Blanc portrait 042011
Laurent Blanc | AFP - PATRICK BERNARD

Médiapart remet la pression avant l'audition de Blanc

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Alors que les conclusions des enquêtes fédérales et ministérielles seront rendues la semaine prochaine après l'ultime audition de Laurent Blanc, le sélectionneur, le site Médiapart, qui a dévoilé le scandale, publie un document faisant apparaitre les jeunes joueurs "susceptibles à tout moment d'opter pour une autre nation sportive". François Blaquart, DTN suspendu à titre conservatoire depuis la semaine dernière, serait à l'origine de ce graphique.

C'est une preuve de plus. Mais elle n'ajoute pas grand-chose au débat. Alors que les querelles médiatiques se portaient de plus en plus sur une opposition enter membres de France 98, entre défenseurs de Laurent Blanc et fossoyeurs, Médiapart a choisi de relancer le débat en dévoilant une nouvelle pièce au dossier. Le site internet a publié un graphique que François Blaquart, le DTN, aurait brandi "ces dernières semaines en interne" pour "convaincre la Fédération de l'ampleur du problème (des bi-nationaux), et la nécessité de prévenir un futur exode sportif en instaurant des quotas discriminatoires dès l'âge de 12 ans, à l'entrée des pôles Espoirs". Si cet élément est une preuve de plus que le DTN (et peut-être d'autres personnes) étudiait sérieusement cette idée de quotas, elle n'ajoute rien de plus au débat. Tout juste y voit-on le fait que le DTN préparait ses arguments en amont et tentait de rallier à sa cause les autres décideurs, ce qu'avait déjà signifié implicitement Mohammed Balkacemi en enregistrant cette fameuse réunion après avoir déjà entendu ce genre de propos précédemment. Interrogé par le site d'information à la veille de la première publication de cette réunion du 8 novembre, François Blaquart aurait déclaré: "On a réellement mis les joueurs qui peuvent être attirés, sentimentalement, affectivement, par la nation dont un membre de leur famille est issu." Et de préciser sa méthode d'analyse, toujours selon Médiapart: "Mais enfin, c'est pas dur à savoir! C'est lié au nom, par exemple. Et puis il y a aussi le vécu des joueurs". Une dernière phrase qui sous-entendrait la religion respective des hommes, selon le site internet. Ces informations n'ont pas vraiment ému Chantal Jouanno, ministre des Sports: "Le graphique, c'est un secret de polichinelle, le graphique ce n'est pas le problème, qu'on essaye de définir le nombre de binationaux n'est pas un délit, mais le problème c'est l'exploitation qu'on peut en faire et l'éventuelle instauration de quotas. Une direction technique nationale doit sélectionner les meilleurs joueurs sur des critères physiques et mentaux et pas sur d'autres critères."

Ces nouvelles révélations tombent à point pour relancer l'affaire alors que Laurent Blanc, le sélectionneur pris largement dans cette tourmente, devrait être entendu par la commission d'enquête de la Fédération française et par celle du ministère des Sports, dans le week-end. De retour d'Italie où il a préféré s'isoler pour prendre du recul, il va revenir alors que se sont déchaînés depuis quelques jours ses anciens coéquipiers. Premier à monter au créneau notamment à l'encontre du sélectionneur, Lilian Thuram, avec qui il s'est entretenu au téléphone, a été suivi notamment par Bernard Lama ou Patrick Vieira, tandis que Christophe Dugarry a pris la défense du sélectionneur en compagnie de Marcel Desailly ou Aimé Jacquet. Pour ces derniers, le risque de voir le "Président" démissionner, car très affecté par ces attaques, serait grand. Le ministère des Sports a d'ailleurs indiqué, après un entretien entre Laurent Blanc et Chantal Jouanno, que l'homme était "meurtri par les propos tenus à son égard", mais qu'il "semble aborder l'audition sereinement". Emmanuel Petit, consultant France Télévisions, avait cette phrase sur RTL: "Je pense qu'il a une forte personnalité mais je crois que cette affaire-là ne laissera ni Laurent Blanc, ni tous les gens qui ont participé sortir indemnes de cette histoire".

Fin de l'affaire la semaine prochaine ?

Alors que les auditions touchent à leurs fins - seul Laurent Blanc, en Italie, n'y a toujours pas participé - les commissions d'enquête, tant fédérale que ministérielle, devraient permettre aux décideurs de tirer les conclusions. Un conseil fédéral extraordinaire se tiendra à cet effet jeudi prochain, alors que Chantal Jouanno, la ministre des Sports, rendra personnellement les conclusions de ces trois inspecteurs lundi après-midi. Elle dira donc s'il y a matière ou pas à saisir le procureur. Ces conclusions marqueront-elles pour autant la fin de ce scandale ? Le retour du sélectionneur dans l'Hexagone pour y être entendu sera-t-il l'ultime épisode de ce feuilleton ou le premier d'une nouvelle série si l'ancien entraîneur des Girondins de Bordeaux venait à montrer toute sa lassitude en quittant son poste, comme le craignent certains ?