France-Espagne (amical mars 2013)
En mars 2013, l'Espagne avait battu la France 1-0 au Stade de France | JEAN MARIE HERVIO / DPPI MEDIA

France-Espagne: Les temps changent

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Entre l'équipe de France et l'équipe d'Espagne, les dynamiques sont opposées. Mais pour la première fois depuis de nombreuses années, ce sont les Bleus qui arrivent à la rentrée avec quelques certitudes quand la Roja doit se reconstruire après un Mondial raté. Pourtant il y a un peu plus d'un an, les Espagnols finissaient premiers de leur groupe éliminatoire à la Coupe de Monde, envoyant l'équipe de France en barrages. Décidément les temps changent.

Qui aurait pu dire il y a un an que c'est l'équipe de France qui s'avancerait en confiance face à l'Espagne ? Qui aurait pu dire qu'après la Coupe du Monde au Brésil, la Roja aurait perdu de sa superbe quand les Bleus de Deschamps ont reconquis le coeur des foules ? Probablement pas grand monde. Et pourtant, à l'aube de son premier match amical de la saison, c'est bel et bien l'équipe de France qui a le sourire, à l'image de son sélectionneur, très relaxe en conférence de presse à l'heure d'annoncer qu'il avait choisi de reconduire les Mondialistes pour cette rentrée.

Les Bleus sur la dynamique du Brésil

Comment pouvait-il faire autrement Didier Deschamps ? Comment pouvait-il se passer d'un groupe qui s'est réconcilié avec le public français, à l'heure juste des retrouvailles avec le Stade de France ? Si ce groupe a mérité ce contact avec le public français, l'idée est aussi sans doute d'entretenir une dynamique née du barrage retour face à l'Ukraine. Depuis ce fameux match remporté 3-0, les Bleus restent sur 6 victoires, deux matches nuls et une défaite (face à l'Allemagne en quart de finale du Mondial). On a fait pire comme année. Ce n''est ainsi finalement pas si illogique de voir les Mondialistes (à l'exception de Giroud blessé et de Landreau retraité) reconduits pour cette rencontre de rentrée.

On ne peut pas dire que le ciel au-dessus de la Roja soit aussi bleu. Après la claque reçue au Mondial, l'Espagne est redescendue du piédestal sur lequel elle était installée depuis 6 ans et le titre à l'Euro 2008. Pas facile de se remettre dans le bain quand vous avez connu six ans de certitudes absolues. Pour se présenter face aux Bleus, Vicente del Bosque a écarté huit des 23 mondialistes. On sait que Xavi a arrêté sa carrière internationale tout comme Xabi Alonso, mais Reina, Javi Martinez, Iniesta, Mata, Villa et Torres sont absents. Certains sont blessés, comme Inesta, mais Vincente Del Bosque a aussi voulu redonner de la fraîcheur à une sélection qui en a cruellement manqué au Brésil.

Comment remplacer Xavi ?

A l'été, Xavi a pris sa retraite internationale, laissant derrière lui énormément de questions. La principale: comment le remplacer ? Par qui ? A l'heure actuelle, personne ne semble en être capable même si le Barcelonais a adoubé Koke, le Colchoneros comme son digne successeur. Est-il seulement prêt ? Pas sûr. Les deux ans qui séparent la Roja​ de la prochaine échéance internationale ne seront pas de trop pour reconstruire un collectif qui s'est délité en juin dernier.

Dans les buts, Iker Casillas a conservé son poste malgré une Coupe du monde ratée. Est-ce l'expérience du madrilène qui a conduit Del Bosque à lui maintenir sa confiance ? Sans Xavi, l'Espagne a perdu un repère, en perdre un autre aurait été un très gros coup dur. "San Iker' doit maintenant s'attacher à reconquérir le coeur des supporteurs. Tout comme la sélection dans son ensemble. Celle que l'on a admiré en Espagne n'est pas passé du Capitole à la Roche Tarpéienne en un été mais son image a été égratignée. Il y a quatre ans, c'était l'équipe de France qui se préparait à une longue campagne pour regagner le coeur des foules. Décidément les temps changent.