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Douglas Costa (Shakhtar) à la lutte avec Busquets (Barça) lors du match aller | AFP - LLUIS GENE

Donetsk peut-il le faire ?

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Battu 5-1 en quart de de finale aller au Camp Nou, le Shakhtar Donetsk possède a priori peu de chances de priver le Barça d'une place dans le dernier carré. Une chose est sûre, les Ukrainiens, quasi-invincibles dans leur stade, joueront leur chance à fond. Qui sait, un miracle est toujours possible...

C'est une bête blessée que Barcelone s'apprête à retrouver en Ukraine. Les Catalans avaient laissé la dépouille du Shakhtar encore fumante sur la pelouse du Camp Nou mais l'animal bouge encore. "L'espoir c'est ce qui meurt en dernier" a-t-on coutume de dire. Donetsk veut faire sien cet adage et peut toujours s'appuyer sur quelques certitudes au moment d'affronter le géant catalan. En premier lieu : le match aller et son score en trompe-l'œil (5-1). Car si la victoire des Blaugrana a tout de même été justifiée, les Ukrainiens ne méritaient pas de prendre un tel éclat. Trop naïfs en défense et pas assez réalistes devant, ils ont pourtant fait passer un frisson dans l'échine barcelonaise à plusieurs reprises. Pour peu qu'ils aient corrigé ces lacunes passagères pour le match retour, ils pourraient facilement envisager de battre l'équipe de Guardiola. De là à l'éliminer...

Pour continuer à croire à un exploit que seulement trois clubs ont réalisé par le passé en Coupe d'Europe, à savoir remonter un handicap de quatre buts d'écart (le Real Madrid face à Moenchengladbach en 1985/86, Leixões SCcontre le FC La Chaux-de-Fonds au premier tour de la Coupe UEFA 1961/62) et le FK Partizan aux dépens des Queens Park Rangers FC au deuxième tour de la Coupe UEFA 1984/85), le Shakhtar peut s'encourager en jetant un simple coup d'œil sur ses statiques à domicile. Depuis qu'ils jouent dans leur antre de la Donbass Arena, en septembre 2009, les Ukrainiens n'ont perdu qu'un match dans leur stade. Mieux, ils possèdent un bilan de 100 % de victoires à la maison cette saison en Ligue des champions et sont invaincus depuis 12 matches européens (9 victoires). Des chiffres qui en inquiéteraient plus d'un. Même le Barça ? 

Guardiola sur ses gardes

Je vous le dis, ce n'est pas fini. Pep Guardiola, entraîneur du Barça

La suffisance : c'est bien le danger n°1 qui guette les Barcelonais. Pep Guardiola n'a de cesse de mettre en garde ses joueurs depuis plusieurs semaines sur les méfaits du péché d'orgueil. "Ne croyez pas Mircea Lucescu (l'entraîneur du Shakhtar) lorsqu'il dit que c'est terminé. Je vous le dis, ce n'est pas fini. On a mené contre le Real Betis en Copa del Rey 5-0 après l'aller et on a beaucoup souffert au retour (défaite 3-1). J'avais prévenu et on m'avait accusé de fausse modestie". D'ailleurs, s'il reste souvent flamboyant, le jeu blaugrana a subi quelques altérations ces dernières semaines. Devant, Villa ne marque plus, Pedro revient de blessure et Messi prouve parfois qu'il est humain. Mais c'est bien le secteur défensif qui est le plus sujet à caution, les absences conjuguées d'Abidal et de Puyol se faisant cruellement sentir au sein d'une arrière-garde soudainement privée de vitesse.

Preuve qu'il redoute ce déplacement en Ukraine, Guardiola devrait donc décider d'emmener, et d'aligner, la majorité de ses cadres. Parmi eux, seul Andres Iniesta, suspendu, est dispensé. Pas inconscient, le coach des Blaugrana sait également qu'il doit préserver des forces pour les échéances à venir, et notamment un possible quadruple affrontement avec l'ennemi du Real Madrid dans les deux prochaines semaines (en Liga, en finale de Coupe du Roy et en demi-finale de la Ligue des Champions), c'est pourquoi  il emmène également dans ses bagages ukrainiennes des jeunes issus du centre de formation (Oier, Jonathan, Fontas et Thiago). Ces derniers pourraient être amenés à avoir du temps de jeu si les affaires se passent bien pour le Barça. Mais le Shakhtar fera tout pour ne pas laisser la place aux jeunes !

Julien Lamotte