FIFA siège
Le siège de la FIFA à Zurich | FABRICE COFFRINI / AFP

Deux vice-présidents de la FIFA arrêtés pour corruption

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L'étau continue de se resserrer autour de la FIFA. La justice suisse a procédé à de nouvelles arrestations jeudi matin à Zurich au siège de la fédération internationale de football qui réunissait son comité éxécutif depuis la veille. Deux vice-présidents de la FIFA, le Paraguayen Juan Angel Napout et le Hondurien Alfredo Hawit Banegas, sont sous les verrous. Ils s'opposent à leur extradition vers les Etats-Unis pour soupçons de corruption.

A chaque comité son lot d'arrestations. En mai dernier, à la demande de la justice américaine, sept responsables du football mondial avaient été interpellés pour des soupçons de corruption et blanchiment d'argent. Cette affaire continue de faire des remous puisque deux nouveaux cadres de la FIFA ont été arrêtés jeudi à 06h00 à l'hôtel Baur au Lac, théâtre des premières interpellations. Selon le New York Times, ces actions visaient des responsables "d'Amérique du Sud et d'Amérique centrale", Joseph Blatter n'en faisant donc pas partie. On a appris dans la matinée qu'il s'agissait de deux vice-présidents de la Fifa, le Paraguayen Juan Angel Napout et le Hondurien Alfredo Hawit Banegas. "Ces cadres haut placés auraient été payés en l'échange de la vente de  droits de marketing en lien avec la diffusion de tournois en Amérique latine et  de qualifications pour la coupe du monde", a indiqué le ministère suisse de la Justice. Les deux cadres s'opposent à leur extradition. Au total, 14 personnes (dont 9 membres actuels ou anciens de la Fifa) sont  pour l'instant mises en cause dans l'acte d'accusation de la justice américaine qui évoque quelque 150 millions de dollars (132 millions d'euros) de  pots-de-vin et de rétrocommissions depuis les années 1990.

La FIFA a elle aussi confirmé "des actions" menées jeudi par la justice américaine et a assuré qu'elle "continuerait à coopérer pleinement" à la fois avec les enquêteurs américains et suisses, dans un communiqué transmis à l'AFP. "La FIFA est au courant des actions menées ce jour par la justice américaine. La FIFA continuera à coopérer pleinement avec la justice américaine dans le cadre de la loi suisse ainsi que dans le cadre de l'enquête menée par le bureau du procureur suisse", indique la FIFA dans son communiqué. Elle ajoute qu'elle n'apportera "aucun autre commentaire" sur les événements du jour. Un jour où son comité éxécutif devait plancher sur des solutions pour retrouver de la crédibilité.

L'attribution des Mondiaux 2018 et 2022 au coeur de l'enquête

Ces nouvelles arrestations interviennent en outre au lendemain du cinquième anniversaire de l'attribution du Mondial 2022 au Qatar. Cette attribution est au centre des enquêtes et cristallise les soupçons de corruption. La crise a poussé le président de la FIFA Joseph Blatter à remettre sa démission début juin, quatre jours après sa réélection. Son successeur sera élu le 26 février. Six candidats sont en lice: le Suisse Gianni Infantino, le Cheikh bahreini Salman, le Sud-Africain Tokyo Sexwale, le Prince jordanien Ali, le Français Jérôme Champagne et son compatriote Michel Platini, président de l'UEFA. La candidature de Platini est cependant pour l'instant gelée pendant sa suspension de 90 jours en raison d'un versement contesté de 1,8 million d'euros, qui pourrait même lui valoir une radiation à vie du monde du football. Mis en examen par la justice suisse, Blatter est également suspendu.

Avec AFP