André-Pierre Gignac, Dimitri Payet, EDF
Les deux hommes forts de l'OM, André-Pierre Gignac et Dimitri Payet, veulent se montrer sous le maillot bleu | AFP - FRANCK FIFE

Arménie-France : Payet, Gignac à eux de jouer

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L'équipe de France va affronter ce mardi l'Arménie, l'occasion pour Didier Deschamps de faire tourner son effectif, trois jours après le succès contre le Portugal (2-1). L'occasion aussi pour Dimitri Payet et André-Pierre Gignac de confirmer leur début de saison canon avec l'OM qui caracole en tête de la Ligue 1 et de reprendre le fil de leur histoire avec les Bleus.

Didier Deschamps ne pouvait pas passer à côté du début de saison de l'OM. Leader du championnat avec 22 points (7 victoires, un nul, une défaite) et cinq d'avance sur son dauphin Bordeaux, l'OM fonce. Les Phocéens ont enchaîné sept succès consécutifs depuis leur nul à Bastia en ouverture (3-3) et leur revers à domicile contre Montpellier (0-2). Dans cette période, deux hommes ont crevé l'écran : André-Pierre Gignac, meilleur buteur de Ligue 1 (9 buts en 9 rencontres) et le milieu offensif Dimitri Payet (3 buts, 2 passes décisives). Le premier est en réussite face aux buts, le second omniprésent dans l'entrejeu. Repositionné en numéro 10 par Marcela Bielsa, Payet rayonne quand Gignac, en pleine confiance, régale. Cette réussite n'a pas échappé au sélectionneur qui les a logiquement inclus dans sa liste pour les deux matches de l'équipe de France. Un  retour en grâce pour deux hommes qui ont connu des passages à vide. S'ils étaient remplaçants lors du succès face au Portugal (2-1), la rencontre contre l'Arménie tombe à pic pour se montrer.

Gignac, saisir la seconde chance

Samedi soir au Stade de France, André-Pierre Gignac a débuté sur le banc et a vu Karim Benzema briller contre les Portugais (un but, une passe décisive). Il l'a remplacé en toute fin de rencontre, célébrant ainsi sa 17e sélection en Bleu. Une entrée anecdotique, un an et un mois après sa dernière apparition contre la Géorgie, mais une qui prouve qu'il a su convaincre Deschamps. Surtout, le Gignac de cette année, n'est pas celui de 2013. "Je me suis trouvé assez timide lors de ma dernière sélection. Je ne sais pas pourquoi, déclarait-il la semaine dernière à Clairefontaine. Sûrement le fait que je revenais après pas mal d'années d'absence. Je ne l'explique pas trop mais avec la confiance et ce renouveau, c'est sûr que la mentalité est différente". L'homme est revenu affûté de ses vacances. "J'ai eu un déclic. Je suis parti en vacances en Tanzanie et tous les jours on faisait un match avec les Tanzaniens, deux fois 45 minutes, à 2500m d'altitude. Quand je suis revenu en France, j'étais déjà très affûté. Le coach nous a aussi demandé d'être rigoureux, on nous pèse tous les jours", racontait-il. Résultat, une forme étincelante, "de loin la meilleure depuis le début de (sa) carrière". Et une forme justement récompensée par un retour avec la sélection. Celui qui avait vécu la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud avait raté les deux dernières compétitions internationales veut désormais s'installer. Saisir cette deuxième chance qui lui est offerte, mais s'il sait que cela sera compliqué. "Je connais pratiquement tout le monde aussi et comme je suis assez sociable, ça se passe bien. Cela fait deux ans que ces joueurs jouent ensemble, il s'est créé quelque chose en Ukraine, au  Brésil. Après ce n'est pas moi qui vais faire les choix jusqu'en 2016, sinon je  me prendrai. Mais plus sérieusement, c'est normal qu'ils aient un temps d'avance. (...) Je viens avec la ferme intention de m'imposer dans le groupe, assurait-il. Mais il faudra que ce soit parfait, sinon ce sera un peu plus difficile." A priori, Karim Benzema devrait être forfait, la place d'attaquant de pointe se jouera entre Gignac et Loïc Rémy.

Payet, confirmer l'embellie

Dimitri Payet, contrairement à son compère marseillais Gignac, n'a pas disparu des radars pendant quatre ans. Il était même régulièrement appelé par Didier Deschamps en 2012 et 2013  au cours de la campagne qualificative du Mondial-2014, avant de payer un dernier semestre juste avant le Mondial quelconque, voire très moyen, qui va lui coûter cher : sa place dans l'avion pour le Brésil. "J'ai pris conscience que je suis passé à côté d'un événement assez exceptionnel", avouait-il, sans en vouloir au sélectionneur. "Ce n'était pas une erreur de ne pas m'avoir pris, concède-t-il d'ailleurs. (Deschamps) aurait pu me prendre. Ou pas. Il a pris la décision de ne pas me sélectionner. Je ne peux pas lui en vouloir, j'en ai tiré les leçons pour avancer". Et il a suffisamment fait de chemin pour être rappelé parmi les Bleus. "Le rappeler était logique, sportivement, et même une évidence pour certains. Ce qu'il réalise aujourd'hui avec l'Olympique de Marseille est très  intéressant parce qu'il le fait à chaque match, il amène beaucoup de qualités techniques", a justifié le sélectionneur. En numéro 10, il "s'éclate", de son propre aveu. Mis en confiance par Bielsa, il semble avoir gagné en consistance et aligne les performances solides. Cette régularité, qui lui manquait, lui a réouvert les portes de la sélection. S'il a eu droit à 30 minutes en remplacement de son ancien coéquipier Mathieu Valbuena, le milieu offensif n'a pas montré grand chose. Il devrait pouvoir plus s'exprimer mardi à Erevan. En effet, Didier Deschamps devrait procéder à une revue d'effectif et laisser leur chance aux remplaçant. Cette possible neuvième cape en Bleu pour Payet doit être celle du tremplin.