Hoarau Guillaume france 092010
Guillaume Hoarau | AFP-HORVAT

Hoarau : "Je manque peut-être de grinta"

Publié le , modifié le

L'attaquant de l'équipe de France Guillaume Hoarau reconnaît, après sa nouvelle occasion manquée samedi à Rennes et avant le match amical contre le Brésil mercredi, qu'il "manque peut-être de grinta" mais souligne aussi qu'il "se bat contre ça" et "ne triche pas".

Y'a-t-il un risque que l'équipe manque de motivation pour ce match de  prestige mais amical ?
"Le Brésil, c'est la nation du foot. Je suis un très grand fan de  Ronaldo. Ce pays a quelque chose en plus. Le foot est d'une telle simplicité  pour eux que de temps en temps ça énerve. Quand j'étais gamin, dans les jeux  vidéo on n'avait pas le droit de les prendre car ce n'était pas loyal. C'est  l'affiche, le match de rêve. Dans une carrière, il n'y a pas tant d'opportunité  que ça, donc la motivation est là".
      
A quel type de match vous attendez-vous alors ?
"A un beau match, à du spectacle. Le Brésil a une maîtrise du ballon  qu'on aimerait avoir. Il va falloir le leur chiper et bien l'utiliser. C'est  l'Espagne aujourd'hui qui arrive à nous montrer le plus beau foot. Eux aussi  ont cette notion du beau jeu. On va essayer de jouer avec nos qualités et ce ne  sera pas évident".
      
Justement, la défaite contre l'Espagne il y a un an avait laissé des  traces. Y'a-t-il un risque que l'histoire se répète?

"C'est bien de pouvoir se jauger. Et l'Espagne est quand même championne  du monde et d'Europe. Il n'y a pas de honte à avoir de ce match. C'est un match  de préparation, de gala. Et même si ça reste amical, c'est une grande soirée.  On va tout faire pour continuer d'avancer sur notre bonne dynamique".
      
D'autant que, en revanche, ces matches réussissent plutôt aux Bleus...
 "Les dernières confrontations se sont très bien passées car on avait  Zizou, le brésilien français. Après 98, quelque chose s'est créé. On a  peut-être pris un ascendant psychologique. Quand on joue le Brésil on est  naturellement motivé. Mercredi on va faire en sorte que ça continue".
      
Personnellement, quel est le risque que votre match à Rennes et cette  occasion manquée vous poursuive mercredi ?

"J'avais la tête dans le guidon. Ce qui m'embête, c'est quand mes tirs  ne sont pas cadrés. Là j'étais quand même assez content de mon match. Sur  l'action, ça s'est passé tellement vite. J'aurai pu faire quelque chose de plus  simple. La pression, on en a besoin. Je suis serein".
      
Après certains matches, notamment le Belarus et à Montpellier, vous avez  pourtant paru affecté par vos prestations...

"Le Belarus, c'était mon 1er match titulaire en Bleu, à la maison. On se  prépare et mentalement on fait tout pour être prêt. J'avais tout bien fait et  en perdant, c'était dur à digérer. Après, Montpellier, c'était autre chose car  ce sont des occasions ratées et il suffit d'en mettre un le week-end suivant.  Le Belarus, ce n'était pas évident à digérer..."
      
Tentez-vous d'effacer ce point faible dans votre jeu ?
"Quand on est attaquant, on se doit d'être obnubilé par l'envie de  marquer, sans pour autant déjouer. A force de l'entendre, ça va peut-être  venir. De temps en temps, je manque peut-être de grinta, mais je ne triche pas  et je pense que je suis dans le vrai. A l'avenir, il faudra être un peu plus  égoïste mais je sais que j'ai besoin du collectif pour sortir mon épingle du  jeu. Tout seul, je n'arrive à rien. J'ai pris conscience que ce travail  défensif joue sur ma lucidité. Il y a des recadrages à faire. Par rapport à mon  caractère, je dois faire un effort".
      
Le sélectionneur semble aussi reprocher à Benzema son manque de  réalisme...

"On discute. Je me souviens que quand je suis arrivé en L1, Karim  mettait but sur but à Lyon. Avec lui, on discute sur le fait de se comprendre.  C'est important pour un groupe. Sur ce côté tueur, pour ma part, ça a toujours  été mon côté cool. Je dois me battre contre ça au quotidien. Mais Karim, lui,  il ne fait pas de cadeau!"

AFP