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Raymond Domenech | AFP-Fife

Domenech réclamerait 2,9 millions d'euros à la FFF

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Licencié pour faute grave par la Fédération française de football suite au fiasco de la Coupe du monde en Afrique du Sud, Raymond Domenech réclamerait 2,9 millions d'euros de réparation pour le préjudice auprès du conseil des prud'hommes, selon L'Equipe. Si l'audience de conciliation ne permet pas d'aboutir à une entente entre les deux parties, le dossier ira au contentieux, ce qui pourrait durer plusieurs mois.

Raymond Domenech a-t-il commis une faute grave ? C'est à cette question que les prud'hommes vont devoir répondre dans les prochains mois. Si son licenciement a plutôt trouvé un écho favorable dans la population française après la piètre image donnée par l'équipe de France en Afrique du Sud, les raisons de son éviction, sur le plan purement légal, posent questions.

La Fédération française a articulé les motivations de son licenciement pour faute grave autour de trois axes: Domenech a omis d'informer les instances fédérales des insultes proférées par Nicolas Anelka à la mi-temps de France-Mexique, il n'aurait pas dû lire le communiqué des joueurs faisant la grève de l'entraînement à Knysna et il n'aurait pas dû refuser de serrer la main de Carlo Alberto Pareira, le sélectionneur de l'Afrique du Sud, à l'issue du dernier match. Certes, ces trois motifs peuvent largement choquer public et supporteurs et ont largement contribué à l'image détestable des Bleus, mais sont-ils pour autant suffisants à caractériser la "faute grave" ? Ce sera aux prud'hommes de le décider. Mais ils se pencheront également sur le déroulement de la procédure, et sur son étendue. Sélectionneur de l'équipe de France jusqu'au 31 juillet 2010, l'ancien entraîneur de Lyon avait également un contrat, à durée indéterminée, d'entraîneur national à la Direction technique nationale. "Les faits évoqués par la Fédération concernent la seule fonction de sélectionneur", affirme maître Connesson, son avocat cité par L'Equipe. "Mon devoir est de constater les dix-sept années d'ancienneté de mon client, qui a cinquante-neuf ans, et dont les discussions avec d'autres fédérations ou d'autres clubs ont été rompues du fait de la publicité faite autour de son licenciement. Cela a été préjudiciable à sa famille, à sa réputation. Nous allons réclamer les salaires qu'il aurait pu percevoir pendant son préavis, l'indemnité de licenciement à laquelle il a droit et une somme complémentaire liée aux préjudices subis". Avec tout cela, l'avocat estimerait, selon L'Equipe, que la somme réclamée atteindrait les 2,9 millions d'euros. "Nous réclamons 2,9 millions d'euros, en deux blocs, un premier au titre des indemnités de licenciement - 400.000 euros avec des rappels de salaire - et un second au titre de réparation du préjudice professionnel et moral, évalué à trois ans de salaire", a détaillé Me Connesson.

Sachant que Fernand Duchaussoy, le président par intérim de la FFF qui a lancé la procédure, a toujours clamé qu'il refuserait de verser de l'argent à son ancien salarié étant donné les faits reprochés. "Il n'y a pas de raison de négocier ou que la Fédération donne de l'argent", avait-t-il dit dans le courant du mois d'octobre. La conciliation, point de départ de toute procédure aux prud'hommes, risque donc de se révéler infructueuse.