Nabil Fékir équipe de France
La titularisation de Nabil Fékir peut-être une solution pour Deschamps en l'absence de Pogba | AFP - FRANCK FIFE

France-Danemark : les solutions pour remplacer Paul Pogba

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Face au Brésil l'absence des habituels tauliers du milieu Yohan Cabaye et Paul Pogba s'est fait sentir. Si Morgan Schneiderlin s'en est plutôt bien tiré en sentinelle, sans toutefois être génial, c'est bien le Turinois qui a cruellement manqué. Par sa technique, son impact et la crainte qu'il commence à susciter. Face au Danemark dimanche - un adversaire d'un moindre calibre - Didier Deschamps va devoir improviser pour que les Bleus gagnent à nouveau la bataille du milieu.

Ne rien changer et espérer

A priori ça ne devrait pas être le cas. Le trio Schneiderlin-Sissoko-Matuidi ne devrait pas être reconduit face au Danemark. Car Didier Deschamps a promis de faire tourner et car certains ont besoin de repos (Matuidi)). Mais surtout car face aux milieux brésiliens, le trio a pris l'eau. Dépassés dans l'impact, dans l'engagement et dans la maîtrise, les trois hommes se sont essoufflés après une bonne entame. Ils ont manqué de tout mais surtout de bonnes intentions. "Il a manqué la première passe. Celle qui peut nous permettre d'aller rapidement vers l'avant", a assuré Morgan Schneiderlin après la rencontre face au Brésil. Incapable de donner de la verticalité au jeu, le milieu de Southampton n'a pu faire oublier Yohan Cabaye si précieux dans l'entrejeu par sa qualité de passe et dont les atouts ne se remarquent surtout quand ils ne sont pas là. Toutefois à la récupération, il a prouvé que ses années de Premier League n'avaient pas servi à rien. Pour ça, il pourrait être utile face au Danemark et ses grands gabarits.

La doublette Matuidi-Sissoko, qui avait fait si belle impression contre la Suisse au Mondial (5-2) pour ce qui reste comme la plus belle prestation sous l'ère Deschamps, n'a pas brillé non plus. S'ils ont tenté de se projeter rapidement devant, ils en oublié le sacrosaint équilibre et l'arrière-garde des Bleus a subi de plein fouet les attaques brésiliennes. Le Parisien, comme d'habitude très sollicité avec son club, devrait souffler, mais le joueur de Newcastle lui pourrait encore être aligné. Il lui faudra gommer cette imprécision technique. "A la récupération du ballon, il faut qu’on soit bien meilleurs sur la première passe et que l’on pèse davantage offensivement", avouait-il à Saint-Denis. Les qualités énumérées par Sissoko, Paul Pogba les a et c'est en ça qu'il est si précieux, car capable de tout bien faire : dribbler, passer, marquer. Tellement précieux que depuis sa première sélection le 22 mars 2013 contre la Géorgie, les Bleus quand il n'était pas là, n'ont jamais gagné. Pour que la série cesse, Deschamps doit donc changer. Car laisser tel quel serait trop risqué.

Faire confiance à Kondogbia

Elle est là peut-être la solution pour pallier l'absence de Paul Pogba. Bien au chaud dans le groupe France convoqué pour ces deux matches amicaux et elle s'appelle Geoffrey Kondogbia. Le joueur de Monaco a effectué une belle rentrée face au Brésil et avec son club, il monte en puissance. Il ressemble à Pogba. Dans le gabarit, mais aussi dans le profil de "box-to-box" qui plaît tant aux Anglais. Les deux hommes avaient d'ailleurs régné dans l'entrejeu lors du Mondial U20 remporté par la France à l'été 2013.

En l'absence du Turinois, il peut celui qui peut faire le liant entre le milieu et l'attaque, celui qui peut alimenter les attaquants ou encore même aller marquer avec sa frappe de balle. Arsenal s'en souvient, lui qui avait marqué lors du 8e de finale aller en Ligue des Champions cette saison. Il a aussi l'avantage de pouvoir s'adapter à la configuration tactique. Que ce soit en 4-3-3, 4-2-3-1 ou en 4-4-2, l'ancien Sévillan trouverait sa place. Cette troisième sélection annoncée peut-être celle qui pourrait l'installer définitivement dans la rotation du milieu construit par Deschamps. 

Jouer avec un vrai numéro 10

Didier Deschamps l'a rappelé en début de rassemblement à Clairefontaine, les Bleus doivent pouvoir s'adapter aux caractéristiques du match. Avoir un schéma tactique à géométrie variable. Si le 4-3-3 est clairement l'option prioritaire de Deschamps depuis le match retour face à l'Ukraine en novembre 2013, le 4-2-3-1 n'est jamais loin. Face au Danemark, il pourrait tenter l'expérience car il a les joueurs pour. Dans son groupe, il possède deux joueurs qui illuminent la Ligue 1 tous les week-ends : Dimitri Payet et Nabil Fékir. Le premier est le meilleur passeur du championnat (11 passes) et s'est imposé comme le maître à jouer de l'OM sous les ordres Marcelo Bielsa. Le second a explosé cette saison et affiche des stats complètes (11 buts, 7 passes décisives).

Les deux sont capables de se muer en organisateur même si Fékir joue plutôt deuxième attaquant avec Hubert Fournier. Les deux sont capables d'alimenter Olivier Giroud ou Alexandre Lacazette ou les deux si Deschamps décide de tout chambouler de passer en 4-4-2. Quelque soit le schéma choisi par le sélectionneur, les deux hommes devraient avoir du temps de jeu face au Danemark. Que ce soit dans l'axe ou sur les côtés - si Deschamps choisit le 4-3-3 ou le 4-4-2 - ils devront par leur créativité faire oublier Paul Pogba.