Ji So-yun est la star de l'équipe de Corée du Sud dans cette Coupe du monde.
Ji So-yun est la star de l'équipe de Corée du Sud dans cette Coupe du monde. | Jung Yeon-je / AFP

Coupe du monde féminine : Ji So-yun, une Messi aux "pouvoirs magnétiques"

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En Corée du Sud, c'est "Ji Messi": Les Bleues devront surveiller Ji So-yun en ouverture du Mondial vendredi. Notamment pour sa capacité à aimanter les ballons, ce qui lui vaut le surnom de Magneto, personnage des X-Men.

La star de la formation sud-coréenne, qui affronte la France vendredi en match d'ouverture, c'est elle : Ji So-yun. La meilleure buteuse de l'histoire des "Guerrières Taegeuk" (54 buts en 115 sélections) négocie le rendez-vous français au top de sa forme, à l'image de ce coup franc spectaculaire récemment inscrit avec Chelsea en demi-finale de Ligue des champions contre Lyon.

Si ce but n'a pas permis aux "Blues" de se qualifier, il a mis en lumière les qualités de Ji, qui impressionne en Angleterre. Dans son guide du Mondial, Fox Sports en a d'ailleurs fait l'une des meilleures joueuses du monde.

Messi, une comparaison lourde à porter

"Une singulière capacité à attirer le ballon à ses pieds avant de le distribuer avec précision en gardant un contrôle total du rythme, il semble presque qu'elle ait des pouvoirs magnétiques", écrit le média américain, qui n'hésite pas à trouver des similitudes avec Magneto, mutant des Comics et de la franchise ciné, qui fait ce qu'il veut de tout ce qui est en métal.

Première joueuse asiatique pro en Angleterre

Mais être comparée au quintuple Ballon d'or Lionel Messi ne l'enchante guère. "C'est à cause de ce surnom que je fais face à de violentes critiques lorsque je ne joue pas bien", a-t-elle récemment rappelé lors d'un interview donnée à la Fifa. "Mais je n'y peux rien, c'est que l'on attend mieux de moi. Ça ne me dérange plus maintenant. Cela dit, je préfère être appelée par mon nom plutôt que d'être comparée à un joueur masculin."

Repérée dans la L-League japonaise, Ji (28 ans) a posé ses valises avec succès à Londres en 2014, devenant ainsi la première joueuse asiatique à jouer professionnellement en Angleterre.  

Son parcours de pionnière a fait naître les comparaisons avec la légende Cha Bum-kun, éclaireur du football sud-coréen en Europe et vainqueur de deux Coupes de l'UEFA avec l'Eintracht Francfort et le Bayer Leverkusen dans les années 1980.

Dans les pas de Cha Bum-kun

"Je suis (...) fière d'assumer un rôle similaire dans le football féminin sud-coréen. Je suis également ravie de voir que les jeunes joueuses bénéficient d'un meilleur cadre désormais", affirme Ji, qui se rappelle avoir été la seule fille de l'équipe de son école primaire.  

Ji So-yun lors d'un match amical face à l'Islande le 9 avril.
Ji So-yun lors d'un match amical face à l'Islande le 9 avril. © JUNG YEON-JE / AFP

Mais comme Cha trois décennies plus tôt, son adaptation à l'Europe a été immédiate : elle a été nommée joueuse de l'année à la fin de sa première saison. "Quand je suis arrivée en Angleterre, mon but était de me faire connaître", a-t-elle déclaré dans une interview accordée à un journal local en 2017. "Mais je devais encore beaucoup m'améliorer. J'ai été très surprise de gagner ce prix dès ma première année avec Chelsea."

La jeune femme de 28 ans entend désormais briller avec son pays, et faire mieux que lors du dernier Mondial. La Coupe du monde 2015 au Canada s'était en effet soldée par une grosse déception. Elle s'était blessée à une cuisse lors de la victoire contre l'Espagne (2-1) et n'avait pu qu'assister à l'élimination de son équipe par la France en huitième de finale.

"Je me rappelle de chaque instant", a-t-elle récemment expliqué. "La pression sur mes épaules était très lourde. Je reconnais que je n'étais pas à mon meilleur niveau. (...) Rester sur le banc face à la France a donc été douloureux pour moi." Elle aura une occasion de se rattraper vendredi.

AFP

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