Equipe de France Clairefontaine
Mathieu Debuchy, Nabil Fékir et Yohan Cabaye devant leurs coéquipiers en équipe de France | AFP - FRANCK FIFE

Les Bleus font leur rentrée

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Le Portugal et la Serbie sont au menu de cette rentrée internationale pour Didier Deschamps et les Bleus. Après un premier semestre 2015 décevant, l’Equipe de France se doit de réagir pour entamer sur de bonnes bases une saison qui doit la mener jusqu’à l’Euro 2016.

Pleine de promesse depuis une Coupe du Monde Brésilienne aux motifs plus qu’encourageants, l’Equipe de France sombre petit à petit depuis le début de l’année. Une défaite face au Brésil au Stade de France puis une victoire contre le Danemark au printemps, avant le rassemblement pré-vacances de juin dernier, conclut par deux défaites face à la Belgique et l’Albanie. Deux défaites de rang, les Bleus ne nous avaient plus habitués à ça. Deux ans maintenant que Didier Deschamps et ses joueurs n’avaient plus connu pareille mésaventure. C’était à l’été 2013, soit un an avant la Coupe du Monde.

"Un esprit de revanche"

La situation semble à peu près similaire aujourd’hui, à un an de l'Euro. Dans un tel contexte, affronter les Portugais sur leur sol n'est pas sans risque et une nouvelle contre-performance accentuerait forcément l'inquiétude autour des troupes de Didier Deschamps, retombées à une peu glorieuse 24e place au classement FIFA. Blaise Matuidi parle d’un « esprit de revanche » à propos de cette rentrée internationale. On a à cœur de redémarrer positivement, faire à nouveau des bonnes performances. On a envie de bien faire, de retrouver la victoire. Ça passe par un état d'esprit irréprochable, un travail de la part de chacun. On doit tous se remettre en question." a confié le milieu de terrain parisien.

L'état d'urgence est donc déjà décrété et une petite pression accompagnera les Bleus au stade Alvalade, un avant-goût de ce qui les attend au cours des prochains mois. L'enjeu est simple : démontrer que cette équipe n'a pas perdu tous ses moyens depuis mars et a la capacité de jouer d'égal à égal avec les principales puissances du continent, comme elle avait su si bien le faire en 2014 en dominant l'Espagne (1-0) et le Portugal (2-1) juste après avoir atteint les quarts de finale du Mondial.

Plus d’excuses

Le déplacement à Lisbonne est d'ailleurs le premier d'une série de tests grandeur nature sur le chemin de l'Euro puisque suivront notamment des rencontres de prestige contre l'Allemagne (le 13 novembre),  l'Angleterre (le 17 novembre) et les Pays-Bas (le 25 mars 2016). Les Bleus seront soumis à rude épreuve et il faudra des joueurs en mode "compétition", loin de la nonchalance et de la faible implication qui ont marqué les matches de juin, programmées juste après la clôture des championnats et la finale de la Ligue des champions. L'excuse de la proximité des vacances ne tiendra plus cette fois et Deschamps pourra évaluer ce que ses joueurs ont vraiment dans le ventre. Face à Ronaldo et sa bande, aucun relâchement ne sera toléré. La nécessité de rebondir après trois échecs fâcheux n'empêche toutefois pas le sélectionneur des Bleus de tracer sa route et de rester fidèle à sa feuille de route. Si les essais de joueurs se font a minima et que le sélectionneur reste d'une loyauté sans faille vis-à-vis des "mondialistes", il n'en compte pas moins procéder à quelques innovations tactiques, histoire d'avoir plusieurs cordes à son arc à l'Euro.

Deux pointes ?

Deschamps a ainsi expérimenté un système à deux pointes mercredi à l'entraînement et semble prêt à associer Nabil Fekir ou Antoine Griezmann à son attaquant numéro 1 Karim Benzema, derrière un milieu composé de Yohan Cabaye, Blaise Matuidi, Moussa Sissoko et Paul Pogba, dans une position plus avancée comme à la Juventus Turin. Preuve que l'animation offensive est encore en chantier et que Deschamps  n'a pas trouvé la formule parfaite.

Le 4-3-3 de la Coupe du Monde a montré ses limites ces dernières semaines avec notamment un Griezmann, positionné comme un attaquant à l'Atletico Madrid, guère à l'aise sur le côté gauche en sélection. Il est également temps de voir ce que vaut Fekir au plus haut niveau  international après ses prestations taille patron de ce début de saison. Il faudra sans doute patienter en revanche pour voir à l'œuvre d'entrée Anthony Martial, l'homme qui vaut 80 millions d'euros. Le nouvel attaquant de Manchester United ne devrait pas être titularisé par Didier Deschamps mais il pourrait connaître en cours de jeu l'apothéose de sa folle semaine avec une première cape en équipe de France à 19 ans.