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Didier Deschamps et son capitaine, Hugo Loris, face à la presse au Stade de France. | Nicolas Gettliffe - France TV

Hugo Lloris : "On ne va pas faire de la fiction !"

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A la veille du match amical France-Allemagne, disputé au Stade de France demain soir(21h), Didier Deschamps et le capitaine des Bleus, Hugo Lloris, avaient rendez-vous ce jeudi après-midi avec les médias, juste avant leur ultime entraînement sur la pelouse dionysienne. Tradition oblige. Avec en suspens, toujours en fil rouge, l'affaire Benzema-Valbuena, le sélectionneur et le gardien de Tottenham ont fait mine de ne se concentrer que sur la confrontation avec les champions du monde. Moments choisis.

Personne n'a oublié ce quart de finale perdu (0-1) à Rio, en juillet 2014, contre la Nationalmannschaft. Hugo Lloris encore moins. Pour autant, le gardien français n'en fait pas une affaire de revanche : "Le contexte est différent de la Coupe du monde. Il y a juste l'excitation de jouer un grand match..." L'ancien Niçois et ex-Lyonnais admet que cette rencontre au Brésil lui laisse, encore aujourd'hui, des regrets. "Mais ça nous permet d'avancer, dans l'optique de l'Euro !" Voilà pour un préambule tout en consensus. Ensuite, on rentre dans le dur, avec le retour d'Hatem Ben Arfa : "C'est à lui de s'inscrire dans le projet collectif de l'équipe. Après, on connaît ses qualités techniques. Depuis le début du rassemblement, il s'est fondu dans le groupe. Il a envie de bien faire." Mettons les pieds dans le plat. Un mot sur l'ambiance avec, en arrière-plan, "l'affaire" : "Chacun est concentré sur le stage, à l'écoute, à chaque séance de travail en vue du match de vendredi. On soutient juste Karim (Benzema) et Mathieu (Valbuena), mais on laisse la justice s'occuper de cette histoire. On ne va pas faire de la fiction !"

Rapport de force

Après dix minutes au micro, Hugo Lloris rejoint ses partenaires au vestiaire du SdF. Au tour de Didier Deschamps de répondre aux journalistes. Dans l'ambiance feutrée de l'auditorium de l'enceinte francilienne, on avance sur du velours un tantinet usé. Les thèmes s'enchaînent : Olivier Giroud, les absents, l'équipe d'Allemagne, la gestion du groupe, avec l'Angleterre en ligne de mire mardi prochain, Paul Pogba, Antoine Griezmann... Rien de bien croustillant. Quand on l'informe que le sélectionneur germanique a annoncé, ce jeudi midi, qu'il trouvait les Bleus plus forts aujourd'hui qu'à la Coupe du monde, "DD" ne s'enflamme pas. "Ça fait plaisir que Joachim Löw prononce ce compliment. Demain soir (vendredi), on aura une indication sur le rapport de force entre l'équipe de France et sa sélection !" Même quand on lui fait des ronds de jambes, pas de doute, "la Dech" reste un vrai compétiteur.

"J'ai un problème..."

Ça ronronne, surtout avec le travail du traducteur qui reconstitue dans la langue de Goethe les propos du patron tricolore. Pause obligée. C'est un reporter allemand qui pimente quelque peu l'échange, avec une question incontournable sur Franck Ribéry et Kingsley Coman. "Lui a un potentiel très intéressant. Malgré la forte concurrence, Kingsley joue et est décisif au Bayern Munich. Tout l'avenir est devant lui. Il aura du temps de jeu avec nous. Forcément !" On occulte Ch'ti Franck, proche du sujet tabou. Et, boum, voilà la question sur Karim Benzema. "Parlez-moi du match de demain !", tranche DD. La télé allemande au secours de Deschamps ? Pas vraiment... Passe encore pour la question sur les matches amicaux avant l'Euro 2016 pour lequel les Bleus sont automatiquement qualifiés.

La suivante porte sur les nerfs du sélectionneur : sont-ils mis à mal par ces rebondissements qui font les gros titres dans la rubrique juridique des journaux ? Avec le sourire contraint, le technicien français assure qu'il reste "d'un calme absolu". Le chantier en attaque, est-ce un souci ? "J'ai un problème..." fredonne Didier, en reprenant la chanson de Sylvie et Johnny. Puis s'adressant à la représentation médiatique : "Vous commentez. Nous, on a un match à préparer, les gens viendront voir du football demain soir, c'est ce qui m'intéresse...", commente un sélectionneur nettement plus agacé. Rideau. "On est à la bourre !", lâche en remontant l'escalier un Deschamps soulagé d'en avoir terminé avec la presse. Place au terrain. En attendant le prochain épisode.

Nicolas Gettliffe