Brésil - France
Le Brésilien Neymar surveillé par Debuchy | AFP - LUCAS UEBEL

Le Brésil corrige les Bleus sans éclat

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Après six confrontations sans défaite contre cette nation, l'équipe de France a été vaincue par le Brésil (3-0) à Porto Alegre en match amical. La Seleçao, sans être brillante ni convaincante, a dominé le match, marquant par Oscar (54e), Hernanes (85e), Lucas (s.p. 90e+3). Les hommes de Didier Deschamps ont encore montré de grosses carences dans leur animation offensive, Benzema poursuivant son silence devant le but en Bleu. Et la France n'a toujours pas gagné au Brésil dans son histoire.

L'affiche était séduisante, les deux premières minutes aussi. A peine 30" de jeu, et sur son premier ballon, Hugo Lloris subissait un pressing de son ancien coéquipier, Fred. Il le dribblait mais ne parvenait pas à faire de même sur Neymar, qui récupérait le ballon à l'entrée de la surface française. Le portier se lançait dans un tacle périlleux, mais victorieux pour repousser le danger. Une minute après, Oscar centrait depuis le flanc droit, et Fred coupait la trajectoire au premier poteau, envoyant le ballon à côté du but tricolore.

Un Brésil en manque de collectif et de confiance

Le ton était donné, on l'imaginait digne des plus grandes heures de la Seleçao, avec des techniciens hors norme comme Neymar, Oscar, Luiz Gustavo, Paulinho... Mais le Brésil n'est plus l'astre dans le monde du football. Luiz Felipe Scolari, revenu aux affaires pour éviter un drame national dans un an lors de la Coupe du monde, n'a mené son équipe qu'à une victoire lors de ses 8 derniers matches. Et cela s'est vu. Malgré leur talent, les Brésiliens ont bien du mal à trouver un collectif. Contre une équipe tricolore en place mais sans génie offensif, les Auriverde ont buté devant la surface de réparation. Les tentatives de Hulk, Neymar ou Fred se sont avérées improductives par maladresse (coup franc de Neymar dans le mur à la 17e, Hulk à la 20e, Fred à la 42e) ou grâce au bon placement, notamment de Sakho très dynamique pour repousser les centres (28e, 34e, 43e). Sur un centre-tir de Marcelo, Neymar était trop court pour le tacler au deuxième poteau (45e), comme il l'avait déjà été à la 31e minute.

A la pause, le constat était simple: la défense tricolore tenait bon, mais les mouvements offensifs étaient toujours aussi pauvres. Benzema, toujours aussi isolé à la pointé, n'avait touché qu'un ballon dans la surface adverse sur les 17 joués. Cabaye hors jeu (10e), Matuidi marchant sur le ballon à l'entrée de la surface (12e), Guilavogui qui ne trouve pas le cadre sur un coup franc de Valbuena (15e) ou le cadre sur un beau tir (38e), voilà tout en 45 minutes. Tout ceci explique aussi les sifflets tombant des tribunes du stade de Porto Alegre, de la part d'un public qui rêve de pouvoir ambitionner un 6e sacre mondial.

Des Bleus sans solution offensive

Après la pause, cela redémarrait sur un bon tempo. Hulk, bien décalé, voyait son tir du gauche finir dans le petit filet extérieur de Lloris, ce que faisait également Cabaye sur un bon tir (47e). Payet ne cadrait pas son tir du gauche (49e). Et sur une récupération du ballon à 40m suite à une charge non sanctionnée de Luiz Gustavo sur Valbuena, Fred débordait et centrait à ras de terre pour Oscar qui se permettait de contrôler pour placer son pied gauche au fond des filets (54e), s'étant merveilleusement placé entre Rami et Sakho dans l'axe (1-0). Deux minutes après, le joueur de Chelsea était tout près de doubler la mise en coupant un centre de Hulk, sans cadrer. Puis, Marcelo adressait un tir bien capté par Lloris (58e), avant qu'un centre de Valbuena soit à deux doigts de conduire à l'égalisation, David Luiz contrant le ballon vers son but, mais Julio Cesar repoussait du poing (59e). Sur un corner de Payet, Mathieu, Guilavogui et Sakho voyaient successivement le ballon leur passer devant le nez (62e). La plus grosse situation pour la France était passée en cette 2e période.

Deux défaites et des doutes

Fred alertait ensuite Lloris sur une reprise, lequel devait s'y prendre à deux fois pour capter le ballon devant Neymar (66e). Malgré les changements opérés dans les 20 dernières minutes, Didier Deschamps ne parvenait pas à redonner de l'allant à ses troupes. Cantonnée dans son camp, l'équipe de France ne faisait que courir, que subir. Pour conserver le ballon et le faire vivre, les Brésiliens demeurent une référence. Et sur un contre, pas vraiment bien mené mais en telle supériorité numérique, Neymar remettait en retrait pour Hernanes dont la frappe du gauche, aidée par le poteau, finissait dans le but tricolore (85e). Et sur une chevauchée de Marcelo, Debuchy fauchait le latéral du Real pour un penalty, transformé par Lucas (90e+3).

Vainqueurs, les Brésiliens n'ont certainement pas levé les doutes d'un pays, loin d'être convaincu d'une sixième couronne mondiale, dans un peu plus d'un an à domicile. Mais ils ont au moins gagné, et largement, juste avant la Coupe des Confédérations, qu'ils débuteront contre le Japon samedi prochain. Pour Didier Deschamps, les doutes entourant l'attaque, et notamment Benzema toujours aphone après 1082 minutes, restent omniprésents après cette mini-tournée sud-américaine ponctuée par deux défaites et un jeu peu reluisant. Cela faisait cinq ans que la France n'avait pas encaissé trois buts (en Autriche en septembre 2008). Le Brésil, c'est décidément encore très loin pour l'équipe de France.

Réactions

Didier Deschamps (sélectionneur de l'équipe de France): "On prend deux buts à la fin mais on a  fait des choses intéressantes en première période et le premier quart d'heure.  Après, ça a été plus laborieux. Affronter le Brésil ici ça permet de toucher du  doigt le niveau international. C'est une équipe qui a énormément de qualités et  qui est en compétition parce qu'elle prépare la Coupe des Confédérations. La  réalité est là, le Brésil nous est supérieur. Il y a du chemin à faire. Il  faudra faire l'analyse mais il y a eu aussi des choses positives. J'avais joué  le Brésil en 1992 et j'avais perdu 2-0. Je m'étais dit: +C'est qui ces joueurs  ? Ils viennent d'une autre planète+. Six ans après, on avait réussi à renverser  la tendance. Mais c'est une équipe qui nous est supérieure."