Droits TV : Le député Roussel monte au créneau dans une tribune au Monde : "Nous devons repenser le mode de commercialisation de notre Ligue 1"

Publié le , modifié le

Auteur·e : Thierry Tazé-Bernard
Cédric Roussel veut lutter contre le piratage qui dévalorise le championnat français

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Cédric Roussel, député LREM de Nice et président du groupe d'études "Économie du Sport", a écrit une tribune dans Le Monde ce mardi pour faire part de son analyse sur le fiasco des droits TV avec Médiapro. "Si les droits TV du football français sont aujourd’hui orphelins, c’est à la suite d’une succession d’erreurs stratégiques et de légèretés commises dans leur processus de commercialisation en 2018", estime-t-il. Mais il a aussi des propositions chocs.

Son analyse du fiasco Médiapro

Avant d'être beaucoup plus dur avec les acteurs français, Cédric Roussel rappelle dans sa tribune au Monde que "la valeur intrinsèque du football français (...) n’est pas en cause" mais qu'il "subit les effets du désistement ahurissant de son diffuseur, Mediapro".  Et pour lui, la source du problème réside dans "une succession d’erreurs stratégiques et de légèretés commises dans leur processus de commercialisation en 2018".

Et dans ce contexte, il juge très durement l'appel d'offres de la LFP, lancé ce mardi : "Tout semble bon pour faire baisser le prix du football français, pour disposer à moindre coût d’un produit à la valeur intrinsèque bien plus importante. Même le moment pour relancer un appel d’offres apparaît comme le pire pour l’intérêt du sport."

 

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Un mode de commercialisation à changer pour faire face à une nouvelle consommation

Pour lui, l'avenir des droits du foot français doit être changé : "Nous devons repenser le mode de commercialisation de notre Ligue 1. La ligue de football professionnel (LFP) devra nécessairement s’interroger sur la constitution d’une offre adaptée à la révolution numérique des usages", évoquant les plateformes Netflix, Amazon Prime... "Les fans de football ne consomment plus le sport de la même manière. L’offre doit répondre à toutes ces nouvelles formes de consommation."

Un match par semaine sur le service public

Pour le député LREM, le football français pâtit d'une moindre exposition à son public : "La quasi-disparition du football des chaînes diffusées en clair a entraîné une large chute de l’attrait de notre championnat chez nos concitoyens", estime-t-il, appelant la LFP à réfléchir "à la mise en place d’un service public minimum de la diffusion de notre championnat". Et de soumettre l'idée d'un lot d'un match par semaine non-commercialisé par la LFP "qu’elle attribuerait à nos chaînes publiques afin de diffuser un match en clair et de façon gratuite."

Un contrôle de l'appel d'offres à revoir

Cédric Roussel veut aussi tirer des leçons de cette mésaventure vécue par le football français. Et là, il se fait sentencieux, regrettant "qu’aucun audit financier n’avait été lancé en 2018 pour s’assurer de la solidité financière de la société Mediapro et du modèle économique de sa future chaîne", demandant qu'un contre-pouvoir existe au sein de la LFP. Autre point critiqué par l'élu : l'échéancier de paiement. Il estime ainsi que la "fréquence de paiement, au rythme de 17 % de la somme annuelle tous les deux mois sans apport initial, a largement handicapé la LFP." Il propose qu'à "l’instar des pratiques de l’Union des associations européennes de football (UEFA), un paiement de 50 % de la somme annuelle dès la signature" soit demandé au diffuseur.

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Le financement du sport soumis à réflexion

Enfin, Cédric Roussel élargit le débat à l'ensemble du sport français. Car la crise du ballon rond a des répercussions majeures partout, avec une dépendance trop importante aux droits TV du foot :  "Cette dépendance existe à travers la « taxe Buffet » de 5 % sur les droits TV et la redevance versée par la LFP à la Fédération française de football (FFF)." Il parle de 31 millions d'euros pour un budget de 260 millions à la FFF. "Pour l’Agence nationale du sport (ANS), près de 20 % de son budget (315 millions d’euros pour l’année 2021) dépend du produit de la taxe Buffet." Pour lui : "il est intolérable, à trois ans des Jeux olympiques de Paris 2024, que la défaillance d’une entreprise étrangère soit la variable d’ajustement de notre ambition sportive nationale. Nous devons veiller à ce que le service public du sport soit préservé." Selon lui, le financement du mouvement sportif de demain doit être pensé aujourd'hui, à l'aune de cette crise.