FFF Siège prétexte 2011
. | AFP - BERTRAND GUAY

Elections à la FFF: la fin de la pagaille ?

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Dans quatre jours, les élections à la présidence de la Fédération française de football se tiendront à Paris. En lice, 3 candidats: Fernand Duchaussoy, l'actuel président, Noël Le Graët, vice-président de la FFF et ancien président de la Ligue, et Eric Thomas, président de l'Association française de foot amateur. Au-delà du choix d'une liste, les présidents de districts devront choisir les hommes qui pourront mettre fin à une pagaille permanente depuis plus d'un an.

Knysna, Domenech, son licenciement, l'affaire des quotas, et maintenant, la bagarre pour un trône. Depuis plus d'un an, la FFF est prise dans un tourbillon. On pourrait même remonter à 2008, et la gestion de l'après-Euro avec le cas Raymond Domenech. Si l'ancien sélectionneur ne doit pas être le bouc-émissaire, il n'en est pas moins vrai que beaucoup des remous vécus par l'institution ont tourné autour de lui. Entre sa reconduction après un Euro-2008 sinistre (élimination au 1er tour avec un seul petit but au compteur), les différentes joutes verbales avec la presse, des éliminatoires de Coupe du monde poussifs, un Mondial-2010 ridicule (élimination au 1er tour avec encore un seul but au compteur) sans oublier l'épisode Anelka et ses conséquences avec le bus de Knysna, et enfin son licenciement qui se retrouve désormais devant les Prudhommes, Raymond Domenech a beaucoup alimenté la rubrique "faits divers" de la FFF. Son départ de la sélection n'a d'ailleurs pas mis fin aux secousses, avec les états-généraux du football et la réforme qui s'en est suivie, l'affaire des quotas dont les répercussions ont atteint la classe politique, sans oublier désormais une campagne pour la présidence qui ouvre les vannes des attaques personnelles.

Il faudra donc être très fort pour ramener la paix au sein de la Fédération et de toutes ses composantes. C'est notamment le défi qui est proposé aux trois candidats à la présidence, qui seront départagés par les présidents des districts de France samedi lors de l'élection. Mais il faudra aussi appliquer la réforme votée le 2 avril dernier, qui permet d'ailleurs d'avoir une élection plus ouverte, avec des listes et plus seulement un candidat. En pleine crise vis-à-vis des dérives du football professionnel, mais également en pleine crise financière qui réduit de beaucoup les budgets des clubs mais aussi de la Fédération, postures et programmes s'opposent. D'un côté, Fernand Duchaussoy, président sortant et ancien président du football amateur. De l'autre, Noël Le Graët, actuel vice-président de la FFF et ancien président de la Ligue de football professionnel. Pour compléter, Eric Thomas, président de l'Association française de football amateur et vice-président du club de Montlouis-sur-Loire. Si ce dernier incarne le renouveau par rapport à deux autres prétendants depuis longtemps dans le système, le combat devrait se jouer entre les deux premiers, et l'avantage semble donné au président sortant.

Si chacun des trois rêve de devenir le nouveau président de la FFF, ils devront faire avec l'homme fort depuis moins d'un an: Laurent Blanc. Le sélectionneur de l'équipe de France est le symbole d'un certaine renouveau de la vitrine du foot tricolore, jouit d'une aura très importante auprès du public comme des professionnels, et son avis compte beaucoup. A quelques jours de l'élection, le "Président" a averti: "On a besoin de stabilité et de sérénité pour faire avancer certains dossiers. Le fonctionnement d'une fédération est lourde, le mode de fonctionnement des sélections nationales au sein d'une fédération n'est pas facile donc j'espère qu'après cette élection, il y aura un mode de gestion qui fera avancer les choses pour faire tourner cette fédération et en son sein les équipes nationales. J'espère qu'il y aura une structure qui pourra faire avancer ce bateau qu'est la Fédération française de football." En finir avec un bateau ivre, voilà le voeu de Blanc. Sera-t-il écouté samedi ?