La joie des Bleus
Samir Nasri entouré par les joueurs tricolores | AFP - FRANCK FIFE

France-Biélorussie:victoire des Bleus

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La France s'est imposée difficilement en Biélorussie 4 buts à 2. Menée par deux fois au score sur deux fautes de mains de son capitaine Hugo Lloris, l'équipe de France s'en est remis à ses individualités et notamment Franck Ribéry auteur d'un doublé. Avec ce succès, la France s'assure, au moins, une place de barragiste pour le Mondial au Brésil.

Le film du match à revivre

L'équipe de France verra les barrages. La mission est accomplie mais que ce fut dur. Si elle a effacé des tablettes le triste record de minutes sans marquer qui datait de 1925 (526 minutes au total), elle a vécu une première heure cauchemardesque à l'image de son capitaine Hugo Lloris, coupable sur les deux buts bélarusses pour sa 50e sélection. Incapables de déborder un bloc adverse bien en place qui a copié le schéma de jeu géorgien, les Bleus ont vu Franck Ribéry endosser l'habit du sauveur avec un doublé (47e et 64e). Le Munichois a mis fin à la disette tricolore et sonné la révolte. Revenus de l'enfer, les Bleus ont ensuite pris le large grâce à Samir Nasri (70e) et Paul Pogba (73e). 

Avant de pouvoir souffler en fin de rencontre, le début de match des Bleus a été un festival d’approximations. Des mauvais choix et une intensité proche du néant. Sinon comment expliquer qu’Eric Abidal qu’on présentait comme une assurance tout risque en défense, se fasse bouger sur la première alerte sur le but français. Balamovich se jouait du Monégasque, mais croisait trop sa frappe qui longeait sans la franchir la ligne de but tricolore (8e minute). De l’autre côté du terrain, Veremko lui passait une soirée plus tranquille. Malgré un jeu aux pieds aléatoire et quelques frayeurs, comme ce coup-franc rasant de Valbuena (22e minute). Une action dangereuse, enfin, pour fêter un triste record, celui des 500 minutes passées sur un terrain sans marquer. La période qui avait duré du 1er juin 1924 au 21 mai 1925 était effacée. Mais la soirée allait encore être riche en rebondissements.

Abidal, Lloris, soldats en déroute

Benzema sur le banc, l’attaque tricolore n’était pas pour autant soignée de tous ses maux. Et la fébrilité offensive a progressivement gagné la défense. Plutôt convaincant depuis son retour en Bleu, Abidal a montré d’inquiétants manques. Entre relances hasardeuses, mauvaises appréciations, s’il avait rassuré en Georgie, Abidal a complètement coulé à Gomel. Mais pire encore, l’un des cadres des Bleus, toujours irréprochable, sombrait totalement. Par deux fois Hugo Lloris se trouait. Devant la tête de Filipenko sur corner (32e minute), puis sur une frappe lointaine de Kalachev (58e). Cette 50e sélection sous le maillot bleu tournait à la déroute. Mais heureusement pour le gardien de Tottenham, Franck Ribéry allait assumer son statut de meilleur joueur européen. C’est lui qui obtenait le penalty qu’il transformait à la 47e minute et c’est encore lui qui était là au deuxième poteau pour reprendre le centre de Mathieu Valbuena (64e). "On est très heureux  d'avoir fait une grosse deuxième mi-temps comme ça, et d'avoir marqué quatre  buts, parce que ça faisait longtemps qu'on n'avait pas marqué. On a montré du  caractère, qu'on était solidaires", a déclaré l'ailier tricolore après la rencontre.

Ribéry en sauveur, Hleb l’esthète

Si la première mi-temps bleue avait été terrifiante dans l’engagement et l’application, la seconde aura été celle du réveil. Dans la foulée d’un Ribéry conquérant et enfin tranchant dans ses dribbles, les Bleus se remettaient en ordre de marche, profitant aussi de la baisse de régime d'un adversaire qui avait beaucoup donné durant les 45 premières minutes. Entré à la place d’un Dimitri Payet bien décevant sur son côté droit, Samir Nasri mettait la France devant au tableau d’affichage d’une frappe à ras-de-terre (70e) avant que trois minutes plus tard, Paul Pogba n’ouvre son compteur et ne soulage son équipe. Les Bleus malmenés, par la 73e équipe au classement FIFA, ont eu bien du mal à endiguer le jeu adverse guidé par un grand joueur qui s’est rappelé aux souvenirs des nostalgiques des Gunners des années 2000. Alexandr Hleb, 32 ans, a été pendant 90 minutes, un véritable poison pour l’équipe de France. Fin dribbleur, toujours le geste juste, le milieu de terrain a semblé bien seul. Heureusement pour la France qui peut souffler et commencer à se tourner vers l’automne où l’attendent les barrages.

En effet, ce succès arraché annule le bénéfice de la victoire des Finlandais en Géorgie (1-0) plus tôt dans la soirée. Le dernier match des qualifications contre la Finlande, désormais à 5 points des Bleus, le 15 octobre prochain comptera pour du beurre. Les Bleus s'évitent une finale, mais ils pourraient en avoir deux à jouer en novembre. A moins que l'Espagne, encore en tête avec le même nombre de points que les Bleus (14 points), ne perdent des points en route, la Roja ayant encore deux matches à jouer.

Vidéo: la réaction de Ribéry après le match