Lloris et Mandanda
Steve Mandanda et Hugo Lloris. | AFP

Lloris-Mandanda : Gardien, poste ingrat

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Pourtant dans une forme éblouissante depuis le début de la saison, Hugo Lloris et Steve Mandanda ont été tour à tour, et injustement, la cible des critiques. En cause, les très rares "bourdes" commises ici et là. Mais combien d'erreurs perpétrées par leurs défenseurs rattrapent-ils ? Combien de situations desespérées sauvent-ils ? Gardien de but, poste ingrat du football moderne.

Le football est injuste. Il est capable, en un clin d'oeil, d'ériger un joueur en véritable héros, et l'instant d'après, de le réexpédier au rang de paria. Si tous les "footeux" peuvent subir la dure loi du ballon rond, force est de constater que les joueurs les plus exposés à cette règle dichotomique sont ceux qui évoluent aux postes les plus décisifs : les attaquants et les gardiens de buts. Hugo Lloris et Steve Mandanda, logiquement appelés avec l'équipe de France pour affronter l'Australie et la Finlande, apprennent actuellement que les médias et les supporters peuvent avoir la mémoire courte. Car en dépit de leurs exploits à répétition, les deux meilleurs gardiens français sont régulièrement pointés du doigt. C'est sans doute plus vrai actuellement pour Steve Mandanda, mais Hugo Lloris, à l'issue de son match raté contre la Biélorussie, a aussi essuyé son lot de critiques.  

Mandanda, deux "erreurs" en trompe l'oeil 

Avant le "Top Spiel" ("grand match" en allemand) qui voyait s'opposer Marseille et Dortmund et le "Classique" OM-PSG, nombreux étaient ceux qui louaient le début de saison du gardien marseillais. Auteur d'une multitude de parades de grande classe face à Saint-Etienne (2-1), Lorient (2-0), Toulouse (1-1) ou encore Bastia (0-0), Steve Mandanda n'était pas loin de réaliser son meilleur début de saison sous les couleurs marseillaises, et n'était pas loin de mettre tout le monde d'accord. Subjugué par les prestations de son gardien, Elie Baup, l'entraîneur marseillais, est même allé jusqu'à dire en septembre dernier que Mandanda était le meilleur gardien de Ligue 1. Peut-être le pense t-il toujours, mais au lendemain des défaites essuyées contre Dortmund (0-3) et le PSG (1-2), ça n'a plus été le cas de tout le monde. Contre le récent finaliste de la Ligue des Champions, il encaisse un deuxième but qui lui est en grande majorité imputé, quand, scotché sur sa ligne, il n'esquisse pas le moindre geste sur une frappe lointaine de Reus. Le lendemain, les termes "bourdes", "erreurs", "boulettes" sont régulièrement cités pour qualifier sa prestation. Et ce, même s'il signait des parades somptueuses sur deux missiles de Reus (6e, 40e), et deux arrêts du pied gauche face à Lewandowski, dont un à bout portant (22e), qui empêchait l'OM de repartir avec six "pions" dans la besace. Vous avez dit injuste ?. Quant au match contre le PSG, sur le premier but de Maxwell, Mandanda appréciait mal la trajectoire du ballon et ratait sa sortie. Question : mais où étaient N'Koulou et Fanni ? Réponse : aux abois. Conclusion : le gardien est toujours responsable, même quand il ne l'est qu'en partie . 

Lloris : deux "bourdes" contre la Biélorussie, et après ? 

Les critiques qui fustigent Hugo Lloris sont sans doute encore moins légitimes. Coupable de deux erreurs contre la Biélorussie en septembre dernier, (4-2), le portier des Bleus a littéralement été détruit dans la presse. Au lendemain de sa prestation, alors qu'il confiait avoir contracté une gastro-entérite dans les jours qui précédaient la rencontre face au Belarus, d'aucuns interprétaient les explications du gardien tricolore comme une excuse pour justifier sa performance calamiteuse. Alors l'alternative Steve Mandanda, lui même descendu deux semaines dans la presse plus tard, venait sur le tapis : et si le gardien marseillais méritait une place de N°1 en équipe de France ? Fallait t-il remettre en cause la hiérarchie des remparts de l'équipe de France ? Certainement pas. Mis à part cette rencontre contre les Bielorusses, Hugo Lloris a toujours été irréprochable en équipe de France. Au contraire de Steve Mandanda, qui n'a pas toujours assuré. 

A Tottenham, à l'issue de la cinquième journée de la Premier League, il n'avait pris qu'un but. Mais ce genre de statistique ne suscite pas grand intérêt. Car le poste de gardien de but est ingrat : les exploits passent, et les erreurs restent.  

Jean Charbon