Didier Deschamps entraînement France Septembre 2015
Le chantier est conséquent pour le sélectionneur des Bleus, Didier Deschamps, ici accompagné d'Olivier Giroud et de Mathieu Valbuena. | FRANCK FIFE / AFP

France-Arménie : le grand chantier des Bleus se poursuit

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Ce soir (20h45), l’équipe de France de football se confronte à l’Arménie dans le nouveau et sublime stade de Nice, l’Allianz Riviera. Début septembre, les Bleus avaient rassuré plus ou moins tout le monde avec deux victoires acquises en deux matches au Portugal (1-0) et contre la Serbie (2-1). Malgré tout, le chantier reste toujours aussi important pour le sélectionneur des Bleus, Didier Deschamps. Entre une défense qui peine toujours à trouver une vraie sérénité, un entrejeu performant mais à équilibrer et enfin un secteur offensif trop souvent inefficace, les travaux de cette équipe de France sont multiples, et à huit mois de « son » Euro, elle doit commencer à proposer de vrais arguments.

Toujours à la recherche d’une défense solide

Certes, cela fait plusieurs années, et même pourrait-on dire depuis le Mondial allemand 2006, que la défense Tricolore tarde à trouver une arrière-garde digne de ce nom. Alors il n’est pas question ici de remettre en question les qualités indéniables des Varane, Sakho, Koscielny, Mangala ou encore Zouma, il suffit de constater que Didier Deschamps peine à trouver cette charnière centrale aussi solide que rassurante dans n’importe quelle situation. Raphaël Varane, qui joue davantage au Real Madrid en ce moment, apparaît clairement comme celui sur qui il faut s’appuyer. Ses qualités, que ce soit dans les duels ou dans les relances, ne sont plus à démontrer. Il faut désormais lui trouver un bon camarade de classe. Et c’est ici que le bât blesse.

Depuis l’arrivée de Didier Deschamps à la tête des Bleus en 2012, de nombreuses charnières se sont succédées. Impossible de lui reprocher d’avoir tout tenté… La solution appartient donc aux joueurs qui sont en concurrence. Si Mamadou Sakho, héros d’un soir d’automne historique (le 19 novembre 2013, France 3 – 0 Ukraine), parait être celui qui dispose des meilleures armes, du moins lorsqu’il joue régulièrement à Liverpool, aucun ne parvient à s’imposer réellement. Ce soir, contre l’Arménie, bien que nous ne puissions évidemment pas tirer des conclusions hâtives pour le long terme, nul ne doute que Didier Deschamps voudra assister à une performance rassurante et efficace de son arrière-regarde pour mettre en place une dynamique positive, et pourquoi pas novatrice...

Paul Pogba (à gauche) et Blaise Matuidi, les maîtres à jouer de l'équipe de France de football.
Paul Pogba (à gauche) et Blaise Matuidi, les maîtres à jouer de l'équipe de France de football.

Un entrejeu performant mais à équilibrer

Si les Bleus parviennent aujourd’hui à survivre plus ou moins au sein des meilleures nations européennes, elle ne le doit pas forcément à ses défenseurs. Nous l’avons bien compris. Pourtant, la France ne prend pas des valises à chaque match (douze buts lors des douze derniers matchs). Les Tricolores, depuis presque toujours, se sont souvent remis à une assise défensive presque imperméable. Aujourd’hui, et depuis l’ère Deschamps notamment, ce n’est clairement plus le cas. Du coup, le sélectionneur des Bleus, précurseur du 4-3-3 avec une sentinelle et deux milieux relayeurs, a donné les clefs de sa formation à l’entrejeu qui reste le secteur des Bleus le plus rassurant ces derniers mois.

Une sage et logique décision lorsque l’on dispose dans ses rangs d’un potentiel phénomène mondial, Paul Pogba, puis d’un travailleur et accélérateur de classe international, Blaise Matuidi. Ces deux hommes sont devenus des piliers de l’équipe de France. Leurs performances parlent pour eux et Deschamps a eu raison de leur accorder une telle confiance. Le jeune prodige de la Juventus, Paul Pogba (22 ans), se cherche encore parfois, notamment dans son placement, mais sa technique, sa puissance et sa vision du jeu permettent aux Bleus de jouer bien au ballon. De son côté, le milieu du PSG, Blaise Matuidi, a pris une dimension incroyable ces dernières saisons. En passant d’un excellent récupérateur à un milieu de terrain ultra-complet. Percuteur, passeur décisif et même souvent buteur (six buts depuis Juin 2014), il est l’homme à tout faire de Didier Deschamps.

Au final, bien que Yohann Cabaye ait souvent donné satisfaction, mais sans non plus s’imposer clairement, le sélectionneur français ne parvient pas à trouver le dernier élément indéboulonnable d’un entrejeu performant mais pas encore à 100% de ses moyens. Mêlés à une rude concurrence, le Mancunien Morgan Schneiderlin, le Marseillais et revenant Lassana Diarra (de retour en sélection après cinq ans), et enfin Moussa Sissoko (Newcastle), ont donc tout à gagner. Didier Deschamps aussi.

11 octobre 2014 - La France s'était imposée deux buts à un contre le Portugal.
11 octobre 2014 - La France s'était imposée deux buts à un contre le Portugal.

Régler le problème de l’inefficacité offensive

Dernier chantier de l’équipe de France, et pas des moindres, l’avant-poste. Depuis sa première sélection en mars 2007, le débat sur son irrégularité en tant qu’attaquant de pointe et buteur des Bleus ne cesse de revenir par intermittence. Karim Benzema connaît en effet une nouvelle traversée du désert sous le maillot tricolore puisqu’il n’a plus connu le chemin des filets depuis la victoire face au Portugal le 11 octobre 2014 (2-1). Pourtant, il apparaît toujours comme l’arme offensive numéro un pour Didier Deschamps qui lui maintient sa confiance. Une confiance qui parait tout à fait légitime puisqu’il est actuellement plus que jamais indiscutable dans l’une des meilleures équipes du monde, le Real Madrid. Meilleur buteur de Liga avec six réalisations depuis le début de la saison, l’ancien Lyonnais ne parvient pas à réitérer ses performances en club avec la France.

Alors pourquoi ? C’est plus ou moins un mystère tant il reste aussi impliqué dans le groupe France et qu’il enchaîne les performances de hautes volées avec les Merengues. Le problème n’est donc peut-être pas aussi individuel que nous pouvons le penser. C’est tout un collectif, et lui-même l’a pointé du doigt très récemment, avec humilité, en déclarant qu’il n’était peut-être pas suffisamment servi en ballons. Pourtant, les qualités ne manquent pas autour de lui avec le virevoltant Antoine Griezmann, l’infatigable Mathieu Valbuena ou même Paul Pogba. Contre l’Arménie ce soir, si nous ne savons toujours pas quelle équipe, bis ou type, sera alignée, il s’agira quoiqu’il arrive de retrouver une efficacité qui fuit un peu les Bleus depuis un moment déjà (18 buts lors des 12 derniers matchs amicaux). Et avec l'arrivée et la poussée du talent précoce Anthony Martial (19 ans et élu meilleur joueur de Premier League en septembre), nous pouvons espérer, en toute légitimité, un avenir meilleur pour l'attaque tricolore.

VIDÉO : France-Arménie : un test important dans un contexte particulier