Des quotas dans le football français ?

Publié le , modifié le

Les dirigeants du football français, dont le sélectionneur Laurent Blanc, auraient approuvé début 2011 le principe de quotas officieux dans les centres de formation et les écoles de football, si l'on en croit le site Mediapart qui cite "des sources internes" à la Fédération française de football (FFF). Laquelle n'a pas souhaité officiellement commenter ou infirmer ses informations.

Selon Mediapart, des consignes ont été données par la Direction technique nationale (DTN) pour que le taux de jeunes footballeurs français d'origine africaine ou maghrébine soit limité à 30% lors des épreuves de sélection. "Des consignes ont été données en ce sens ces dernières semaines à différents responsables de centres de formation, notamment l'Institut national français (INF), à Clairefontaine (Yvelines), où a été formée depuis 1988 une partie de l'élite du foot français", écrit Mediapart , qui met également en cause le nouveau responsable de la DTN, François Blaquart.

François Blaquart (...) et d'autres dirigeants de la DTN ont proposé à plusieurs reprises lors de réunions officielles la planification d'une discrimination concernant les jeunes joueurs prometteurs et obtenu gain de cause", affirme Mediapart ."Le chiffre de 30% a même été avancé, le 18 janvier 2011, par le directeur technique lors d'une réunion de la DTN", ajoute le site d'information. 

Laurent Blanc a à plusieurs reprises appelé de ses vœux une réforme du système de détection et de formation des futurs talents du football français, en estimant que les capacités physiques avaient été à tort privilégiées par rapport à la technique et à la créativité des joueurs.

 "Laurent Blanc récuse ces propos ineptes et contraires à sa philosophie", a indiqué Philippe Tournon, chef de presse de l'équipe de France. "Laurent Blanc est outré qu'on puisse le mettre en cause de la sorte, toute discrimination étant insupportable à ses yeux, il répète que jamais il ne cautionnerait cela", a ajouté M. Tournon.  "Un problème, abordé par Laurent Blanc, est celui des joueurs qui possèdent une double nationalité, qui passent trois ans en préformation en France, puis partent ensuite à l'étranger sous d'autres maillots, ce qui ne peut pas ne pas poser problème, mais cela peut concerner aussi des Sud-Américains", a encore ajouté M. Tournon. "Mais ramener ça à un article intitulé +il y a trop de noirs, trop d'arabes+, c'est hallucinant, et ça ne va pas amuser Laurent Blanc", a conclu M. Tournon.

  "Je n'ai jamais entendu parler de ça et ça m'étonnerait franchement", a indiqué à l'AFP Fernand Duchaussoy, président de la FFF. "Ce serait complètement anormal que ça se passe comme ça et je ne l'accepterai pas", a poursuivi le dirigeant. "Il y a un constat, mais ce n'est pas une réflexion, ajoute M. Duchaussoy. C'est qu'on a plein de joueurs à la double nationalité chez les jeunes et qu'ensuite certains ne veulent pas aller en Equipe de France. C'est un choix, il faut l'assumer. Mais ces problèmes n'ont pas été évoqués au Conseil fédéral".