Bleus Abidal Valbuena Benzema
Ce soir, Abidal, Valbuena et Benzema tenteront de renouer avec la victoire. | AFP - FRANCK FIFE

La France gagne à Wembley

Publié le , modifié le

Onze ans après le doublé d'Anelka, l'équipe de France s'est de nouveau imposé à Wembley (2-1) face à l'Angleterre en match amical. Deux buts signés Karim Benzema (16e après un une deux avec Florent Malouda) et Mathieu Valbuena (d'une belle reprise de volée sur un centre de Bakary Sagna) ont fait la différence avant que Peter Crouch ne sauve l'honneur en fin de match pour des Anglais plutôt décevants.

Avec ce 4e succès d'affilée, la France, en tête de sa poule dans les éliminatoires de l'Euro-2012 et en pleine reconstruction après le fiasco du Mondial sud-africain, fait le plein de confiance avant de recevoir le Brésil, le 9 février au Stade de France en amical. Les Bleus de Laurent Blanc ont franchi une nouvelle étape dans leur reconstruction. Un but dans chaque mi-temps, de Karim Benzema puis de Mathieu Valbuena, ont scellé une victoire indiscutable et méritée aux dépens d'une formation privée, il est vrai, de plusieurs de ses joueurs cadres, comme Frank Lampard ou John Terry, qui a sauvé l'honneur en fin de match par Peter Crouch. Le sélectionneur, qui attendait de ce test grandeur nature une confirmation des promesses affichées face à des adversaires moins réputés, pourra passer un hiver tranquille, rassuré par la qualité du jeu proposée par ses joueurs sur la pelouse londonienne (notamment Mexès, Abidal, Nasri et Benzema, Lloris, Sagna et Malouda ayant été plus discrets).

Laurent Blanc avait frappé très fort avant même le coup d'envoi de cette affiche de prestige. Le sélectionneur de l'équipe de France avait décidé d'aligner une équipe très offensive, avec une organisation en 4-3-3 et les titularisations des milieux Samir Nasri et Yoann Gourcuff, alors que Hugo Lloris héritait du brassard de capitaine. Philippe Mexès, longtemps incertain en raison d'une blessure à un mollet, était également dans le onze de départ et tenait sa place en défense centrale aux côtés d'Adil Rami. Premier meneur de la grève de l'entraînement lors du Mondial à être rappelé en bleu, Eric Abidal effectuait un retour en force en remplaçant à gauche le décevant Gaël Clichy, Bakary Sagna gardant son côté droit. Avec cinq joueurs à vocation offensive au coup d'envoi (Nasri, Gourcuff, Valbuena, Benzema, Malouda) et un seul milieu défensif en sentinelle (Mvila), Blanc comptait bien faire le jeu face au vieux rival anglais. Ce sont pourtant les joueurs revêtus du maillot orné des Trois Lions qui démarraient pied au plancher. 

Nasri impulse le mouvement

Dès la 2e minute, Steven Gerrard mettait à contribution Hugo Lloris sur un coup franc des 30 mètres tiré à ras de terre. Le portier lyonnais se couchait bien sur le ballon. Les Anglais tentaient de mettre d'entrée la pression sur la défense tricolore sans réellement y parvenir. Mais les Bleus réagissaient bien et se procuraient quelques belles occasions (tentative dévissée de Malouda, frappe de Valbuena, tir de Gourcuff stoppé en deux temps par Foster, tête du même Gourcuff, très actif malgré un certain déchet technique). Ils avaient la maîtrise du ballon (60% de possession de balle sur le premier quart d'heure) et en faisaient bon usage. Les Français obtenaient récompense sur un magnifique une deux entre Benzema et Malouda à l'entrée de la surface, côté gauche: l'attaquant du Real ne laissait pas passer l'occasion et marquait d'une frappe imparable du pied gauche qui filait entre le poteau et le gardien (0-1, 16e). Un but splendide pour l'ancien lyonnais (son 11e but en 32 sélections) qui revient très fort depuis le début de l'automne. Les Anglais tentaient de réagir mais ils se montraient très désordonnés. Et Benzema ratait le but du KO à la 27e minute: bien décalé par Malouda après une belle accélération de Nasri, le Madrilène tirait en force juste à côté du poteau droit de Foster. Dans la foulée, Carroll remettait de la tête pour Gerrard qui expédiait sa reprise largement au dessus de la cage de Lloris.

Dès la reprise, les hommes de Laurent Blanc (avec Sakho, première cape, à la place de Mexès) reprenaient le contrôle du match malgré les changements apportés par Fabio Capello (Richards, Johnson et Young faisaient leur apparition). Ils tuaient même le suspense peu de temps après la reprise. Valbuena donnait à Gourcuff qui lançait Sagna sur l'aile droite. Le centre du Gunner trouvait Valbuena –accouru à toutes enjambées- qui reprenait de volée du droit pour glisser la balle dans le petit filet intérieur gauche (0-2, 55e). Une action collective remarquable de la part de l'équipe de France. Et un 2e but en 7 sélections pour le milieu olympien. L'Angleterre réagissait sur un coup franc de Johnson par une tête de Gerrard qui retombait sur la transversale (63e). Peu après, Laurent Blanc rappelait Benzema et Valbuena sur le banc. Loïc Rémy et Alou Diarra rentraient en jeu. Les Anglais tentaient de réagir mais Lloris captaient parfaitement une tête de Carroll qui avait pris le dessus sur Rami (70e). Bothroyd, le joueur de Cardiff (D2 anglaise) remplaçait même Carroll à la pointe de l'équipe. Le Lillois manquait de marquer contre son camp cinq minutes plus tard, le ballon frôlant le but tricolore. Juste après, Dimitri Payet suppléait Florent Malouda pour apporter un peu de fraîcheur à une formation qui commençait à trop reculer. 

Fin de match pénible

Plus agressifs sur le ballon, les locaux rataient de nouveau une belle occasion à la 80e: Lloris se manquait sur un centre à ras de terre de Milner, rami dégageait sur Gerrard dont le tir tutoyait le montant droit du but français. Dans la foulée, les Bleus réagissaient par un tir de Nasri que Foster accompagnait du regard en sortie de but. L'Angleterre trouvait la récompense à ces efforts à cinq minutes de la fin. Sur un corner, Peter Crouch se débarrassait du marquage de Diarra pour reprendre d'une belle reprise de volée du droit à bout portant (1-2, 86e). La fin de match était pénible. Dans les arrêts de jeu, Bothroyd claquait une tête mais Lloris captait le ballon sans souci. Johnson mettait le feu dans la défense française dès qu'il touchait le cuir. Il était temps que ça se termine pour des Bleus soudain bien pâles. Heureusement, l'arbitre danois, Monsieur Larsen, sifflait la fin des hostilités sur ce court mais mérité avantage pour l'équipe de France qui n'a donc toujours pas perdu face aux Anglais depuis 1997. Ce qui fait toujours plaisir.

Réactions

Fernand Duchaussoy (président par intérim de la  Fédération française de football): "Venir gagner ici à Wembley devant 85.000  spectateurs, ça fait du bien à tout le monde. On est en train de commencer à  vivre une belle aventure. Je leur ai dit lundi, quand je les ai rencontrés, en  tout cas ceux qui étaient en Afrique du Sud, qu'il y a des cycles, et moi j'y  crois. Il y a encore beaucoup de travail à faire, mais les quatre victoires  consécutives, et gagner ici, c'est significatif. On nous attendait, pour voir  comment étalonner cette équipe, et les joueurs ont donné une réponse sur le  terrain qui me satisfait beaucoup. On essaie de solder le passé, ce n'est pas  simple, mais il faut tourner la page."

Mamadou Sakho (défenseur central de l'équipe de  France, sa première sélection): "Franchement, je ne réalise pas encore. On a vu  une belle équipe, on a été solidaires jusqu'au bout, on a essayé de pratiquer un  beau football jusqu'à la fin. Pour une première, jouer dans ce stade-là contre  les Anglais, c'est fabuleux. Mais l'important était de gagner et de continuer  sur notre série. Quand je suis rentré, Abidal m'a donné beaucoup de conseils,  Adil (Rami) aussi, comme il avait fait la première période, on a un peu discuté  pour savoir comment les prendre. Le coach m'a dit de jouer, de me laisser aller,  de faire ce que je sais faire."
      
Adil Rami (défenseur central de l'équipe de France): "Ca fait plaisir. On  m'avait prévenu que ce serait du combat physique. J'ai essayé de répondre, de  donner tout ce que j'avais, sans tricher. Je suis content, on a gagné 2-1, même  s'il y a ce petit but qui dérange un peu. Petit à petit, on avance, on gravit  des échelons. Ca va nous permettre de prendre plus de confiance, de progresser.  C'est un temple du football avec une magnifique ambiance et de bons joueurs. Au  tout début, quand on a commencé tous ensemble, on était un peu impressionnés,  avec le Stade de France et la compétition. Et puis avec le temps, avec le  travail... mais on est loin des grandes victoires, on est encore en bas de  l'échelle."

Fabio Capello (sélectionneur de l'Angleterre):  "La France a très bien joué la première mi-temps. Nous avons eu un peu peur,  nous avons raté beaucoup de passes, nous avons trop reculé. Nous avons fait de  longues balles à Carroll mais ce n'est pas le style de jeu que nous voulons  jouer. C'est intéressant de voir ces joueurs (les jeunes) contre une forte  équipe comme la France. Les joueurs que j'avais sélectionnés étaient les  meilleurs du moment. Je suis content de la performance d'Andy Carroll. Il  comprend qu'il sera un joueur important pour le futur de l'Angleterre. Quand il  reçoit la balle, il joue vite. Il met du mouvement."