Blanc Laurent portrait 2009
Laurent Blanc | AFP

Blanc, l'opposé de Domenech

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Après six ans de règne, Raymond Domenech avait presque fait oublier qu'un sélectionneur de l'équipe de France peut avoir du bon sens. Dans un entretien accordé à L'Equipe, Laurent Blanc montre sa vision radicalement opposée à son prédécesseur. Parmi l'une des nombreuses différences, le nouveau patron des Bleus communique, vraiment. La langue de bois et les sous-entendus ne semblent pas faire partie de son vocabulaire. L'heure est à la franchise et au bon sens.

Contrairement à certains soucieux de s'accrocher à leur poste au risque d'engendrer des conséquences dévastatrices, l'ancien coach de Bordeaux a affirmé qu'il démissionnerait en cas de non qualification pour l'Euro 2012. C'est déjà une révolution ! "C'est l'Euro 2012 ou je m'en vais", a lancé Blanc qui précise avoir signé pour deux ans. "Après, si on se qualifier et on fait un bon Euro, on peut éventuellement discuter d''une prolongation de deux ans (jusqu'à la Coupe du monde 2014)", a-t-il expliqué. Mais surtout, l'ancien défenseur central indique que "la révolution, c'est gagner". "On va essayer avec ma philosophie. J'espère qu'elle va coller avec celles des joueurs que je prendrai", a dit Blanc.

Alors qu'il va devoir annoncé sa première sélection le 5 août, le patron des Bleus a déclaré qu'il profiterait de cette rencontre pour que "tout soit soldé" en référence aux incidents intervenus lors du dernier Mondial. "Il faut essayer de faire en sorte que ça ne nous pénalise pas", et d'ajouter "l'essentiel est de repartir sur une page nouvelle". L'exclusion des 23 joueurs présents en Afrique du sud pour cette rencontre devra fermer la page de ce triste épisode , espère-t-il.

Sans toutefois dévoiler totalement son système de jeu, le tacticien adepte avec Bordeaux du 4-2-3-1, estime qu'il va probablement se tourner vers un dispositif avec deux attaquants, le 4-4-2 devrait donc être retenu pour affronter la Norvège le 11 août prochain en match amical. Mais rien n'est encore acquis et Blanc a expliqué qu'il devrait tester deux systèmes. A ce jour, Laurent Blanc a dans sa poche une liste de 30 à 35 joueurs qui recevront tous une lettre de pré-convocation, mais il a prévenu qu'il n'en resterait plus qu'une vingtaine après le 5 août. Et de cette vingtaine, "il y en aura peut-être un, deux, trois, six qui auront la chance de revenir en Bleu après le retour des joueurs temporairement bannis.

Blanc a également franchi un pas que Domenech n'aurait jamais franchi, celui d'évoquer "l'identité nationale (...) qui est difficile à trouver dans le football aussi". "L'histoire rattrape le football. On se retrouve avec des petits qui sont sur une ligne avec la double nationalité, qui ne se reconnaissent ni à droite ni à gauche, qui vont choisir le côté qui va les aider à grimper à l'échelle", tout en convenant que ce sujet est sensible mais "qu'il est important d'en parler". Blanc ajoute que "si les joueurs sortent du cadre en termes sportifs, on passe à autre chose."

Le natif d'Alès indique par ailleurs avoir pris sa décision de reprendre la sélection que 15 jours avant la fin du championnat, expliquant qu'il avait "besoin d'une autre énergie" et "besoin de changer de vie". Pour le moment, son palmarès de joueur et d'entraîneur, son discours plaident pour lui, du moins le différencient singulièrement de Raymond Domenech, et pour le moment, rares sont ceux qui pensent que Blanc n'est pas l'homme de la situation. Mais comme en amour, les premiers mois sont toujours les plus beaux.

Romain Bonte