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Gianelli Imbula vient féliciter Geoffrey Kondogbia, buteur face à la Suède à l'aller | FRANCK FIFE / AFP

France Espoirs: L’avenir des Bleus se joue en Suède, pas en Arménie

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Tandis que l’équipe de France A dispute un match sans enjeu et sans grand relief en Arménie, les Espoirs jouent leur qualification pour l’Euro 2015. Vainqueurs de la Suède à l’aller (2-0), les Bleuets se savent attendus dans le petit stade d’Halmstad (20h00). Pour briser la malédiction des jeunes tricolores sur la scène continentale et attirer l’œil de Didier Deschamps.

Ce soir, certains Bleus pourraient envier leurs successeurs annoncés. Alors que les A s’apprêtent à disputer une rencontre amicale peu excitante face à une sélection arménienne affaiblie, les Espoirs auront droit à l’adrénaline d’un match couperet. A la vue du stade Örjan Valls d’Halmstad et ses 10 000 places ouvertes aux quatre vents dans lequel les Bleuets devront définitivement valider leur ticket pour l’Euro 2015, les grands ont dû relativiser. Jusqu’à découvrir le stade républicain d’Erevan... Au cœur de la capitale arménienne, 15 000 spectateurs pourront prendre place dans l’enceinte érigée en 1935… Presque moderne à côté de la plaque d’inauguration du terrain suédois affichant 1922.

Norvège, Israël, Allemagne, un passé qui ne passe pas

Un pays nordique, le froid, un stade d’un autre âge, tout renvoie les hommes de Pierre Mankowski au passé récent de leur sélection. Il y a deux ans, les Espoirs avaient vu le grand raout européen leur filer sous le nez à Drammen, en Norvège. Vainqueurs 1-0 à l’aller, les ouailles d’Erick Monbaerts avaient déjoué sur la pelouse du Marienlyst Stadion (3-5). Un souvenir encore vivace, d’autant que cinq d’entre eux avaient ensuite été suspendus pour une virée nocturne malvenue entre les deux matches. "Nous avons vécu deux jours très calmes à Clairefontaine, avec surtout de la récupération, explique Mankowski, comme pour désamorcer la bombe. Quant à ce qu'il s'est passé les années précédentes (…) ils en entendent tellement parler par ailleurs qu'ils savent  très bien à quoi s'en tenir et qu'ils comprennent très bien l'importance de ce qui nous attend mardi".

Si l’exemple de 2012 ne suffisait pas, le sélectionneur pourrait toujours convoquer ceux de 2007 et 2009. Israël et l’Allemagne avaient barré la route de l’Euro aux Bleuets en barrages. Pis, en 2011, ils n’avaient même pas survécu à la phase de poules. Cette fois, les jeunes pousses tricolores arrivent en Suède avec deux buts d’avance acquis au Mans le week-end dernier (2-0). "Il faudra être rigoureux car rien n'est fait. On a vu les années précédentes ce qui s'est passé. Ce n'est que la moitié du boulot", prévient néanmoins le capitaine Samuel Umtiti. Une méfiance partagée par son coéquipier Alphonse Aréola. "Le plus gros danger ce serait de se reposer sur nos lauriers. On va se  préparer tranquillement et quand le match viendra on sera d'attaque, promet le gardien bastiais. Dans nos têtes on est bien, le coach nous a dit de ne pas nous endormir. Il faudra continuer à jouer notre jeu et essayer de se mettre à l'abri."

Se montrer pour espérer un avenir en A

Obligée de se découvrir, la Suède va "donner des possibilités, selon Mankowski. Surtout, il ne faut pas se dire qu'on  va défendre ce 2-0 mais essayer aussi de jouer et d'avoir des opportunités offensives". Percutants à l’aller, Thauvin et Ntep devront poursuivre sur leur lancée. Quant à Umtiti et Laporte, ils auront fort à faire face aux grands Guidetti et Thelin. "Si on reste pro, on pourra passer je pense, avance Aréola, à pas feutrés. Etre éliminé ce serait  désespérant. On sait le poids des attentes". Celles d’une nation dont les Espoirs n’ont plus participé à l’Euro depuis 2006. Mais aussi celles de Didier Deschamps, attentif aux performances de jeunes joueurs qu’il n’hésite pas à sélectionner depuis sa prise de fonctions. Dans le contexte hostile d’Halmstad, certains Bleuets, déjà champions du monde des moins de 20 ans l'an dernier, peuvent montrer qu’ils ont les épaules pour endosser le costume bleu. Quatre mille kilomètres plus au Sud, d’autres comme Gignac ou Payet auront les mêmes objectifs. Mais eux ne représentent pas l’avenir à long terme…

Jerome Carrere

Equipe de France