Karim Benzema
Karim Benzema | AFP

Affaire de la sextape de Mathieu Valbuena : Karim Benzema fixé sur la validité de l'enquête le 9 décembre

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La Cour de cassation étudie la validité de l'enquête dans l'affaire du chantage à la sextape de Mathieu Valbuena, pour laquelle Karim Benzema est mis en examen depuis 2015. L'attaquant du Real Madrid conteste les méthodes utilisées par les enquêteurs. La décision sera rendue le 9 décembre.

La Cour de cassation rendra sa décision le 9 décembre dans l'affaire du chantage à la sextape de Mathieu Valbuena impliquant Karim Benzema, qui conteste la loyauté des méthodes d'enquête employées par un policier. L'attaquant star du Real Madrid demande l'annulation de toute une partie de la procédure dans laquelle il est mis en examen depuis novembre 2015 en compagnie de cinq autres personnes, dont son ami d'enfance Karim Zenati et l'ancien footballeur Djibril Cissé.

"Un stratagème ne saurait être regardé comme déloyal" pour l'avocat général

Benzema, qui n'a plus joué en équipe de France depuis cette affaire, et Zenati estiment qu'un policier ayant agi sous couverture comme intermédiaire entre Mathieu Valbuena et les maîtres-chanteurs présumés a outrepassé son rôle en incitant les protagonistes de l'affaire à se rendre coupable de chantage. "Les enquêteurs ont indiscutablement eu recours à un stratagème", a indiqué l'avocat général Frédéric Desportes. Mais "ce stratagème ne saurait être regardé comme déloyal", a-t-il insisté. En matière d'enquête "si les coups bas sont interdits, les simples ruses de guerre ne le sont pas", a conclu M. Desportes, demandant un rejet du pourvoi formulé par Benzema.

"Un dossier vicié" pour la défense

Quelques minutes avant, l'avocat de l'attaquant du Real, Me Fabrice Spinosi, avait pourtant rappelé "le rôle actif du commissaire qui a relancé de lui-même les pseudo maîtres-chanteurs", y compris alors qu'ils n'avaient pas cherché à contacter Valbuena depuis plusieurs semaines. Selon lui, le policier a pris "la direction des échanges" et a le premier "demandé d'envisager une contrepartie financière". "Je sais que le temps est à la répression", a déclaré Me Spinosi, enjoignant la Cour à ne pas céder à l'opinion publique pour qui "il est toujours plus simple de poursuivre que d'annuler un dossier vicié" par les erreurs de procédure.

Décision dans deux semaines

"Les policiers ont-ils provoqué à l'infraction ? Bien évidemment non puisque leur intervention est postérieure à l'infraction", lui a répondu le conseil de Valbuena Me Frédéric Thiriez. Le joueur du club grec de l'Olympiakos a en effet sollicité la police après avoir reçu un appel le menaçant de rendre la vidéo publique en juin 2015. "Il n'est pas interdit aux policiers d'être rusés", a insisté Me Thiriez. Sur le fait que le policier a, à plusieurs reprises, relancé les maîtres-chanteurs présumés, "il faut savoir que les malfaiteurs utilisent le silence pour effrayer leurs victimes", a justifié l'ancien président de la Ligue de football professionnel (LFP). "Il est normal de relancer à certains moments pour identifier les auteurs", a-t-il plaidé. Les 19 membres de l'assemblée plénière de la Cour de cassation ont désormais deux semaines pour rendre une décision définitive dans ce dossier.

AFP

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