France - Portugal : Enfant du 93, le Portugais Raphaël Guerreiro retrouve le Stade de France en terrain conquis

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Auteur·e : Denis Menetrier
Raphaël Guerreiro a grandi dans le 93, à quelques kilomètres du Stade de France
Raphaël Guerreiro a grandi dans le 93, à quelques kilomètres du Stade de France | NUNO GUIMARAES / PRO SPORTS IMAGES LTD / DPPI VIA AFP

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Pour ce qui devrait être sa 42e sélection avec le Portugal ce soir, Raphaël Guerreiro va affronter la France, son autre patrie. Franco-portugais formé à Caen, le latéral gauche du Borussia Dortmund a surtout fait ses débuts dans le 93, d'où il est originaire. Au Stade de France ce soir, où il a remporté le premier trophée de sa carrière en 2016, Guerreiro jouera à quelques kilomètres de là où il a grandi, en Seine-Saint-Denis.

Le plus Français des Portugais sera loin d'être dépaysé ce dimanche soir. Natif du Blanc-Mesnil, en Seine-Saint-Denis, Raphaël Guerreiro retrouve son département d'origine contre l'équipe de France, à l'occasion d'un match de Ligue des Nations qui se joue au Stade de France, à quelques kilomètres à peine de sa maison d'enfance. "Ce sera très spécial pour moi, parce que je suis né près du stade. Après 2016, ça va être un nouveau moment très spécial", avait confié Guerreiro mercredi dernier, à l'issue du match nul du Portugal contre l'Espagne (0-0) en match amical.

Un nouveau moment spécial, parce que l'actuel latéral gauche du Borussia Dortmund a déjà affronté les Bleus au Stade de France. C'était en finale de l'Euro, le 10 juillet 2016. Guerreiro avait disputé ce jour-là les 120 minutes de la rencontre et vécu au plus près le but d'Éder lors des prolongations. Le premier titre de sa carrière, dans son 93. "C'est un vrai petit du 93. Il a toujours vécu là-bas, il y était attaché. La Seine-Saint-Denis, elle est ancrée en lui", confie Rabah Ait-Atmane, qui l'a pris sous son aile une saison à Drancy en 2007-2008.

Un défenseur-buteur

À l'époque, Guerreiro était formé à l'INF Clairefontaine et jouait les week-ends avec le club de Drancy, près de la maison familiale. "Pour l'anecdote, l'entraîneur qui était en poste à ce moment-là ne voulait pas de lui. Je suis arrivé, je me suis renseigné et j'ai adoré son intelligence, sa technique. Il était différent des autres, avec une patte gauche déjà extraordinaire", explique l'ancien éducateur. Ces qualités permettent à Guerreiro de rejoindre le centre de formation de Caen en 2008.

Guerreiro face à Hamouma, en janvier 2013
Guerreiro face à Hamouma, en janvier 2013 © CHARLY TRIBALLEAU / AFP

"J'étais persuadé qu'il pouvait faire au minimum une carrière en Ligue 1", se remémore Ait-Atmane, qui décrit un garçon "très travailleur, très respectueux, très sérieux mais qui aimait aussi bien rigoler". "Après, de là à ce qu'il fasse une carrière type Ligue des champions et équipe nationale, c'était difficile à dire. Mais il avait des pré-dispositions, c'est sûr." Lancé en Ligue 1 à 19 ans par Christian Gourcuff à Lorient, Guerreiro explose en Bretagne, loin du 93, lors de la saison 2014-2015. Positionné arrière gauche ou plus haut au milieu de terrain, le Blanc-Mesnilois se met à marquer. Un profil de défenseur-buteur qui le caractérise toujours, puisque Guerreiro a inscrit huit buts en Bundesliga la saison passée avec le Borussia Dortmund.

À 26 ans, il peut viser plus haut

En novembre 2014, le Lorientais connaît surtout sa première sélection avec le Portugal, à 20 ans. "Il avait un fort attachement au Portugal, le pays de son père. C'était ancré chez lui, mais il pensait aussi à l'équipe de France. Sauf qu'il n'a jamais été appelé chez les Bleus, donc il s'est dit qu'il aurait peut-être plus de chance de jouer avec le Portugal", explique Ait-Atmane. Un choix judicieux puisque Guerreiro est depuis six ans le choix numéro 1 du sélectionneur Fernando Santos au poste d'arrière gauche de la Seleção. Ses performances avec le Portugal et Lorient poussent Dortmund à miser 12 millions d'euros sur lui à l'été 2016.

Depuis, Guerreiro est devenu une référence au niveau européen au poste de latéral gauche. Son agilité, couplé à sa vision de jeu et sa technique au-dessus de la moyenne, correspondent parfaitement au projet de jeu développé par Lucien Favre au Borussia Dortmund. Ce dimanche soir, les Bleus devront donc se méfier des montées du Portugais sur son côté gauche, lui qui a multiplié les actions de classe la saison dernière en combinant parfaitement dans les petits espaces, avant de se retrouver, parfois, à la finition. À 26 ans, Guerreiro a encore de longues années de carrière devant lui et pourrait viser plus haut selon son ancien éducateur. "Je pense que ce serait une super pioche pour le Paris Saint-Germain", glisse Ait-Atmane. "Ce serait bien pour le club et pour lui". Une signature dans le club de la capitale lui permettrait en effet de se rapprocher de son 93 natal.

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