Deux favoris pour l'élection à la tête de la Fifa : cheikh Salman et Gianni Infantino

Deux favoris pour l'élection à la tête de la Fifa : cheikh Salman et Gianni Infantino

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Encore largement dans la tourmente, la FIFA élit le successeur de Sepp Blatter, aujourd’hui à Zurich. Cinq candidats sont en lice, mais deux se détachent nettement : Gianni Infantino, secrétaire général de l’UEFA et le cheikh Salman, président de la Confédération asiatique.

Gianni Infantino, un favori inattendu

Gianni Infantino n’est pas forcément un nom connu des amateurs de football. Mais son visage l’est nettement plus. Le crâne poli de l’Italo-suisse, 45 ans, dirige depuis des années les tirages au sort de Ligue des Champions et de Ligue Europa au sein de l’UEFA dont il est le secrétaire général depuis 2009. Bras droit de Michel Platini au sein de l’instance européenne, il a profité des déboires et de la suspension de l’ancien numéro 10 des Bleus pour se lancer dans la course à la FIFA. De façon inattendue, il est devenu le représentant crédible de l’Europe, face à l’absence d’espoirs pour Jérôme Champagne, l’un des quatre autres candidats aujourd’hui.

D’ordinaire résumé aux boules qui déterminent à quelle sauce son club sera mangé, Gianni Infantino s’est donc vu propulsé sur le devant d’une scène qu’il ne cherchait pas forcément : "Je ne recherche pas le pouvoir, a-t-il assuré au quotidien suisse Le Matin Dimanche il y a quelques jours. Il y a quelques mois, je ne pensais même pas me lancer dans cette aventure. Mais le football traverse une période difficile. Il faut donc que certains prennent leurs responsabilités".

Un sondage de l’AFP réalisé mercredi auprès des 209 fédérations membres de la FIFA lui donne déjà une certaine avance : sur les 100 intentions de vote obtenues par l’agence de presse, 68 le désignent comme vainqueur. Son grand rival, le cheikh bahreïni Salman n’obtenait lui que 28 voix.

Le cheikh Salman, un favori dans la tourmente

Il est le deuxième grand favori du scrutin du jour. Sans doute moins familier qu’Infantino et ses tirages au sort, le Bahreïni dirige la Confédération asiatique (AFC) de football depuis 2013 (46 fédérations affiliées). Une belle réserve de voix, surtout qu’il a également obtenu le soutien de la Confédération africaine de football et ses 54 fédérations.

Pour réformer la FIFA, le cheikh Salman a une idée : découper l’instance en deux entités, "FIFA Football" et "FIFA Business". "C'est uniquement en séparant strictement l'origine des fonds et en supervisant chaque dépense que nous pourrons garantir la renaissance d'une nouvelle FIFA qui rende réellement des comptes et qui soit digne du respect de chacun", affirmait-il fin décembre.

Le problème, c’est qu’il est aussi visé depuis des mois par des accusations au Bahreïn. Alors président de la Fédération de football du pays et membre de la famille royale, il aurait, selon des organisations des droits de l’homme, contribué à la répression contre des joueurs locaux qui soutenaient la révolte de 2011 contre le régime. "Ce sont de fausses accusations, de sales mensonges", assurait le cheikh pour sa défense à la BBC en octobre dernier. Cette semaine, un député britannique l’a également accusé de corruption pour avoir négocié le soutien du Kirghizistan lors de son élection à la tête de l’AFC. Le cheikh a aussitôt démenti, et ces rumeurs qui planent autour de sa personne ne semblent pas réellement l'handicaper dans la course à la présidence...

Les trois autres candidats (le Français Jérôme Champagne, le Sud-Africain Tokyo Sexwale et le Prince jordanien Ali) devraient à peine jouer un rôle d’arbitre de surface dans ce duel qui s’annonce extrêmement serré entre les deux favoris.  

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Paul Arrivé @Paul_Dejala