Mondial féminin : France - Brésil, encore plus d'attaque

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Auteur·e : Loris Belin
Eugénie Le Sommer
Eugénie Le Sommer ne se sent pas fatiguée malgré le Final 8 de la Ligue des Champions | Mirko Kappes / foto2press / dpa Picture-Alliance

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L’équipe de France rentre dans le vif du sujet avec une belle affiche contre le Brésil comme premier match couperet dimanche. Les Bleues partent favorites contre une formation au jeu chatoyant mais pas toujours très constant. Soit à peu près l’inverse des Bleues plus en difficulté offensivement depuis le début de la compétition.

Trois matches, trois victoires. A première vue, tout semble aller pour le mieux pour les Bleues de Corinne Diacre. Invaincue lors de la phase de groupes, l’équipe de France a fait le boulot pour débuter son Mondial. Contre le Brésil, qualifiées de justesse parmi les meilleures troisièmes, elles partiront avec l’étiquette de favorites. Mais pourtant, malgré la froide vérité des résultats, il manquerait presque à cette formation bleue-blanc-rouge un peu de panache, de spectacle et de fluidité. Offensivement, les Tricolores n’ont pas encore trouvé la carburation idéale. Le contraste avec leur futur adversaire brésilien devrait en être plus saisissant encore.

Au Havre, c’est ainsi une opposition de style quasiment parfaite que vont offrir Françaises et Brésiliennes. La formation sud-américaine assure en attaque, pas défensivement. La France propose une arrière-garde parmi les plus sûres et solides de la planète. Quand on pense à un France / Brésil, on ne peut s’empêcher d’avoir l’image d’un match enlevé. Il faudra pour cela que les Bleues trouvent la clé face au but adverse

Avec sept buts en trois matches, le bilan de la France n’a rien de déshonorant. Dans le détail, il ne comprend pourtant que trois buts dans le jeu (deux contre la modeste Corée), pour deux sur coups de pied arrêtés et deux penalties. Les Bleues peinent à trouver des solutions pour créer des décalages et se procurer des occasions franches. Lors du dernier match de poules contre le Nigeria, elles ont frappé 21 fois, mais n’ont trouvé le cadre qu’à quatre reprises. Pire, avant l’entrée en jeu d’Eugénie Le Sommer, voire de Kadidiatou Diani, elles ont même fait preuve d’un manque certain de créativité et d’intention. Rien d’étonnant alors de voir comme meilleure buteuse Wendie Renard, avec trois réalisations.

La tentation d’un milieu à 5

Les Tricolores tombent souvent dans la facilité d’un long ballon et manquent encore de liant, de cette capacité à trouver la joueuse qui va apporter le ballon de l’entrejeu jusqu’à la surface. De ce constat naît l’hypothèse d’un changement, de philosophie, de système ou même de titulaires. "On essaye de rectifier ce qui n'a pas marché et surtout d'améliorer ce qu'on peut améliorer, notamment d'un point de vue offensif, a confirmé Corinne Diacre en conférence de presse ce samedi. Quelle que soit la manière dont on va démarrer, l'idée est d'animer le système."

C’est avec une équipe en 3-5-2 que les Bleues avaient dominé les Brésiliennes (3-1) en match amical le novembre dernier. Ce milieu densifié avait fait beaucoup de mal à la sélection auriverde, gênée par les nombreuses solutions qu’offrait ce système depuis délaissé par la sélectionneuse nationale au profit d’un 4-4-2 plus classique, tout juste parfois mué en 4-2-3-1.

La solution serait donc toute trouvée ? Corinne Diacre balaie cette option. "On travaille depuis un petit moment avec une défense à quatre. On a réglé quelques problèmes qu'on avait soulignés contre la Norvège. Les filles ont très bien défendu contre le Nigeria. Je ne vois pas pourquoi je changerais demain. Maintenant, il me reste encore une nuit de sommeil, on ne sait pas ce qu'il peut se passer demain."

Ce changement de configuration a en tout cas sur le papier tous les atouts pour déstabiliser une sélection brésilienne au potentiel offensif exceptionnel mais beaucoup plus à la peine dans sa propre moitié de jeu. Jouer vite et casser les lignes sont alors les ingrédients presque idéaux pour mettre en péril le Brésil. Ce d’autant que la gardienne de l’entrejeu Formiga est incertaine, blessée à la cheville. Devant en revanche, le spectacle pourrait être au rendez-vous avec la star Marta (qui sera toutefois diminuée), la nouvelle coqueluche Deibinha, capable de gestes de folie ou encore l’ancienne Parisienne Cristiane. Du talent à gogo qui n’a pas empêché la sélection de passer en huitièmes de finale par un trou de souris après avoir enchaîné huit défaites avant le début du Mondial. Aux Bleues de faire parler leur force de frappe offensive pour faire la différence et complètement lancer leur compétition.

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