqué effectivement d'automatismes, c'était très clair", remarquait-elle après le match. "On est contentes parce qu'on était venues chercher les trois points et c'est chose faite. On savait que ce ne serait pas facile." Ses joueuses savent que le chemin jusqu'en Angleterre pour l'Euro 2022 est encore long.

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La joueuse : Delphine Cascarino leur a tout fait

Ce vendredi, Delphine Cascarino a été impressionnante. Déjà très en vue lors de la campagne gagnante en Ligue des champions avec l'OL, la Lyonnaise a su faire parler sa capacité d'accélération et sa force de percussion. Outre l'offrande non convertie par Le Sommer (8e), sa percée à la 37e minute et son centre fort vers Diani a bien failli faire mouche. Comme sa grosse occasion juste avant la pause, quand elle parvient à rentrer dans la surface serbe, élimine trois joueuses adverses avec sa pointe de vitesse et place une belle frappe croisée qui nécessite un arrêt de handballeuse de Kostic (43e).

Sa 26e sélection avec les Bleues avait, il est vrai, quelque chose de spécial puisque sa sœur jumelle Estelle, appelée en remplacement de Wendie Renard, était également alignée sur le pré au coup d'envoi. Un joli clin d'oeil que la numéro 20 tricolore aurait bien aimé grossir avec un but. Mais à l'image de ses coéquipières, elle est devenue beaucoup plus discrète dans le deuxième acte.

Equipe de France de football